Si Anderlecht remporte un nouveau titre, dansera-t-on le tango au bal des cham-pions ? Quatre joueurs argentins garnissent désormais les rangs mauves et blancs. Nicolas Frutos, qui s'est rapidement imposé en six mois, a été rejoint par trois compatriotes : Lucas Biglia, Christian Leiva et Nicolas Pareja. Le premier, qui est aussi le plus jeune, est assurément celui qui présente les plus belles références. Il est le seul à avoir un lien réel avec l'équipe nationale argentine : il a fait partie intégrante des sélections -17 et -20, et fut même le capitaine de l'équipe nationale qui remporta le Championnat du Monde des -20 aux Pays-Bas, en 2005. Sur les pelouses bataves, il dirigea donc Lionel Messi en personne.
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Si Anderlecht remporte un nouveau titre, dansera-t-on le tango au bal des cham-pions ? Quatre joueurs argentins garnissent désormais les rangs mauves et blancs. Nicolas Frutos, qui s'est rapidement imposé en six mois, a été rejoint par trois compatriotes : Lucas Biglia, Christian Leiva et Nicolas Pareja. Le premier, qui est aussi le plus jeune, est assurément celui qui présente les plus belles références. Il est le seul à avoir un lien réel avec l'équipe nationale argentine : il a fait partie intégrante des sélections -17 et -20, et fut même le capitaine de l'équipe nationale qui remporta le Championnat du Monde des -20 aux Pays-Bas, en 2005. Sur les pelouses bataves, il dirigea donc Lionel Messi en personne. Même si, à 20 ans, il doit encore faire ses preuves au plus haut niveau, il est exceptionnel qu'un joueur présentant de telles références prenne la direction du championnat de Belgique. LucasBiglia : J'avais entendu des bruits depuis un certain temps, six mois environ, et j'y avais prêté une oreille atten-tive, mais à un moment donné, les rumeurs se sont tues et il ne s'est rien passé. Je commençais à me dire que, sans doute, elles n'étaient fondées, mais un jour, Frutos m'a confirmé que l'intérêt d'Anderlecht était réel. Effectivement, après cela, des contacts ont été pris avec mon agent. La présence de Nicolas au Sporting fut l'un des éléments qui ont guidé mon choix. Il m'a dit beaucoup de bien du club, et comme de mon côté, je songeais à quitter Independiente, c'était une opportunité intéressante. Anderlecht est cham-pion de Belgique, va disputer la Ligue des Champions et la perspective de retrouver un ami comme Nicolas, susceptible de faciliter mon intégration, était un autre argument. J'ai joué un an avec lui à Independiente. Je n'irai pas jusqu'à dire que la D1 belge est un petit championnat. Je dois encore le découvrir de l'intérieur, mais sur ce que j'ai vu en vidéo, il me semble très compétitif. Je dirais plutôt qu'il est méconnu ou moins médiatisé. Mais c'est sûr que la Ligue des Champions jouit d'un pouvoir d'attraction incomparable. C'est le tournoi le plus prestigieux en Europe et la perspective de pouvoir y participer est très enthousiasmante. Pour moi, c'est un rêve qui va devenir réalité. Pas du tout. Les séries, positives ou négatives, sont faites pour être interrompues. Je ne m'attarderai pas sur le passé. Je veux aborder la Ligue des Champions avec l'ambition d'aller le plus loin possible. Oui, en effet. Beaucoup de matches de la Ligue des Champions sont télévisés en direct et en intégralité en Amérique du Sud. La télévision argentine diffuse également les buts de tous les Argentins évoluant à l'étranger. Comme jusqu'ici, seul Nicolas Frutos faisait trembler les filets belges, c'était vite terminé. Mais comme, désormais, les joueurs argentins sont plus nombreux dans votre championnat, mes compatriotes s'y intéresseront peut-être de plus près. Il ne faut pas se voiler la face : Nicolas Frutos a ouvert la porte aux autres. Il a officié comme pionnier, et à partir de là, il a servi de référence. D'autres joueurs lui ont emboîté le pas et n'ont plus hésité à prendre la direction d'un championnat qu'on connaît encore mal en Argentine. Oui, beaucoup. La Belgique est un très beau pays. Et le club est également très agréable. Il y en a beaucoup, mais la plus grande différence se situe, selon moi, au niveau du rythme. On joue beaucoup plus vite ici qu'en Amérique du Sud, où le jeu est plus posé et où l'on accélère seulement lorsqu'on arrive dans la zone de vérité. Ici, il n'est pas rare que l'on exerce un pressing sur toutes les portions du terrain. Je devrai m'y habituer. Pour l'instant, je dois avouer que ce n'est pas encore tout à fait le cas. Ma facilité à jouer en un temps devrait m'aider, mais je ne suis pas encore habitué à être harcelé dès que j'entre en possession du ballon. L'équipe doit encore trouver ses marques également. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs et tout ne s'emboîtera pas du jour au lendemain. Et puis, il y a la langue. Nicolas est là pour me guider, mais un jour, je devrai pouvoir me débrouiller seul. C'est une question de temps. J'ai déjà commencé les cours de français avec un professeur. Jour après jour, j'apprends de nouveaux mots. J'ai constaté qu'ici, on mettait beaucoup plus l'accent sur la notion de groupe. En Argentine, seule l'équipe nationale fait appel aux services d'un psychologue. Dans les clubs, on s'en passe volontiers. Dans mon pays, la période de préparation est surtout mise à profit pour travailler l'aspect physique, alors qu'ici, on aborde l'aspect footballistique beaucoup plus tôt. Personnellement, j'ai eu la chance de faire partie des sélections de jeunes, en -17 et -20, où j'avais déjà eu l'occasion de travailler avec un psychologue et de participer à l'élaboration d'un groupe. Je n'ai donc pas été totalement dépaysé. Oui, mais cela peut aider. Certains exercices n'ont qu'un lointain rapport avec le football, mais ce n'est pas inutile d'apprendre à connaître ses partenaires dans des situations autres que celle du terrain. A fortiori cette saison-ci, car il faut intégrer beaucoup de nouveaux joueurs. En outre, il y a beaucoup de personnalités : Mbark Boussoufa, Ahmed Hassan, Bart Goor ou Nicolas Frutos, pour ne citer qu'eux, sont autant de joueurs qui ont été habitués aux honneurs et dont on attendra qu'ils se fondent dans le collectif. Ce n'est pas toujours évident. Mais le travail psychologique devrait porter ses fruits, et au fur et à mesure qu'on enchaînera les matches, on devrait se trouver de mieux en mieux. Plutôt polyvalent. Je peux remplir tous les rôles dans l'entrejeu, que ce soit à la récupération ou à la création. En Argentine, je jouais sur la même ligne que l'autre médian récupérateur, mais ici, on me demande d'évoluer un cran plus haut. Je suis un peu plus offensif que Christian Leiva, par exemple. C'est vrai que je ne marque pas beaucoup, mais je suis capable d'offrir de bons ballons aux attaquants. Oui, lorsqu'il était à Banfield et moi à Independiente. Il a remporté un match, et moi l'autre. C'est un joueur très dynamique, très intelligent aussi. Lorsqu'il aura pris confiance, il peut devenir un joueur très important dans l'entrejeu anderlechtois. C'est un défenseur central qui possède beaucoup de qualités. Il ne tardera pas à le démontrer. Bientôt, il devrait entrer en considération pour une place en équipe Première. Il provient d'un club argentin plutôt modeste et la différence avec un club aussi ambitieux qu'Anderlecht est notable pour lui. Nous avons d'ailleurs joué six mois ensemble à Argentinos Juniors. Oui, c'est l'un des meilleurs clubs formateurs d'Argentine. On y travaille beaucoup la technique, et chaque année, de très bons éléments sortent de là. Comme il ne possède pas les mêmes moyens financiers que les grands clubs de Buenos Aires, Argentinos Juniors investit dans la jeunesse. Personnellement, j'étais arrivé là-bas à 12 ans. J'ai commencé à jouer au football très jeune, dès l'âge de 4 ans, dans un club de ma ville natale de Mercedes : Estudiantes. La suite, vous la connaissez : Argentinos Juniors, puis Independiente. Oscar Ustari, qui fut l'un des gardiens de l'équipe nationale à la Coupe du Monde, dispose également d'offres intéressantes et devrait lui aussi franchir l'océan Atlantique. Independiente est un bon club, pourtant, très populaire en Argentine. Je n'en garde que de bons souvenirs. Julio César Falcioni est un excellent entraîneur, un grand travailleur. J'ai joué les 38 matches de championnat sous sa direction. Au terme du premier tournoi, on a terminé 3e. Puis, certains joueurs - déjà - sont partis et ce fut un peu moins bon lors du deuxième tournoi. C'est le lot de la plupart des équipes argentines : lorsque certains joueurs s'illustrent, ils font l'objet de belles propositions et s'en vont. Les clubs ont besoin de vendre pour équilibrer leur trésorerie. D'autres joueurs prendront la place de ceux qui sont partis. En attendant, à leur tour, d'être vendus. Les footballeurs, de leur côté, aspirent à un transfert. Surtout ceux qui ont de réelles ambitions au niveau de l'équipe nationale. Le sélectionneur, généralement, s'intéresse plus à ceux qui réussissent dans des grands clubs européens qu'à ceux qui se contentent du championnat national. Pour l'instant, l'équipe nationale A est encore un rêve. Mais je travaillerai pour le réaliser. J'aimerais beaucoup participer à la Coupe du Monde 2010, en Afrique du Sud. Non. Je pense, au contraire, que ce sera une bonne expérience pour m'habituer à l'Europe. Un premier pas, peut-être, vers de plus hautes destinées. Je viens ici pour apprendre, pour progresser et pour essayer d'écrire de nouvelles pages de l'histoire d'Anderlecht. Jamais. Il est parti pour travailler avec l'équipe nationale A lorsque j'ai intégré les sélections nationales de jeunes. Mon mentor a toujours été Hugo Tocali. Peut-être, mais cela, c'est la théorie. Il faut constamment faire ses preuves, travailler pour progresser. Déjà, revêtir le maillot de l'équipe nationale est un grand honneur, mais enfiler le brassard, c'est quelque chose d'... inexplicable ! Même dans mes rêves, je n'avais jamais imaginé cela. Apparemment, j'ai su gagner la confiance de l'entraîneur et de mes partenaires. Je fréquentais l'équipe nationale depuis pas mal de temps, je connaissais beaucoup de monde et l'entraîneur a décidé de me confier le brassard après avoir, aussi, sondé le pouls d'autres joueurs. C'est une responsabilité importante, mais aussi un rôle très valorisant. Chronologiquement, il y a d'abord eu la victoire au championnat sud-américain des -17, en 2003. Et, dans la foulée, le Championnat du Monde en Finlande, où l'on a été battu par l'Espagne en demi-finales. On a terminé 3e. Et puis, bien sûr, le Championnat du Monde des -20 aux Pays, en 2005, que l'on a remporté. Assurément, le plus grand souvenir de ma carrière jusqu'ici. Il était déjà parti en Espagne à 14 ans, mais j'avais eu l'occasion de le fréquenter dans les catégories inférieures. C'est un joueur exceptionnel, promis au plus bel avenir. Jouer à ses cotés fut, pour moi, un grand honneur. J'aurais, personnellement, aimé qu'il joue davantage en Allemagne, mais José Pekerman a fait d'autres choix et il faut les respecter. L'Argentine disposait d'énormément de possibilités sur le plan offensif. Cependant, des joueurs du calibre de Lionel, il en existe très peu dans le monde. Peut-être, mais on n'a pas gagné et c'est ce que l'on retiendra. Au départ de la compétition, la plupart des Argentins étaient sceptiques sur les chances de leur équipe nationale, mais au cours du tournoi, elle a livré de bons matches. En quarts de finale, sur l'ensemble des 90 minutes et même des prolongations, l'Argentine était supérieure à l'Allemagne. Elle aurait pu éviter la séance de tirs au but. L'accession de la France à la finale ne m'a pas surpris. Durant la première phase, le plus important est de s'extraire de la poule, avec ou sans la manière. Même si, au début, c'était laborieux, on sentait que la France montait en puissance. Par contre, l'Italie m'a surpris. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle puisse aller jusqu'au bout. Mais les équipes dures, à qui il est difficile d'inscrire un but, vont souvent très loin car l'adversaire ne parvient pas à les battre. C'est ce qui s'est passé avec l'Italie. Et comme, de surcroît, elle possédait quelques bons attaquants, on peut en déduire qu'elle avait tous les ingrédients pour remporter le tournoi. Oui, mes grands-parents maternels sont originaires de la région de Venise. C'est ce qui m'a permis d'obtenir également un passeport italien, très utile pour un footballeur car il ouvre plus facilement la porte de certains championnats où le nombre de joueurs extra communautaires est limité. DANIEL DEVOS