Salaires, transferts, primes... Dans le foot-bizness, les chiffres sont astronomiques autant qu'éhontés. Et ce top de la honte n'épargne même pas les teams nationaux, nos Diables au Brésil pas plus que les autres : ô Belgique, ô mère chérie, à toi nos coeurs, à toi nos bras, à toi nos pieds, à nous ton flouze ! Mais plus encore que via les tarifs, j'hallucine à la lecture d'un So Foot de mars dernier : le nombre de transferts pros était de 1151 en 1995, il est passé à 10.546 en 2013 ! Fameuse connerie inflationniste,... ça tourne carré dans le monde du ballon rond !
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Salaires, transferts, primes... Dans le foot-bizness, les chiffres sont astronomiques autant qu'éhontés. Et ce top de la honte n'épargne même pas les teams nationaux, nos Diables au Brésil pas plus que les autres : ô Belgique, ô mère chérie, à toi nos coeurs, à toi nos bras, à toi nos pieds, à nous ton flouze ! Mais plus encore que via les tarifs, j'hallucine à la lecture d'un So Foot de mars dernier : le nombre de transferts pros était de 1151 en 1995, il est passé à 10.546 en 2013 ! Fameuse connerie inflationniste,... ça tourne carré dans le monde du ballon rond ! Transférer beaucoup et à chaque mercato, c'est chambouler son noyau. Chambouler sans cesse, c'est minimiser l'importance du collectif : les automatismes n'ont-ils pas l'importance prétendue, s'acquièrent-ils rapidos en foot parce qu'ils sont sommaires ? Toujours est-il qu'un gars débarque (parfois d'on ne sait où) et est dans le onze dès le match suivant : au détriment de postulants ayant pourtant déjà, peu ou prou, échangé des ballons... L'objectif premier d'avant-saison, auquel tous souscrivent, c'est d'avoir un gros noyau : pourtant, les temps de jeu à l'arrivée prouveront qu'au moins 5 ou 6 des 20 ou 25 postulants, quoique valides, n'ont été d'aucune utilité sportive. L'ampleur du cheptel, c'est moins pour éviter le trouillomètre (blessures, suspensions...) que pour tenter de faire du fric : acquérir des gars comme des billets de loterie, et prier Dieu-le-foot que l'un se transforme en gros lot. Quitte à les prêter à un club moins huppé si le résultat tarde : comme quoi la formation dont tous se targuent, c'est d'abord l'habitude de la compétition... Quant au chamboulement incessant du plantureux noyau, peu y résistent. Au niveau européen, la Juve de cette saison est presque une bizarrerie tant elle fut sobre... et Man U est caricatural de la tendance majoritaire : carrousel de stars d'autant plus tristounet que les Mancuniens d'Alex Ferguson furent longtemps une heureuse exception, se bornant chaque année à nuancer un noyau où s'affichait d'abord une continuité... Le chamboulement ne renforce pourtant pas, ou peu, ou rarement : même si les clubs le pensent, même si les médias jouent le jeu de l'émerveillement ! Ainsi le Real fait-il jouette avec ses gauchers offensifs (Gareth Bale pour Mezut Ozil hier, James Rodriguez pour Angel Di Maria aujourd'hui), mais c'est pour donner du rêve à son peuple, lui vendre des abonnements et des maillots floqués. Autre chose. L'examen des effectifs montre une concurrence interne exacerbée partout, mais qui n'est pas toujours la même dans tous les secteurs de jeu. Si la profusion de stars au Bayern est ainsi un exemple d'équilibre (quasi tous les postes doublés par des postulants d'égale notoriété), d'autres noyaux sont bizarrement déséquilibrés. On considère souvent le jeu d'Arsenal comme le plus rapproché de celui hissé à l'excellence par le Barça, mais les deux groupes sont à l'opposé quand on les examine ! A Barcelone, on dénombre 9 candidats connus pour 4 postes en défense, mais seulement 4 caïds pour 3 postes d'attaquants (Pedro, Neymar, Lionel Messi, Luis Suarez) : comme si la priorité était que les buteurs potentiels soient bien dans leur tête, tandis que baisses de forme et indisponibilités seront inévitables pour les défenseurs ! A Arsenal, c'est l'inverse. Ils sont 13 ou 14 à briguer les 5 postes les plus offensifs...mais seulement 6 pour composer le quatuor défensif. Thomas Vermaelen et les Belges savent d'ailleurs qu'Arsène Wenger juge Per Mertesacker et Laurent Koscielny irréprochables autant qu'indestructibles. Mais quand Mathieu Debuchy se blesse, l'Arsène doit puiser hors-noyau, et affronter Dortmund avec à l'arrière droit Hector Bellerin, 19 ans, inconnu au bataillon ! Pendant ce temps, offensivement et même quand l'infirmerie est soi-disant pleine, c'est struggleforlife : au point que des Tomas Rosicky, Lukas Podolski ou Joël Campbell risquent d'être Gunners toute une saison... mais sans jouer du canon ! Comme si la priorité était ici qu'un attaquant, pour être bon, doive toujours jouer avec la trouille d'être supplanté. Les transferts, c'est pour donner du rêve à son peuple, lui vendre des abonnements et des maillots floqués.