En Espagne et en France, deux matches ont donné lieu à des scènes de hooliganisme la semaine dernière.
...

En Espagne et en France, deux matches ont donné lieu à des scènes de hooliganisme la semaine dernière. Mercredi soir, le derby sévillan entre le Betis et le FC Séville a été arrêté après qu'à la 57e minute, l'entraîneur du premier du classement, Juande Ramos, a été touché à la tête par une bouteille de 1,5 litre contenant un mélange d'eau et de glace. Il a été évacué à l'hôpital le plus proche d'où il est sorti le lendemain, les médecins n'ayant constaté qu'un " simple traumatisme crânien ", mais ils ont aussi dit que, pour le même prix, le projectile aurait pu le tuer. Le FC Séville menait 0-1 dans ce quart de finale de la Coupe du Roi. La fin de match sera rejouée. Samedi soir, le match de L1 St- Etienne - Lyon a été interrompu pendant vingt minutes car les forces de l'ordre ont dû envoyer des gaz et intervenir dans les gradins. Finalement, les Gones ont gagné 1-3, de nombreux hooligans ont été arrêtés et certains placés en garde à vue. On est bien obligé de se dire que ces deux rencontres auraient pu tourner encore plus mal. Dans les pays concernés, on va bien sûr punir les fauteurs de troubles mais également stigmatiser l'attitude des présidents des quatre clubs concernés. Et pourquoi pas les punir eux aussi pour incitation à la violence ? En Espagne, les deux présidents ( Manuel Ruiz de Lopera pour le Betis et Jose Maria Del Nido pour le FC) avaient passé la quinzaine de jours précédente à s'agresser verbalement. En arrivant au stade, quand le FC voulut entrer dans son vestiaire, il fit marche arrière car il avait été rincé à l'ammoniaque... et deux heures plus tard, l'ambulance de son coach s'élança sous une pluie de pierres ! Pour la petite histoire, Del Nido reçut une bille de verre sur le nez. Ramos fut très clair : " Les vrais responsables sont les dirigeants. A cause de leurs déclarations, menaces, sous-entendus... Quel bel exemple pour les supporters ! ". En France, Jean-Michel Aulas, le président de l'OL et Bernard Caïazzo (un des deux co-présidents de l'AS St-Etienne) ont mis le feu aux poudres pareillement. Ils se livrèrent à un malsain ping-pong médiatique, envoyant dans le camp de l'autre des déclarations de haine et de démagogie. Voilà comment le derby du Lyonnais a atteint autant de sommets de barbarie que bien plus au sud. Et chez nous ? Dans La DH Les Sports de mercredi passé, Christian Hubert rappelle dans sa Dernière Humeur (" Les violents banalisés comme les tricheurs ?") que " du côté de Charleroi, des dirigeants laissent entendre qu'ils ne pourraient pas garantir la sécurité de certains journalistes si ceux-ci se présentent au stade. Et il en est qui trouvent cela normal. C'est grave, docteur, non ?" Si, très grave. D'autant qu'à Charleroi, les rapports plus que tendus avec la presse ne se limitent plus qu'à Sport/Foot Magazine mais débordent, comme on l'avait prévu, vers tous les médias faisant preuve d'indépendance. La semaine dernière, dans un grand hôtel bruxellois, des dirigeants carolos avaient prévu un rendez-vous avec Jean-Jacques Jespers, journaliste de la RTBF et professeur en techniques du journalisme et déontologie de la presse à l'Université libre de Bruxelles. " Ils voulaient que je leur donne mon avis sur un article bien précis ", nous a-t-il dit. " Mais je ne les ai pas vus car je revenais à peine du Burkina Faso ". Par contre, Jespers a renseigné une autre personne au Sporting : " Guy Delhaye, un copain qui s'occupe de relations publiques ". Contacté par nos soins, ce dernier nous a appris que " Charleroi cherche des gens qui peuvent les conseiller dans leurs rapports avec la presse, c'est vrai. Mais je ne peux rien vous dire de plus. Moi, j'ai été en contact avec eux par hasard ". C'est touchant de savoir que le Sporting de Charleroi commence à comprendre qu'il a un problème. Mais Jespers, mis au courant de la façon dont ce club traite la presse, va-t-il encore accepter de le rencontrer ? La réponse était très claire : " Non ". PAR JOHN BAETE