Voilà plus de 20 ans qu'il a raccroché les crampons, mais Jean-Marie Pfaff est resté tel qu'on le connaissait : " Je suis fier de ce que j'ai accompli ", affirme-t-il. " Je n'oublierai jamais d'où je viens : d'un petit village de 10.000 habitants, dénommé Beveren. Je suis parti de la rue pour devenir une vedette mondiale. J'ai été reconnu comme le meilleur gardien de la planète alors que j'ai dû me contenter d'un minimum de matériel. Pour tout dire, le club ne fournissait même pas les gants. J'ai dû me les procurer moi-même. J'ai dû travailler à la poste et m'entraîner à 19 heures jusqu'à mes 29 ans, enfin j'exagère : jusqu'à mes 28 ans et demi, moment où j'ai signé au Bayern Munich. Lorsque je suis parti, on m'a dit que je ne resterais que six mois. J'y suis resté six ans. Au titre et à la Coupe de Belgique conquis avec un club aussi modeste que Beveren, j'ai ajouté trois titres et deux Coupes avec un grand d'Allemagne. Il ne m'a manqué que la Coupe des Champions. J'ai disputé la finale à Vienne, contre Porto, et j'ai été battu par cette talonnade de Rabah Madjer. Merci à Alex Ponnet, l'arbitre de la rencontre ! Juste avant le début du match, il m'a demandé de changer de maillot, parce que je jouais en bleu comme mon vis-à-vis portugais. Il ne pouvait pas le demander à mon opposant, non ? Il a fallu aller chercher la clef du vestiaire, car il était déjà fermé. J'ai directement perdu ma concentration... "
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Voilà plus de 20 ans qu'il a raccroché les crampons, mais Jean-Marie Pfaff est resté tel qu'on le connaissait : " Je suis fier de ce que j'ai accompli ", affirme-t-il. " Je n'oublierai jamais d'où je viens : d'un petit village de 10.000 habitants, dénommé Beveren. Je suis parti de la rue pour devenir une vedette mondiale. J'ai été reconnu comme le meilleur gardien de la planète alors que j'ai dû me contenter d'un minimum de matériel. Pour tout dire, le club ne fournissait même pas les gants. J'ai dû me les procurer moi-même. J'ai dû travailler à la poste et m'entraîner à 19 heures jusqu'à mes 29 ans, enfin j'exagère : jusqu'à mes 28 ans et demi, moment où j'ai signé au Bayern Munich. Lorsque je suis parti, on m'a dit que je ne resterais que six mois. J'y suis resté six ans. Au titre et à la Coupe de Belgique conquis avec un club aussi modeste que Beveren, j'ai ajouté trois titres et deux Coupes avec un grand d'Allemagne. Il ne m'a manqué que la Coupe des Champions. J'ai disputé la finale à Vienne, contre Porto, et j'ai été battu par cette talonnade de Rabah Madjer. Merci à Alex Ponnet, l'arbitre de la rencontre ! Juste avant le début du match, il m'a demandé de changer de maillot, parce que je jouais en bleu comme mon vis-à-vis portugais. Il ne pouvait pas le demander à mon opposant, non ? Il a fallu aller chercher la clef du vestiaire, car il était déjà fermé. J'ai directement perdu ma concentration... "Un petit nuage passe : " Ces performances sportives ont été accomplies sans négliger ma vie de famille, au contraire : je lui ai toujours donné la priorité. Je n'ai rien reçu en cadeau, j'ai dû me battre pour réussir. Je n'ai qu'un seul diplôme, c'est le diplôme de la vie. Mais il m'a emmené loin. "Jean- MariePfaff : L'épilogue. Le retour en Belgique, le monde sur la Grand-Place de Bruxelles, la réception chez le Roi Baudouin. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée. Surtout que cela intervenait après un tournoi aussi long et aussi dur. Plusieurs matches ont été aux prolongations, et pas des moindres : contre l'URSS, contre l'Espagne, contre la France... On a placé la Belgique sur la carte du football mondial. On a gagné le respect de toute la planète. Et pour moi, personnellement, c'était la récompense de tous les efforts accomplis pour en arriver là. Après ce qui a été accompli au Mexique, je me suis rendu compte que je ne pourrais plus jamais faire aussi bien, et comme je m'étais mis en tête d'arrêter au sommet, je me suis dit que je continuerais encore deux ou trois ans, puis que je raccrocherais les crampons. J'ai tenu parole : après le Bayern, que j'ai quitté alors qu'il me restait encore une année de contrat, j'ai encore joué au Lierse et à Trabzonspor, et c'est tout. J'aurais pourtant encore pu gagner beaucoup d'argent, mais cela n'a jamais été dans ma mentalité. J'ai bien gagné ma vie, mais je n'ai jamais joué pour l'argent. Le bonheur familial passait avant tout. Tout le monde parle encore de Mexico 86 avec beaucoup d'émotion. C'était Historique, avec un grand H. Cette année-là, on a démontré que lorsqu'on le voulait vraiment, on pouvait réussir. Le travail, la volonté dont on a témoigné pour repousser nos limites, mais aussi la solidarité dont on a fait preuve. C'était l'époque de la Belgique unie : Flamands, Wallons, Bruxellois, on ne formait qu'un seul et même groupe. Cette épopée avait commencé dix ans plus tôt, en 1976. On était allé chercher des joueurs un peu partout : pas seulement au Standard, à Bruges et à Anderlecht, mais aussi à Beveren, à Waregem et au Lierse. Des joueurs dont la mentalité seyait à la Belgique. Grâce à cela, on a joué la finale de l'EURO 80, on a participé à la Coupe du Monde 82 en battant l'Argentine lors du match d'ouverture, on a joué l'EURO 84 en France et on a terminé en apothéose au Mexique en 86. En apothéose, car ce tournoi restera toujours, dans l'esprit des gens, l'exemple le plus marquant de réussite sportive et économique. Le premier tour avait effectivement été difficile. Le championnat de Belgique avait exigé beaucoup d'énergie et généré beaucoup de tensions, avec ce test-match entre Anderlecht et Bruges qui étaient les deux principaux fournisseurs de l'équipe nationale. Une semaine plus tard, lorsque les Diables Rouges étaient réunis, les joueurs de ces deux clubs furent priés de tirer tous à la même corde. Cela ne s'est pas fait du jour au lendemain. Lorsqu'on a débarqué à Mexico, et qu'on a pris possession de nos chambres à l'hôtel Del Rey Inn de Toluca, les rivaux du championnat étaient subitement devenus des collègues, mais pas des amis. Je ne trouve pas. Michel D'Hooghe jouait de temps en temps du piano pour détendre l'atmosphère. C'était agréable. Personnellement, je n'ai jamais joué du piano, mais j'aimais l'écouter. On a tellement affabulé sur tout ce qui se serait passé à l'hôtel. Lorsque les épouses et compagnes sont venues nous rendre visite, la presse a utilisé le terme bus du sexe. Et quoi encore ? Certes, lorsqu'on revoit une chère moitié qu'on n'a plus vue depuis quatre semaines, on ne va pas se contenter d'un furtif regard à distance, c'est humain. Mais de là à parler de bus du sexe ? Il faut replacer tout cela dans son contexte. Pour un gardien, ce n'est jamais agréable d'encaisser. On était en Coupe du Monde, il y avait une qualification en jeu, c'est normal qu'on s'énerve un peu. On savait qu'il y avait quelques bons joueurs en face, mais pas du calibre de ceux qu'on allait rencontrer par la suite. Ce fut sans doute le match du siècle. Superbe, incroyable. Il y avait de vraies vedettes en face : le gardien Rinat Dassaev, avec sa dent en or et sa pointure 45 : l'attaquant Igor Belanov ; l'ailier Oleg Blokhin. Cette équipe soviétique avait réalisé un premier tour fabuleux et était considérée comme l'une des favorites du tournoi. Deux ans plus tard, elle allait d'ailleurs atteindre la finale de l'EURO 88, où elle s'est inclinée face aux Pays-Bas. N'oubliez pas que ce n'était pas simplement la Russie, elle comportait aussi des joueurs des autres républiques : l'Ukraine, la Géorgie, etc. Tout le monde s'attendait à ce qu'on soit battu avec quatre ou cinq buts d'écart. Et on a gagné 4-3, après prolongations. Oui, un déclic s'est produit, en ce sens qu'un groupe de collègues est effectivement devenu un groupe d'amis. On a formé une grande famille. Moi-même, je ne m'y attendais pas. Lorsque je suis monté sur le terrain et que j'ai croisé le regard de nos adversaires, je me suis dit : - Oh !Là !Là, qu'est- cequ'onvaprendreici ? En plus, il faisait terriblement chaud. Le match a commencé et on a encaissé le premier but. Mais on a complètement retourné la situation et la confiance, qui était soviétique au départ, a changé de camp. J'ai toujours cru en nos capacités, mais pas de là à réussir un tel exploit ! Il fallait pour cela que tout le monde effectue sa part de travail, qu'on évolue de manière disciplinée. On savait qu'individuellement, les Soviétiques étaient meilleurs, et donc on a fait corps. Ecoutez, on peut toujours dire du mal de quelqu'un, et émettre des critiques fondées ou non fondées. René a eu des mots, c'est exact. Sa vision n'était peut-être partagée par d'autres personnes dans le groupe, et il a osé dire son opinion, ce qui en soi est honnête mais est parfois mal perçu en Belgique. Personnellement, cela ne m'a jamais dérangé. Pour moi, tout le monde peut dire ce qu'il veut. L'Espagne venait de battre le Danemark 5-0. C'était un autre candidat au titre. Emilio Butragueño était au sommet de son art et il y avait d'autres cracks. Dans les tribunes, tous les Mexicains étaient d'origine espagnole, vous pouvez donc deviner pour quelle équipe ils allaient prendre parti. Il n'y avait que quelques dizaines ou centaines de Belges, mais ils ont su faire entendre leur voix et leur seule présence a constitué un stimulant extraordinaire. Ils nous ont encouragés au moment où il le fallait et je leur en suis extrêmement reconnaissant. Là encore, on a fait corps. J'ai toujours su organiser ma défense de façon à ce que l'adversaire se prenne les pattes dans la toile d'araignée : - Toitusurveillescelui- là, toi tu gardes un £il surcelui- là ! J'en ai souvent discuté avec Guy Thys : comment s'organiser tactiquement ? J'étais d'avis qu'il fallait s'appuyer sur une base solide à l'arrière, et à partir de là, réagir rapidement quand on entrait en possession du ballon. Lorsque celui-ci parvenait au centre-avant, il devait attendre que les joueurs de la deuxième ligne viennent lui prêter main forte. J'évitais aussi de dégager à l'aveuglette, je préférais servir calmement le ballon à l'un de mes défenseurs plutôt que de l'expédier au loin, cela permettait d'éviter que l'adversaire reprenne trop facilement le contrôle du ballon. Contre l'Espagne, on a parfaitement réussi cela. Pourtant, on a souffert énormément. Vous savez ce qu'il est advenu. C'est simple : je marchais jusqu'au point de penalty, j'allais discuter avec le tireur et avec l'arbitre, puis je retournais sur ma ligne de but et je me plaçais de façon à laisser un côté ouvert, en faisant semblant de ne pas être très concentré. Le tireur voyait ce côté ouvert et tirait généralement de ce côté-là... où je plongeais. Cela ne marchait pas toujours, mais cela a marché une fois contre l'Espagne et cela a suffi. Si l'arbitre n'avait pas sifflé en faveur des Argentins, on aurait gagné. On les avait battus quatre ans plus tôt, en match d'ouverture de la Coupe du Monde 1982 en Espagne. La mission n'était donc pas impossible. Si l'on veut. Mais je suis incapable d'inscrire des buts, au contraire de Maradona. Effectivement, comme je l'avais échangé avec Johan Cruijff après mon premier match contre les Pays-Bas. Quel honneur, n'est-ce pas ? Je connaissais Maradona depuis 1982, et ce match d'ouverture de la Coupe du Monde en Espagne. On se respectait mutuellement. Je ne sais plus, mais ce fut effectivement un grand moment. Cela vous étonne ? Avec Zan-Marie, tout le monde rit, même le Roi ! Ce n'est pas pour rien que l'on m'a surnommé El Simpatico. Ma mère me le disait déjà : - Ilvautmieuxrirequepleurer ! Je me suis toujours efforcé d'appliquer ce principe. Oui, elle est allé loin dans son strip-tease, n'est-ce pas ? Je ne la connaissais pas et je n'ai plus jamais eu de nouvelles d'elle par la suite, mais cela démontre à quel point les gens, en Belgique, berçaient dans l'euphorie la plus complète. C'était un homme qui savait ce qu'il pouvait nous dire et ce qu'il ne pouvait pas nous dire. Je l'ai connu à Beveren et en équipe nationale. C'est lui qui est venu me chercher en 1976, pour prendre la succession de Christian Piot après ce match perdu 5-0 aux Pays-Bas alors qu'il revenait d'une grave blessure au genou. C'est sans doute la seule erreur que Thys ait commise au cours de sa carrière : il n'aurait jamais dû l'aligner, il ne lui a pas rendu service. J'étais plein d'ambition à ce moment-là. Je ne dis pas que j'aurais évité la défaite, mais ce 5-0 a fait mal. Je me suis toujours bien entendu avec Thys. Il n'avait pas besoin de me donner beaucoup de conseils, il savait à qui il avait affaire. Je suis un vrai professionnel, je suis attentif aux moindres détails. Il préparait bien ses matches, mais il avait une très bonne relation avec Rik De Saedeleer, le commentateur de la BRT, l'ex- VRT, la télévision publique flamande. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est ce dernier qui composait l'équipe, mais les journalistes étaient souvent au courant du 11 qui allait être aligné avant les joueurs eux-mêmes. Ils discutaient parfois en sirotant un whisky et en fumant un cigare. On en pensera ce qu'on voudra, mais je trouve qu'on a tiré profit de cette relation entre De Saedeleer et Thys. Un bon entraîneur doit aussi être à l'écoute. Et je crois que Thys était assez malin pour, en fin de compte, prendre une décision lui-même. J'estime qu'il faut respecter ces gens qui ont apporté beaucoup au football belge. Aujourd'hui, le mot respect est très à la mode à l'Union belge, mais je constate très peu de respect dans les faits. Surtout vis-à-vis des anciens. A l'étranger, des gens comme Bobby Charlton, Johan Cruijff ou Franz Beckenbauer sont des sommités. On a de bons joueurs, mais pas encore de véritable équipe. J'ai l'impression qu'un Vincent Kompany, par exemple, peut encore apporter beaucoup plus qu'aujourd'hui. Il est capable d'évoluer en marquage sur un attaquant adverse, mais combien de fois ose-t-il s'aventurer dans le camp adverse avec le ballon ? Il sait que s'il le perd, il laisse un boulevard derrière lui. Ce n'est pas possible, il faut qu'il soit automatiquement couvert. Quand j'ai vu la composition face à la Turquie, je me suis fait une réflexion : Nacer Chadli joue sur le flanc gauche au FC Twente, Eden Hazard en fait de même à Lille, ce qui lui permet de rentrer dans le jeu et de frapper du pied droit. Et là, ils étaient alignés tous les deux. Je me suis dit : - Ohlà, Georges, tuvasavoirunproblème ! Marvin Ogunjimi, c'est un attaquant qui pèse sur les défenseurs adverses, qui exerce un pressing sur eux, mais qui, lorsqu'il reçoit un ballon, est incapable de le conserver. Certains se réfugieront derrière l'absence de Romelu Lukaku, mais c'est encore un gamin de 18 ans, on ne peut tout de même pas lui faire porter tout le poids des responsabilités ? C'est bien d'avoir des jeunes talents, maintenant il faut des résultats. L'esprit ! L'équipe de Mexico 86, on a mis dix ans à la construire. Et puis, aujourd'hui, lorsque cela ne va pas, on cherche toujours un bouc émissaire. Ce n'est pas comme cela qu'on y arrivera. On a de bons gardiens, effectivement. Très jeunes aussi, c'est vrai. Mais regardez Thibaut Courtois : il est devenu titulaire parce que le Hongrois, qui jouait la saison dernière, a eu des problèmes administratifs. Il a été projeté dans l'équipe du jour au lendemain et s'en est sorti de façon fantastique, c'est très bien. Il a été champion c'est déjà un plus aussi, mais avant d'en faire une vedette mondiale, il faut attendre qu'il ait au moins joué quelques matches européens. Et puis, comment réagira-t-il au premier contretemps ? Jusqu'à présent, il n'a pas encore été blessé, n'a pas encore commis une erreur fatale qui entraîne une défaite. La manière dont il se remettra permet aussi de distinguer les grands gardiens des autres. Simon Mignolet ? D'accord, il a sorti un grand match en Autriche. Je ne veux pas diminuer ses mérites, mais il faut aussi se rendre compte que cette Autriche-là est dé-sormais une équipe très moyenne. Il n'y a plus de Hans Krankl, plus de Robert Prohaska. Le problème des jeunes gardiens, c'est qu'ils doivent encore apprendre à diriger. Jadis, je guidais sans cesse mes défenseurs. Je leur criais : - Agauche, àdroite, attention àcelui- là ! Je devais savoir jusqu'où je pouvais aller, parce que si je criais trop avec Eric Gerets, Michel Renquin ou Luc Millecamps, ils m'auraient rétorqué : - Zan- Marie, c'estbon, onn'estplusdesnovices ! Nico de Bree était aussi un gueulard. Je ne vois plus cela aujourd'hui. Comme je ne vois plus des gardiens qui règnent en maître dans leurs 16 mètres et bousculent tout sur leur passage. Notre championnat a, par ailleurs, beaucoup perdu en qualité. Lorsque je vois qui y joue... Jadis, une équipe ne pouvait aligner que trois étrangers. C'étaient de vrais renforts. Aujourd'hui, on a du mal à compter les mercenaires. Il n'y a plus d'âme dans ces équipes. Avant, il y avait plus de personnalités, plus de leaders, qui pouvaient diriger les autres. Je ne fais pas de politique. J'adore la Belgique. Je me sens Belge, même si je parle très mal le français. Je n'ai jamais ressenti l'utilité de l'apprendre. Dans les régions où j'ai évolué, le néerlandais, l'allemand et un peu d'anglais me suffisaient. Mais je comprends l'essentiel lorsqu'on me parle en français, et je sais prononcer quelques mots utiles comme " Bonjour " ou " Comment allez-vous ? " Chaque fois que je me rends en Wallonie, je suis d'ailleurs accueilli très chaleureusement. Jean Nicolay était mon idole. J'ouvrais de grands yeux lorsque j'allais jouer au Standard et que je le croisais. Et Christian Piot est toujours un ami, j'ai été invité à son mariage. Le langage du football est universel. PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS: REPORTERS/ GOUVERNEUR" J'ai fait rire le Roi Baudouin aux éclats. Ce n'est pas pour rien qu'on me surnommait El Simpático. " " Ce 4-3 contre l'URSS fut le match du siècle. Il a placé la Belgique sur la carte du football mondial "