A l'heure où la plupart des Belges partent en vacances, les footballeurs ont terminé les leurs. La semaine dernière, à l'exception d'Anderlecht et de Mons, ils étaient déjà tous sur la brèche. Les méthodes ont bien évolué, et sont différentes d'un entraîneur à l'autre. S'il n'est pas tout à fait largué aux oubliettes, le traditionnel cross dans les bois semble être passé de mode. Les usages ont aussi évolué : dans le football d'aujourd'hui, la préparation commence souvent avec un effectif incomplet.
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A l'heure où la plupart des Belges partent en vacances, les footballeurs ont terminé les leurs. La semaine dernière, à l'exception d'Anderlecht et de Mons, ils étaient déjà tous sur la brèche. Les méthodes ont bien évolué, et sont différentes d'un entraîneur à l'autre. S'il n'est pas tout à fait largué aux oubliettes, le traditionnel cross dans les bois semble être passé de mode. Les usages ont aussi évolué : dans le football d'aujourd'hui, la préparation commence souvent avec un effectif incomplet. Nouvel entraîneur aussi à La Louvière. Pour la journée de reprise, AlbertCartier a déjà concocté un programme bien rempli pour ses joueurs : terrain le matin, salle l'après-midi avec exercices de sprint, pour terminer par une séance d'endurance. " On se trouve dans une période où il faut un peu prendre le pouls de tout le monde ", explique Albert Cartier. " Si on est allé en salle l'après-midi, c'est parce qu'on y disposait des appareils nécessaires pour effectuer les tests. Je ne suis réfractaire à rien pour la préparation. La traditionnelle course dans les bois peut aussi avoir son utilité. Je sais que les footballeurs préfèrent tâter le ballon, et c'est effectivement un outil indispensable mais lorsqu'on se prépare physiquement, le ballon peut aussi perturber la concentration pour la réalisation de certains exercices. On n'est pas encore entré dans la phase de préparation tactique. Bientôt, les entraînements seront entrecoupés de matches. Le rythme sera alors différent ". Avec les travaux en cours au Tivoli, il faut effectuer le détour par l'extérieur pour rejoindre le terrain B. Où 22 joueurs se sont donnés rendez-vous. Yannick Zambernardi, venu du club écossais d'Hibernians, est l'un des rares nouveaux. DavidCamara, originaire du Havre mais qui n'a pas encore signé, est déjà présent également. " Il manque seulement les... internationaux ", spécifie très sérieusement StéphanePauwels. Un discours que l'on a plus l'habitude d'entendre à Anderlecht qu'au Tivoli. Mais, effectivement, à La Louvière aussi il y a des sélectionnés : FadelBrahami et PeterOdemwimgie devaient même se rencontrer ce samedi à l'occasion d'un Algérie-Nigeria qualificatif pour la Coupe du Monde 2006. Quant à MichaëlKlukowski, il est toujours avec le Canada. Reviendra-t-il ? Pour lui comme pour YannickVervalle, des offres concrètes sont parvenues. " Cela risque de bouger ", concède le manager des Loups. Cartier estime qu'il est encore trop tôt pour procéder à une évaluation de son noyau. " Il peut encore y avoir des arrivées... et des départs. Mais j'essaierai, puisque c'est une volonté politique du club, d'introduire des jeunes, dans la lignée d' ArielJacobs ". Il est trop tôt, aussi, pour définir un style de jeu. " En principe, ce sont les joueurs eux-mêmes qui le définiront. Théoriquement, un entraîneur est toujours dépositaire d'un système, mais il faut voir si celui-ci peut s'appliquer aux joueurs qu'il a à sa disposition. Dans les grandes lignes, disons que je suis partisan d'un jeu compact, où les joueurs effectuent des passes courtes. Pour cela, il faut qu'ils se regroupent et qu'ils bougent ensemble ". A 18 heures, les joueurs peuvent enfin rentrer chez eux. " Je crois que nous sommes la seule équipe qui soit restée aussi tard au stade ", soupire DanielCamus. " L'entraîneur n'a pu nous promettre qu'une chose : du travail. Il a tenu parole ". FrédéricTilmant a vécu sa première journée comme adjoint. " L'envie de me joindre au groupe pour taper dans le ballon ne m'a pas trop démangé ", prétend-il. " Il faut pouvoir tourner la page. La différence avec autrefois, c'est que je passerai désormais dix heures au stade, alors que j'y restais trois heures à mon époque de joueur ", rigole-t-il. Pour la reprise chez les champions de D2, EmilioFerrera a donné rendez-vous à ses joueurs au stade Edmond Machtens. Mais les entraînements se déroulent au terrain de la Banque Nationale, à un kilomètre de là. " Un vrai billard ", s'enthousiasme ChristopheKinet. " Pourquoi n'est-on pas venu ici la saison dernière ?" A l'entrée, un écriteau indique ClubPrivé et un signal avertit qu'un chien dressé veille sur les lieux. On hésite donc à s'engager et on ne s'étonnera pas que les supporters soient peu nombreux. A part quelques habitués des lieux, les séances peuvent se dérouler à l'abri des regards indiscrets. Ils sont 17 joueurs à avoir répondu présent, dont trois gardiens. L'effectif n'est pas encore au complet. " C'est l'une des caractéristiques du football d'aujourd'hui ", constate Ferrera. " On commence la préparation sans avoir tous ses joueurs sous la main ". L'échauffement est laissé à FrédéricRenotte, le préparateur physique. Quelques tours de terrain, suivis de démarrages sous forme de jeux de passes avec ballon. Ferrera, en t-shirt blanc, n'intervient que lorsqu'on aborde l'aspect tactique. Les exercices portent déjà sa griffe : ils sont axés sur la reconversion offensive rapide, en sept ou huit secondes. Tout part d'un dégagement du gardien. Ensuite, trois attaquants doivent prendre la mesure de deux défenseurs. - N'adressezunepassequepouréliminer un homme !, insiste Emilio Ferrera. Sinon, ellenesert àrien. Ilfautallerprovoquersonopposant !On rend la tâche plus difficile : deux attaquants contre trois défenseurs. Puis, on inverse les rôles : c'est l'équipe adverse (trois joueurs) qui développe une contre-attaque (face à quatre joueurs) et il faut essayer de l'arrêter. - L'undesquatredéfenseursdoitchasserleporteurduballonetarrêterlacontre- attaquepartouslesmoyens :unefaute, untacle, unerécupération... , explique Ferrera. Zezeto est le premier à se faire tacler et il ne s'en sort pas indemne : il doit se faire soigner sur le bord de la touche. Pendant que les joueurs de champ se regroupent, les gardiens travaillent leur dégagement à la main. - Plusvite !, insiste Ferrera auprès d' IstvanDudas. Acerythme- là, touslesdéfenseurs adverses ontletempsdesereplacer ! On voit déjà, après trois jours d'entraînement, où il veut en venir. Renotte reprend la main pour le cooling down : stretching et trottinement. - Nemontrezpasquevousêtesfatigués, celadonneducourage àl'adversaire !, insiste-t-il. Ferrera s'en tient à une seule séance matinale pour cette séance de reprise. " Elle n'a duré que deux heures, mais était intensive ", soupire Kinet. Le Brussels partira en stage aux Pays-Bas du 11 au 16 juillet. D'ici là, il s'agira de compléter l'équipe et de répéter les mouvements. " Ne me faites pas dire que je jouerai offensivement ou que l'on soignera le spectacle ", prévient Ferrera. " On jouera à quatre derrière, et pour le reste, on s'adaptera ". Nouvel entraîneur, nouvelles têtes et pas mal de curieux autour du terrain B du Canonnier pour la reprise de l'Excelsior. 25 joueurs participent au premier entraînement. JulienCatrain et GiovanneRector, qui s'étaient présentés, ont été renvoyés. " Je ne pouvais pas avoir trop de joueurs ", PhilippeSaint- Jean. " Dans le cas de Catrain, je pensais que tout était réglé avec Ostende. Je ne m'attendais donc pas à le voir ici. Lorsqu'il était arrivé en équipe nationale Espoirs, Jean-François de Sart et moi regrettions qu'il ne joue pas davantage. Un prêt était la meilleure solution, car avec GrégoryLorenzi et JimmyHempte à l'arrière gauche, il risquait d'être barré à Mouscron. J'espère que son cas sera bientôt résolu. Rector sera versé dans le noyau B. On gardera un £il sur lui ". SteveDugardein, lui, n'a pas loupé la reprise. Il n'a toujours pas pris de décision au sujet de son transfert et s'est donc logiquement présenté au Canonnier, comme lors des 22 années précédentes. L'échauffement est donné par Jean- LouisLosfeld, le nouvel adjoint. Saint-Jean entre en action pour les exercices avec ballon. D'abord, des passes à dix mètres. Ensuite, des exercices de démarquages suivi de déviations, en trois groupes de sept (sans les gardiens). - Appelezleballon, jedoisentendrelesondevotrevoix !, crie l'entraîneur vêtu, comme ses assistants, d'un t-shirt blanc, d'un short gris et de bas noirs, alors que les joueurs sont tout en noir. Autour du terrain, les commentaires vont bon train. " Je pense que Saint-Jean connaît vraiment le football ", lance un supporter. " Le Futurosport, après tout, c'est lui qui l'a créé ". On cherche à reconnaître les nouveaux venus. " BobCousin, c'est celui qui a le ballon au pied, là-bas, à côté de PatriceNoukeu ", glisse un sympathisant à son voisin. Qui lui rétorque : " AlexandreTeklak, on ne le reconnaît plus avec ses cheveux coupés ". Deux groupes sont formés : les noirs d'un côté, ceux affublés d'une chasuble jaune de l'autre. Pour un petit match dont le but est de réaliser le plus de passes possibles. D'abord au pied, puis... à la main. " C'est du football à la main ", explique Saint-Jean. " L'important, ce sont les démarquages. Il faut bien réfléchir ". Et, s'adressant aux joueurs : - Nerecevezjamaisleballonavecquelqu'undansledos, sinonvousallezleperdre !L'aspect ludique semble être privilégié. Après quelques tours du terrain en guise de décrassage, chacun rentre au vestiaire. Saint-Jean s'entretient un long moment avec Dugardein. On devine de quoi ils parlent. " Steve est tracassé ", reconnaît le coach. " Je sens chez lui une grosse envie de rester. Mais, simultanément, les sollicitations dont il a fait l'objet l'interpellent également. Elles constituent à la reconnaissance qu'il recherchait et une récompense pour la carrière qu'il a réalisée. Je suis content qu'il ait été présent à l'entraînement, car cela signifie qu'il n'a pas encore pris de décision. En principe, je n'aurais pas dû le rencontrer, puisque je ne devais entrer en fonction que ce lundi alors qu'il aurait pu signer au Standard le vendredi. Mais j'ai demandé à pouvoir lui parler avant la reprise. Je crois qu'à travers mon discours, il s'est rendu compte que le club conservait encore de l'ambition et qu'il avait un rôle à jouer dans la réalisation des objectifs. J'ai essayé de lui faire comprendre, aussi, que cette saison pouvait être différente pour lui, grâce à l'arrivée d'un nouvel entraîneur, et malgré qu'il connaisse par coeur tous les murs du Canonnier. Je lui ai montré la façon dont on allait travailler. J'espère qu'il restera, mais je ne lui mettrai aucune pression et je respecterai sa décision. C'est à lui à effectuer un choix en âme et conscience. L'important, c'est l'aspect humain. En fonction de sa présence ou pas, le club pourra se définir des ambitions plus ou moins hautes ". L'après-midi sera consacré aux tests. Les joueurs seront divisés en quatre groupes de six : un groupe fera de la technique, un autre de la force, un troisième de la détente et un quatrième un test de VO2max en clinique. " Mon but est de rendre les joueurs individuellement meilleurs ", explique Saint-Jean. " Mais avant d'en arriver là, il faut d'abord se lancer dans la saison et travailler le physique, la tactique, etc. Pour cette reprise, j'ai voulu faire toucher le ballon aux joueurs, les mettre à l'aise, leur montrer qu'il y avait d'autres façons d'entraîner que celle qu'ils connaissaient. Les tests vont seulement arriver par la suite. L'année prochaine, je sais déjà que je commencerai les entraînements plus tôt. La préparation sera coupée en deux, pour permettre aux joueurs qui ont des enfants de bénéficier de quelques jours de congé en juillet. Mais, cette année, je n'ai pas voulu toucher au programme qui avait été établi par GeorgesLeekens. Ce programme ne comprend que deux jours de congé. C'est peu, mais on a beaucoup de choses à travailler ". Saint-Jean s'estime satisfait de cette première prise de contact : " Tout le monde était à l'heure, le terrain était très bon et la météo était clémente, que demander de plus ? J'ai senti tout le monde concentré. Normalement, un nouvel entraîneur essaye de marquer son autorité au premier faux pas, mais il n'y en a pas eu. J'ai huit nouveaux joueurs. En principe, c'est trop. Mais c'était indispensable, car on n'avait pas assez de choix offensifs. Lors du speech précédant l'entraînement, j'ai volontairement demandé à chaque joueur quelle était sa place préférée. Ils ont ainsi pu se rendre compte, par eux-mêmes, qu'ils étaient parfois quatre ou cinq à postuler pour une même place. Des joueurs, j'en ai assez. Et assez de qualité ? Je le pense, oui, mais peut-être pas assez d'expérience. Ce sera au staff technique d'inculquer cette expérience ". La communication occupe une place prépondérante dans les séances de Saint-Jean : " Je parle beaucoup, c'est vrai : cela permet aux joueurs de mieux comprendre ce que l'on attend d'eux. Je me charge de la communication collective. Mes assistants s'occuperont du travail individuel. Outre DirkDegrijse, je pourrai compter sur PhilippeCremers ". Le lendemain, on apprendra que Dugardein a décidé de rester. Pour Saint-Jean, c'est une première victoire. " J'avais accepté les départs de MboMpenza, LuigiPieroni et StephenLaybutt ", affirme le nouvel homme fort du Canonnier. " Celui de Steve, en revanche, n'était pas prévu. S'il était parti, on l'aurait remplacé. Mais Steve est un Mouscronnois, c'est pour cela aussi qu'il est important pour le club ". A la veille du départ pour un stage de dix jours à Spa, DominiqueD'Onofrio a convié ses joueurs à une dernière séance matinale sur le terrain 4 du Sart-Tilman. " A Spa, on commencera vraiment le travail de fond ", explique-t-il. " Ce matin, c'était un entraînement tout à fait normal ". AliyuDatti, de retour, y participe. Avant d'être prêté à un autre club ? AlmamiMoreira est toujours aux soins : il a passé une résonance magnétique qui a révélé une petite inflammation au niveau des adducteurs. Son retour n'est qu'une question de jours. Mais la grande nouvelle, c'est le retour de VedranRunje. " C'est une nouvelle magnifique ", se réjouit D'Onofrio. " Je le connais bien pour l'avoir côtoyé pendant plusieurs années. Il fut le meilleur gardien de Belgique puis de France. Je constate avec plaisir que les anciens reviennent volontiers à Sclessin. C'est significatif d'un nouvel esprit qui règne ici ". Dominique D'Onofrio se réjouit aussi du transfert définitif, mais beaucoup moins médiatisé, de KarelGeeraerts. " C'est un joueur polyvalent, capable d'évoluer aussi bien à droite que dans l'axe défensif. Il est jeune, il est Belge, il est... Limbourgeois. C'est bien pour les nombreux supporters que le Standard compte encore dans cette province. Il renforcera le noyau en qualité et en... mentalité. Quelles garanties a-t-il de jouer davantage ici qu'à Bruges ? Les Bleu et Noir ont un noyau de 35 joueurs. Les Rouches, de 24 ". L'entraîneur avoue, en revanche, qu'il n'a pas de nouvelles de Dugardein, et pour cause : celui-ci téléphonera dans la soirée à MichelPreud'homme pour lui signaler qu'il avait décidé de rester à Mouscron. Dominique D'Onofrio se fait aussi du souci pour les Uruguayens. " Cela a l'air de coincer à ce niveau-là ". Mais il se veut optimiste. " Vous voyez que, progressivement, le puzzle se met en place. D'autres joueurs pourraient arriver. Je fais confiance à la direction qui, ces derniers temps, a mené ce genre d'opération de main de maître. Mais, parfois, il faut attendre la bonne opportunité ". Commencer la préparation sans disposer de son effectif complet, est-ce l'idéal ? " Sans doute pas, mais j'y suis habitué. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est la coutume à Sclessin : cela devient général dans le football moderne. Certes, au niveau des automatismes, cela pourrait poser des problèmes, mais un grand joueur s'adapte facilement. On l'a vu la saison dernière : des joueurs comme EmileMpenza et GonzaloSorondo s'étaient rapidement fondus dans le collectif. Certes, l'espace d'une brève période, certains avaient eu du mal à accepter cette nouvelle concurrence, mais la concurrence fait partie du football ". EricDeflandre est déjà bien intégré : " L'ambiance est bonne et on travaille bien. La préparation est, certes, un peu différente de celle que j'avais connue à Lyon. Là-bas, les exercices étaient davantage effectués avec ballon. Ici, on a été soumis à toute une batterie de tests médicaux et physiques. On a travaillé la force, la vitesse, l'endurance. Mais je m'adapte partout ". Le Standard fut le premier club à reprendre le collier : il en est déjà à sa deuxième semaine d'entraînement. " On avait arrêté dès le lendemain du dernier match de championnat ", précise l'entraîneur. " J'estime que cinq semaines de vacances, c'est assez pour un organisme de sportif. Si l'on a commencé tôt, c'est aussi parce qu'il y avait ces tests à effectuer. En fonction des résultats de ceux-ci, les joueurs seront répartis en différents groupes pour le travail physique : certains ont davantage besoin de travailler l'endurance, d'autres la détente ou l'explosivité. Une sorte de carte d'identité de chaque joueur a été établie, qui permettra d'individualiser le travail ". Dès le premier entraînement, une polémique avait surgi : elle avait trait au brassard de capitaine, que la direction avait confiée à Eric Deflandre... en l'absence d' IvicaDragutinovic et d' AlmamiMoreira, respectivement capitaine et vice-capitaine la saison dernière, rentrés avec un jour de retard. A ce sujet, les choses semblent rentrer dans l'ordre. " J'ai eu une discussion avec Drago ", raconte Deflandre. " Il était très déçu par la manière dont il avait été dégradé. Mais il ne m'en tient pas rigueur. Il sait que je n'y suis pour rien. Ce brassard, je ne l'avais pas demandé. Au contraire, au départ, je ne tenais pas du tout à le porter : je voulais simplement m'intégrer au groupe. Sur l'insistance de la direction, j'ai accepté et je ferai tout pour m'en montrer digne. Drago a même commencé à m'aider et je dois louer sa mentalité ". " La direction a estimé que confier le brassard de capitaine à Eric était la meilleure solution ", intervient Dominique D'Onofrio. " Car il réunit tous les critères : il est Liégeois, il a une mentalité de battant, a été trois fois champion de France après l'avoir été en Belgique, est international. La direction m'a demandé ce que j'en pensais et j'ai donné mon approbation. Mais je ne suis pas intervenu outre mesure. Drago est déçu par cette décision, à juste titre, mais en bon professionnel, je crois qu'il va surmonter sa déception ". A l'image du Brussels, Charleroi n'a pas de terrain d'entraînement fixe. Après avoir ouvert la saison au stade Yernaux, les Zèbres ont déjà déménagé au complexe sportif de Bertransart, sur la route de Philippeville. Ce n'est pas un vrai stade de football, mais on s'en accommode. Et comme il n'y a pas de tribune, les rares spectateurs présents s'aménagent eux-mêmes un endroit plus confortable pour suivre la séance d'entraînement : ils vont chercher des bancs le long des courts de tennis adjacents. L'avantage, c'est qu'on peut déplacer cette tribune improvisée en fonction de l'endroit des activités. JackyMathijssen a divisé ses joueurs en trois groupes de six : les vareuses noires, les chasubles jaunes et les chasubles bleues. " Lorsqu'on demande un effort physique, six joueurs est un maximum ", estime le coach. " Car, plus le groupe est grand, plus cela devient facile de se cacher ". ToniBrogno constitue l'attraction. IzzetAkgül, le jeune attaquant de Namur, est déjà présent aussi, bien que tout ne soit pas réglé. Mais le noyau n'est pas encore au complet. " J'attends encore les décisions en ce qui concerne SébastienChabaud et AdekanmiOlufade ", relate Jacky Mathijssen. " En outre, avec les blessures d' IbrahimKargbo et de MustaphaSama, j'ai insisté pour que l'on engage un défenseur. De préférence, un stoppeur gaucher, qui puisse jouer à la fois dans l'axe et à l'arrière gauche. Mais ce n'est pas facile à trouver ". Caractéristique : dès le départ, tout l'entraînement se fait avec ballon. On commence par un exercice de jonglage. Puis, on enchaîne par un 4 contre 2 en une touche de balle. " Le ballon fait partie du jeu ", estime Jacky Matthijssen. " Je trouve donc logique de l'utiliser dans les exercices. La mise en place d'un système de jeu viendra plus tard. En cette première semaine, on poursuit deux buts principaux : le ballon et le physique. Qu'on ne s'y trompe pas : en s'adonnant à tous ces petits jeux, les joueurs travaillent aussi leur physique. Je ne suis pas partisan des simples courses à pied. Le plus facile, c'est d'installer deux cônes et de prendre un chrono. J'estime, pour ma part, qu'il est possible de trouver des exercices avec ballon où les mêmes paramètres physiques se retrouvent ". La séance se poursuit avec un 6 contre 6. Jacky Mathijssen intervient et s'adresse aux joueurs : - Deuxchosesimportantes : 1°Jeneperdspasleballon ! 2°J'adresseunepassefacilepourquemonpartenairepuisseenfaireunbonusage ! Enfin, on installe les buts. Et pendant qu'une partie du groupe livre un petit match à 5 contre 5, avec deux gardiens, arbitré par DanteBrogno, les autres joueurs s'adonnent à un 3 contre 3 sous les yeux du coach principal. " Beaucoup avaient l'impression que le petit match était l'exercice principal alors que les autres jouaient en attendant leur tour ", dit Mathijssen. " Il n'en était rien, au contraire : dans le jeu de ligne à 3 contre 3, l'objectif était surtout de travailler le physique. Deux minutes à trois contre trois, c'est tuant ". Sans s'en rendre compte, les Zèbres travaillent donc leur physique en s'amusant. Autre caractéristique : entre chaque exercice, un stretching est organisé. " Stretching et exercice ", précise Jacky Matthijssen. " C'est une combinaison des deux. En procédant de la sorte, on apprend aux joueurs à effectuer un exercice pendant une période considérée comme étant de repos : ils voient un partenaire qui s'exerce, et de ce fait, ne restent eux-mêmes pas inactifs. Dans deux semaines, tout le monde l'aura compris : je suis certain que lorsque je dirai : - Uneminutederepos, ils vont tous faire quelque chose d'utile ". La séance matinale se termine par des tours de terrain, qui durent un bon quart d'heure. Pour certains, cela devient long. û Encore quelques minutes, insiste Jacky Mathijssen. û Ne regardez pas l'heure, on continue. Et surtout, on reste ensemble ! Il se joint lui-même à un groupe pour les derniers tours. " C'est de l'endurance spécifique fractionnée ", explique-t-il. " Pour l'instant, ce sont encore de grandes fractions : deux minutes, une minute. Dès la semaine prochaine, cela diminuera : on ira vers des fractions de 20 secondes. Pour aller vers le physique nécessaire pour jouer un match ". A 12 h 30, les joueurs peuvent enfin retourner au stade pour prendre leur douche, puis rentrer chez eux. " Mes séances sont toujours très longues ", reconnaît Jacky Mathijssen. " Cela favorise l'endurance. Je préfère un seul entraînement fort long, de deux heures et quart, plutôt que deux entraînements plus courts. Après une période de vacances et d'activité faible, le corps doit réapprendre à travailler et à gérer des efforts physiques. En outre, si j'organisais deux séances, elles seraient plus courtes. Et, avec l'échauffement indispensable, on gagnerait tout au plus 20 minutes de travail véritable. Lorsque nous serons en stage, ce sera différent : là, il y aura deux entraînements. Toujours fort longs : celui du matin (consacré au physique et à la tactique) durera de 9 heures à 11 h 45, celui de l'après-midi (fait de jeux et de tirs au but) de 17 heures à 18 h 30. Entre les deux, les joueurs pourront se reposer ou recevoir des soins ". Mathijssen est placé face à un beau défi : il devra essayer de faire des résultats avec un noyau qui a lutté contre le maintien ces dernières années et qui a été peu renforcé. " J'ai perdu de l'expérience avec MiklosLendvai et VictorIkpeba ", analyse-t-il. " Ainsi que le petit extra qui était incarné par GrégoryDufer. J'aime aider à l'éclosion des jeunes û c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles on m'a engagé û mais il faut des jeunes de qualité. Si on est obligé de les aligner lorsqu'ils ne sont pas encore prêts, on ne les aide pas. On doit trouver, pour le 8 août, une équipe capable de gérer la pression. Après, très lentement, on pourra songer à introduire des jeunes dans des circonstances qui, je l'espère, seront devenues plus favorables. Oui, c'est un beau challenge. On m'a souvent affirmé que le problème de Charleroi ne résidait pas au niveau du talent. Aux joueurs de le démontrer. S'ils ne manquent pas de talent, le problème se situe donc ailleurs. Dans la mentalité, par exemple. J'essaie de convaincre mes joueurs que le métier de footballeur est formidable. Et que, plus qu'un métier, c'est une manière de vivre. Lorsque je leur accorde un après-midi de congé, c'est pour qu'ils se reposent. Ils doivent se trouver dans leur divan, devant la télévision, et pas ailleurs. A mes yeux, un joueur qui ne se repose pas manque de respect envers ses collègues, car c'est ensemble qu'on gagne des matches. Et si un membre du groupe n'est pas en forme, les autres en pâtiront. Il y a une chose que je veux absolument retrouver à Charleroi : c'est un esprit de groupe, une unité, un vestiaire qui comprend qu'il faut s'entraider ". Sous la houlette de Mathijssen, St-Trond avait souvent pratiqué du beau football. Différent du kickandrush traditionnellement en vogue au Staaienveld. " Je crois que j'étais parvenu à convaincre les joueurs qu'ils possédaient des qualités qu'eux-mêmes ne soupçonnaient pas. Ils n'avaient jamais réalisé qu'ils étaient capables de jouer autrement qu'en tapant le ballon devant. Je dois dire que je possédais un formidable atout en la personne de DannyBoffin ". Y a-t-il un Boffin à Charleroi ? " Si vous en voyez un, dites-le moi ! Celui qui s'en rapprochait le plus, c'était Grégory Dufer. Il est parti... " Daniel Devos" En principe, ce sont les joueurs eux-mêmes qui définiront LE STYLE DE JEU " (Albert Cartier) " N'adressez une passe que pour éLIMINER UN HOMME ! " (Emilio Ferrera) " Mon but est de rendre les joueurs INDIVIDUELLEMENT MEILLEURS " (Philippe Saint-Jean) " Un grand joueur S'ADAPTE FACILEMENT. On l'a vu avec Emile et Sorondo " (Dominique D'Onofrio) " Le plus facile, c'est d'installer deux cônes et de PRENDRE UN CHRONO " (Jacky Mathijssen)