Dick Advocaat est à la fois systématique et nuancé.
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Dick Advocaat est à la fois systématique et nuancé. Exemple n°1 : il part d'un système et puis place aux positions requises les joueurs dont il a besoin pour l'animer. " C'est pour ça que je devrai parfois prendre des joueurs qui ne jouent pas nécessairement toutes les minutes dans leur club ", dit-il. " Mais ça ne veut pas nécessairement dire que ça affaiblit l'équipe (nationale). Tous les Belges ne sont pas titulaires dans leur club, souvent parce que ce dernier est bon... ". Exemple n°2 : " Je pars en principe d'un 4-3-3, mais il faut toujours pouvoir s'adapter si besoin est. "On a hâte de voir de quelle manière Advocaat va gérer son projet diabolique. S'il parvenait à obtenir un rendement qualité/résultats identique à celui de Zenit Saint-Pétersbourg, on sera ravi. Souvenez-vous du jeu à la fois inspiré mais aussi très organisé de l'équipe chère au président russe Dmitry Medvedev. Equipe compacte, pressing intense et lignes de passes limpides, le collectif permettait au talent de s'exprimer. Et si le talent n'exécutait pas les directives : direction le banc. La nouvelle star d'Arsenal Andrei Arshavin s'y est retrouvée pour ne pas avoir assez bien écouté... Advocaat fait penser à ces guides de haute montagne habitués à mener leurs clients au sommet. Bien sûr, en montagne comme en football, un accident peut toujours arriver mais généralement ça se passe bien. L'Himalaya des clients d'Advocaat, c'est l'EURO 2012. Mais il peut également apporter quelque chose au niveau des clubs. Une nouvelle ouverture d'esprit, basée sur une exigence améliorée, dont on voit des frémissements auprès des clubs belges en Ligue des Champions et en Europa League. C'est la mode : Ariel Jacobs a lancé la défense à cinq à Zagreb et Laszlo Bölöni l'a imité mardi soir suivant à Alkmaar. Jeudi dernier, face à l'Ajax Amsterdam, Anderlecht a de nouveau joué à cinq derrière. Premier constat : heureusement que Sinan Bolat à l'AZ et Silvio Proto face à l'Ajax ont sorti un gros match. Autrement, on pouvait oublier le match nul. Deuxième constat : une défense à cinq est sans doute intéressante défensivement mais aussi offensivement,... à condition d'avoir des backs qui montent et qui percutent, mais ce ne fut le cas ni pour le Standard ni pour Anderlecht ! Troisième constat : quand on joue à cinq derrière, il faut assurer une transition hyper rapide en pointe... ce que le Standard ne fait plus aussi bien (il souffre de l'absence pour blessure de son super-passeur Steven Defour), et qu'Anderlecht est incapable de réaliser à partir du moment où Mbark Boussoufa n'est pas capable d'accélérer le jeu au niveau européen. Dernier constat européen : même si les deux plus grands clubs belges ont été dominés, ils ont à chaque fois égalisé en fin de match, ce qui prouve que quand ils pensent un peu à attaquer, les dividendes tombent. Dommage, alors, qu'ils aient autant subi face aux Hollandais ! Dimanche, Anderlecht a pris la pâtée au Club Bruges et le Standard a gagné petit bras face à Genk. Particularité commune : les deux équipes jouèrent avec quatre défenseurs ! Pour le champion et le vice-champion, les réponses ne sont pas faciles à trouver. Le Standard est incapable de jouer de façon aussi conquérante que la saison passée tant la différence de qualité du onze de base est criante. Du coup, l'équipe est mentalement un peu fragilisée : elle joue trop sur les talons et pas assez sur la pointe des pieds. Anderlecht, lui, affronte une avalanche de blessures et devrait sans doute chercher son salut en alignant Tom De Sutter et Romelu Lukaku en pointe. Le Club Bruges est la bonne surprise de la semaine. Doucement secoués à Toulouse ( Stijn Stijnen a aidé...), les Blauw en Zwart sont revenus à 2-2 et étaient très pointus dimanche. La preuve que les nombreux changements d'effectif et adaptations tactiques (même en matches !) effectués par Adrie Koster depuis trois mois ont payé ? PAR JOHN BAETE"Advocaat peut-il, aussi, apporter une nouvelle ouverture d'esprit aux clubs belges, basée sur une exigence améliorée ?"