1 Eric De Vlaeminck

BEL, né le 21 mars 1945 à Eeklo, 7 x champion du monde
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BEL, né le 21 mars 1945 à Eeklo, 7 x champion du mondeEric De Vlaeminck aime raconter des histoires de son époque. Il parle de ses triomphes et répète à l'envi que plus aucun cyclocrossman ne lui arrivera jamais à la cheville. De Vlaeminck était un acrobate sur deux roues, une espèce de danseur étoile du cyclocross. Un mélange parfait de technique et d'habileté lui permettait de parcourir les circuits en dégageant l'impression de ne jamais forcer. Le Flandrien fut le premier à franchir un obstacle sur son vélo. A l'âge de 28 ans, il avait déjà été sept fois champion du monde (66, 68, 69, 70, 71, 72, 73). Ce qui ne l'avait pas non plus empêché de remporter une étape du Tour de France en 1968. Par la suite, son étoile pâlit rapidement. On se mit même à craindre le pire pour lui lorsqu'il sombra dans la drogue et la boisson. En 1989, toutefois, le frère aîné de Roger De Vlaeminck fut nommé coach fédéral et se mit à récolter titres et médailles avec l'équipe nationale belge avant d'être démis brutalement de ses fonctions en 2002 après un différend avec quelques jeunes talents de la spécialité. Au cours de sa carrière, il remporta 200 courses. Dont, bizarrement, quatre titres de champion de Belgique seulement. BEL, né le 6 mars 1957à Louvain, 5 x champion du mondeRoland Liboton a un point commun avec Eric De Vlaeminck : il a régné trop peu longtemps sur le cyclocross mondial. A même pas 27 ans, pourtant, il avait déjà été cinq fois champion du monde mais des problèmes financiers avec ADR, son employeur de l'époque, ont miné son moral. Il ne s'en remit jamais et de mauvais investissements lui firent perdre beaucoup d'argent. Cet homme qui travaille aujourd'hui dans le bâtiment avait pourtant le charisme d'un champion. Il aimait les grosses voitures et les belles femmes, ne maniait pas la langue de bois et plaisait aux gens. Il arriva à ce Brabançon de remporter 32 des 33 courses qu'il disputa sur une saison. Bien qu'il n'en donnât pas l'impression, il s'astreignait à un régime de spartiate et peu nombreux étaient ceux qui pouvaient le suivre à l'entraînement. Quatre fois champion du monde pro (80, 82, 83, 84) et une fois chez les amateurs (78), il misait beaucoup sur la puissance et la continuité dans l'effort. Vainqueur de 156 épreuves, il détient un record qui ne sera sans doute jamais battu : il fut champion de Belgique dix fois d'affilée (de 80 à 89).ITA, né le 9 août 1937 à Vittorio Veneto - 5 x champion du mondeIl fut un temps où le cyclocross s'assimilait surtout à du cross-country. Sur des circuits que l'on considérerait aujourd'hui comme préhistoriques, il s'agissait surtout de pouvoir sortir de la boue. C'était le domaine de Renato Longo qui, avec ses longues jambes, était capable d'accélérer dans la gadoue. Il le prouva en 1964, lorsqu'il fut sacré champion du monde pour la troisième fois dans un village d'Overboelaere complètement inondé. Ses autres titres : 59, 62, 65, 67. Chez les amateurs, Longo avait été champion d'Italie de demi-fond (58) mais il estimait que de meilleures perspectives s'offraient à lui en cyclocross. Athlète longiligne d'une grande souplesse mais un peu fragile, ce fils de boulanger domina tout le monde pendant dix ans. Plus les circuits étaient boueux, meilleur il était. Champion d'Italie à douze reprises (59, 60, 62, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72), il mit un terme, en 59, à l'hégémonie française avant de devoir céder la place, en fin de carrière, à Eric De Vlaeminck. FRA, né le 30 juin 1926 à Razès, 5 x champion du mondeAndré Dufraisse rêvait de faire carrière sur la route. Mais il avait tellement peur de tomber qu'il envisagea de pendre son vélo au clou. Pour faire plaisir au président de son club de Limoges, il accepta de participer, à l'hiver 1949, au championnat de France de cyclocross. Sans préparation spécifique, il se classa deuxième. Il prolongea ainsi sa carrière et devint même un maître absolu de la spécialité puisque, de 54 à 58, il remporta cinq titres mondiaux consécutifs. Lors de chaque course, il cherchait non seulement la meilleure place pour démarrer mais aussi les points faibles de ses adversaires. Ses capacités d'acrobates et sa souplesse étaient les meilleures armes du Français, qui courait aussi vite qu'il ne roulait. Sa domination fut si forte qu'on l'appela le Fausto Coppi du cyclocross. Il se distingua également sur piste où il enleva le Critérium Martini de Vincennes à deux reprises (56 et 57) SUI, né le 07 juin 1949 à Rûti, 5 x champion du mondeGrâce à Albert Zweifel, la Suisse devint, dans les années 70, La Mecque du cyclocross. Ce coureur aux cheveux roux n'était pourtant pas très talentueux. Chez les Amateurs, il n'était qu'un figurant. Mais il était entêté et, de 1976 à 1979, il remporta quatre titres consécutifs de champion du monde. Dix fois champion national (76, 77, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 87), Zweifel savait souffrir et repousser ses limites. Il aimait particulièrement les circuits boueux. En 1986, c'est dans le bourbier de Lembeek qu'il remporta son cinquième titre mondial, alors qu'il était déjà sur la pente descendante (il mit un terme à sa carrière en 88). Il fut également l'un des rares cyclocrossmen suisses à briller en dehors de ses frontières. En Suisse, son nom est aujourd'hui aussi connu que ceux d'illustres coureurs sur route comme Ferdi Kübler ou Hugo Koblet. Ceci dit, il fut aussi un bon routier comme en témoignent ses prestations au Tour de Suisse : il n'abandonna qu'une seule fois, en 76, sur 16 participations et termina à quatre reprises parmi les dix premiers. BEL, né le 17 juin 1976 à Bonheiden, 3 x champion du mondeDeux fois champion du monde chez les Amateurs (97, 98), il ne remporta qu'un titre arc-en-ciel chez les professionnels (2005). Dans ce ranking, il figure pourtant avant des coureurs qui furent plus souvent champions du monde que lui. Sven Nys est l' Eddy Merckx du cyclocross. Il a pulvérisé de nombreux records mais n'a pas toujours répondu présent lors des championnats du monde. Au départ, il a été freiné par l'angoisse et a cherché de l'aide auprès d'un psychologue, ce qui lui a permis de maîtriser ses nerfs. Sa façon de rouler est un régal pour les yeux. Sa maîtrise fait penser à du cannibalisme. Cette saison encore, le Brabançon ajoute tous les critères de régularité à son palmarès. Il a la classe mais fait également preuve d'un professionnalisme exemplaire. Ses capacités pulmonaire et respiratoire sont impressionnantes. En dehors des circuits, cet homme réservé a également beaucoup mûri. Il parle plus aisément, ne craint plus de mettre le doigt sur la plaie et ne cherche pas d'excuse en cas de défaite. Le doute a fait place à de la personnalité.GER, né le 27 décembre 1938 à Cologne, 3 x champion du mondePeu de crossmen ont connu autant de succès sur la route que cet Allemand : RolfWolfshohl a gagné le Tour d'Espagne en 1965 et terminé sixième du Tour de France en 1968 après avoir porté le maillot jaune pendant deux jours. Il a également remporté deux étapes (67, 70). Il termina aussi deuxième de Liège-Bastogne-Liège 62 et à Milan-Sanremo et au championnat d'Allemagne 63. Il portait le maillot d'équipes françaises renommées telles Peugeot, Mercier ou Bic. Le fait de se consacrer essentiellement à la route ne l'a pas empêché de se construire un palmarès impressionnant en cyclocross puisqu'il fut trois fois champion du monde (60, 61, 63) et quatre fois deuxième (59, 65, 67, 72). Le coureur de Cologne lutta contre les meilleurs cyclocrossmen de plusieurs générations alors que cette discipline (il fut champion d'Allemagne à 14 reprises) n'était qu'un moyen d'entretenir sa condition physique durant l'hiver et de gagner plus d'argent. Wolfshohl, qui courut aussi sur piste, ouvrit par la suite un grand magasin de cycles avec sa fille et il eut même des vélos de course à son nom.BEL, né le 5 mars 1966 à Audenaerde, 3 x champion du mondePour Mario De Clercq, le cyclocross n'était, au départ, que le prolongement d'une carrière sur la route qui n'avait pas été une réussite totale. Cet électricien de formation était rapide mais pas suffisamment pour remporter plus de huit épreuves. En 1996, Roger De Vlaeminck le poussa à suivre les traces de son père, René De Clercq, qui fut également cyclocrossman. Au début, ce ne fut guère brillant mais, petit à petit, Mario causa la surprise. Sa façon de courir ne lui valait pourtant pas que des amis. Souvent à la peine, il ne se gênait pas pour profiter du travail des autres, suscitant ainsi la controverse. Avec trois titres de champion du monde (98, 99, 2002), ce guerrier s'est néanmoins fait une place dans le cercle des grands. Il avait l'art de se préparer pour les grands rendez-vous. Il mit un terme à sa carrière fin 2004, en Frise. Calme, serein, sans faire de vagues. Plus tard, son nom fut cité dans une affaire de dopageBEL, né le 10 août 1978 à Vorselaar, 4 x champion du mondeMalgré deux titres mondiaux chez les pros (2003, 2004) et autant chez les amateurs (99, 2000), Bart Wellens ne figure qu'à la neuvième place de ce classement, ce qui suscite la discussion. Ce Campinois extraverti a souvent montré qu'il était capable du meilleur mais les événements l'ont toujours ramené à la dure réalité. En 2004, lorsqu'il fut champion du monde pour la quatrième fois, une nouvelle ère semblait s'ouvrir devant lui mais il manqua alors de force mentale pour continuer sur sa lancée et rompit avec son entraîneur Paul Ponnet, l'homme qui l'avait lancé. Ce dernier reprochait au coureur de ne plus avoir le feu sacré. Depuis, Wellens souffle le chaud et le froid et ce n'est pas sa victoire au Championnat de Belgique d'il y a dix jours qui atténuera cette impression. Très influençable, il possède déjà un beau palmarès et a gagné beaucoup d'argent. Ses résultats ne sont toutefois pas à la mesure de son talent.BEL, né le 1er août 1938 à Beernem, 5 x champion du mondeRobert Vermeire est-il à sa place dans ce classement vu qu'il est resté amateur durant presque toute sa carrière. Dans cette catégorie, il était intouchable et remporta cinq titres mondiaux (70, 71, 74, 75, 77) avec une facilité déconcertante. Mais la rivalité était évidemment moins forte que chez les pros. Vermeire était pourtant un excellant cyclocrossman qui aimait les circuits boueux. Ex-coureur à pied, il faisait souvent la différence lorsqu'il fallait descendre de vélo et fut champion de Belgique à huit reprises (de 70 à 78 avec une interruption en 1974). Son style était offensif et il accélérait dès les premiers tours. Il courut pendant un quart de siècle, combinant sa passion avec un boulot dans la pépinière de son oncle. Il devint professionnel à 35 ans et mit un terme à sa carrière à 42, contraint et forcé par la grave maladie de son épouse. Il disputa 913 cross et en remporta 247. Il s'est remarié l'année dernière, à l'âge de 61 ans. A la table d'honneur, on retrouvait son ancien rival et ami de toujours, Albert Van Damme. JACQUES SYS