Il n'a que 20 ans, n'a pas toujours été titulaire dans la Liga la saison dernière et n'a pas participé à la Coupe du Monde 2002 avec l'équipe nationale argentine, mais il est l'idole des aficionados blaugranas. A l'aube d'une deuxième saison au FC Barcelone, qui le verra notamment se mesurer à Bruges mercredi prochain dans le cadre de la première journée de la Ligue des Champions, Javier Saviola s'est confié.
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Il n'a que 20 ans, n'a pas toujours été titulaire dans la Liga la saison dernière et n'a pas participé à la Coupe du Monde 2002 avec l'équipe nationale argentine, mais il est l'idole des aficionados blaugranas. A l'aube d'une deuxième saison au FC Barcelone, qui le verra notamment se mesurer à Bruges mercredi prochain dans le cadre de la première journée de la Ligue des Champions, Javier Saviola s'est confié. Javier Saviola: C'est sûr. Si je pouvais réécrire l'histoire, je l'aurais sans doute modifiée de fond en comble. Le chapitre personnel aurait connu un tout autre dénouement, et vous devinez à quoi je fais allusion - NDLA: il fait référence au décès de son père, intervenu peu de temps après son arrivée en Espagne-, mais le chapitre sportif se serait sans doute agencé d'une autre manière également. Le collectif n'a jamais fonctionné. Les supporters attendaient des trophées, et ils sont restés sur leur faim. Dans un club aussi prestigieux, cela ne pardonne pas. Lorsque l'objectif n'est pas atteint, chacun en prend pour son grade. Qu'avez-vous pensé en enfilant un maillot que des vedettes comme Cruyff, Maradona, Romario et Ronaldo avaient porté avant vous?Ces joueurs-là m'avaient fait rêver lorsque je les voyais à la télévision. Maradona, Figo... En pensant qu'ils avaient porté le même maillot que moi, j'ai eu l'impression qu'un rêve était devenu réalité.Vous avez cité le nom de Maradona. Malgré son prestige, il a quitté le Barça par la petite porte. Cela vous inquiète-t-il pour votre avenir au Nou Camp?Diego n'a pas eu de chance. Cela n'a pas marché comme il l'espérait et les événements se sont retournés contre lui.Vous avez aussi cité le nom de Figo. Savez-vous que le n°7, que vous portez aujourd'hui, était le sien à l'époque?Oui, mais je n'ai jamais ressenti une pression particulière à l'idée de porter le numéro d'un footballeur illustre. Cela m'était déjà arrivé à River Plate. Marcelo Salas, qui avait été champion et meilleur buteur du championnat, avait aussi eu le même numéro que moi précédemment, mais son maillot ne s'est jamais révélé trop lourd à porter.Pourquoi, selon vous, le Barça a-t-il loupé sa saison au point de se retrouver les mains vides à l'heure des récompenses?Nous avons manqué de régularité, c'est l'unique raison. Nous avons alterné des rencontres brillantes avec d'autres, médiocres. Si nous avions maintenu un niveau moyen, tout aurait été différent. Nous avons perdu des matches contre des équipes de bas de classement, qu'en temps normal le Barça bat à tous les coups. D'autres matches à notre portée se sont soldés par des partages. Nos rivaux ne nous ont pas attendus.Le public du Nou Camp a-t-il déjà vu à l'oeuvre le vrai Saviola?Non. Lorsque le collectif sera plus au point, je parviendrai plus facilement à me mettre en évidence. C'est difficile de briller dans une équipe qui se cherche, au sein de laquelle la quête d'une victoire prend le pas sur toute autre considération. Lorsque tout le monde sera libéré, je pourrai mieux m'exprimer.Pourquoi n'avez-vous pas été un titulaire indiscutable, la saison dernière?L'entraîneur Carlos Rexach espérait sans doute une adaptation plus rapide de ma part. Mais je me suis aussi rendu utile en débutant certains matches sur le banc, et en entrant au jeu en fin de partie, pour faire la différence.Face à la presse, Carlos Rexach justifiait sa décision par le souci de ne pas vous brûler.Il devait bien y avoir une raison. Peut-être certains équipiers étaient-ils tout simplement meilleurs que moi, physiquement ou footballistiquement? Le fait de me retrouver sur le banc m'a obligé à me remettre en question. Si une place de titulaire m'avait été réservée d'office, tout aurait été trop facile.Au niveau de mon apport au marquoir, je peux m'estimer satisfait pour une première saison. Mais je n'ai pas été d'un grand secours pour l'équipe. C'est très frustrant, de marquer et d'être battu malgré tout. On se sent impuissant.Van GaalJamais, à aucun moment. L'accueil du public m'a fait oublier tous mes déboires.Sur un plan personnel, avez-vous progressé ou avez-vous eu l'impression de stagner?J'essaye d'évoluer. Lors de chaque entraînement, je m'efforce de corriger les erreurs commises en match, afin de ne pas les répéter. J'écoute les conseils de joueurs expérimentés, comme Luis Enrique, qui connaît mieux la Liga que moi. J'ai déjà appris beaucoup. En Argentine, les joueurs courent avec le ballon. En Europe, c'est le ballon qui doit circuler. A la limite, il circule mêmes trop vite, car il faut parfois attendre que les joueurs suivent le mouvement.Aujourd'hui, le Barça a un nouvel entraîneur.Il est encore trop tôt pour se prononcer au sujet de Louis van Gaal. Mes coéquipiers qui l'avaient connu lors de sa première période à Barcelone m'en ont dit du bien. D'une manière générale, son arrivée a été perçue d'une manière positive. C'est un entraîneur exigeant, qui possède une forte personnalité et que l'on respecte.Pablo Aimar avait également rencontré des difficultés d'adaptation à son arrivée en Espagne.Oui, et aujourd'hui il est champion avec Valence. Ce titre m'a fait très plaisir, je suis heureux pour lui. A River Plate, nous étions très amis. Lors de sa première saison en Espagne, il a connu les mêmes problèmes que moi: il joue peu, l'entraîneur ne comptait pas sur lui. J'étais convaincu que, tôt ou tard, il finirait par s'imposer.Barcelone a engagé un autre de vos compatriotes: Juan Roman Riquelme...C'est un grand joueur, il n'y a aucun doute à ce sujet. Il faut encore définir dans quel rôle il sera le plus utile au Barça.Et vous, à quelle place aimeriez-vous que l'entraîneur vous aligne: centre-avant, demi offensif, extérieur?Cela dépend du dispositif tactique de l'adversaire. Et, aussi, du 11 aligné par Barcelone. La saison dernière, l'équipe de base a souvent changé. Parfois, je me retrouvais avec Kluivert et Rivaldo. En d'autres occasions, Overmars se promenait sur le flanc. Dans ces conditions, il convient de créer de l'espace pour chacun et d'éviter de se marcher sur les pieds. Dans le groupe du Barça, qui fréquentez-vous le plus?Xavi. Nous entretenons de très bonnes relations dès le départ. Nous partageons la même chambre lors des mises au vert, et, à partir de là, des liens se sont créés. Nous nous retrouvons fréquemment en dehors du terrain, pour aller au restaurant ou au cinéma.Un bon film, c'est bien, mais qu'avez-vous pensé des affrontements entre le Barça et le Real Madrid?Extraordinaires. Ils se jouent toujours dans des contextes passionnels fabuleux. Il y a beaucoup de "classiques" dans le monde du football, mais celui-ci doit faire partie des trois plus mythiques. Supérieur RealEn régularité. Il a abordé les rencontres de championnat et de Ligue des Champions de la même manière, et a fini par remporter un trophée, le plus prestigieux. De notre côté, nous avons trop rapidement fait une croix sur le championnat, pour nous concentrer sur les tâches européennes. Avec le résultat que l'on connaît.Barcelone vous avait engagé pour répondre à la venue de Zidane à Madrid. Avez-vous souffert de la comparaison?Les comparaisons ne sont jamais profitables. Je n'aime pas que l'on me compare à un autre joueur, mais il est inévitable que les supporters et les journalistes le fassent. Il faut s'en accommoder.Avec une taille de 1m68 et un poids de 60 kilos, n'est-ce pas miraculeux de s'imposer dans la Liga espagnole?Peut-être. Pour cette raison, lorsque j'ai affaire à un défenseur grand et fort, j'essaye d'éviter le duel dans la mesure du possible. Lorsqu'on ne peut pas s'imposer physiquement, il faut avoir recours à la ruse et à la finesse.Maradona, Ortega, Aimar: vous semblez tous taillés dans le même moule...En Argentine, on aime jouer avec le ballon, le caresser. On apprend à l'apprivoiser dès son plus jeune âge. C'est le point commun entre nous tous.Et la principale différence avec le football espagnol?C'est la rapidité. Ici, il faut être très rapide et attentif à tout, car on joue à 100 à l'heure. On ne prend pas le temps de sentir le ballon, il faut s'en débarrasser au plus vite et si on ne le fait pas, d'autres vous en dépossèderont.Maradona a déclaré qu'il attrapait la chair de poule en vous voyant jouer.C'est un fameux compliment...Inma Pedemonte, ESM