Depuis le début de la saison, le Cercle Bruges est hot et le voici troisième devant Anderlecht qu'il recevra dimanche prochain ! Malgré la venue au stade Jan Breydel d'adversaires aux noms peu ronflants comme Zulte Waregem, le FC Dender et Saint-Trond, entre autres, l'association (ne dites surtout pas club car ce mot donne de l'urticaire aux dirigeants Vert et Noir) a enregistré une croissance de spectateurs de l'ordre de 15 % par rapport à la défunte campagne : 6.320 fans au lieu de 5.670. La raison de cet engouement ? De meilleurs résultats - l'équipe totalisait déjà 9 points après 5 journées alors qu'au cours des deux exercices précédents elle ne comptait qu'une seule et maigre unité à ce moment de la compétition - mais aussi et surtout un jeu pétillant : 15 buts déjà en l'espace de 5 joutes à domicile (les deux autres formations accueillies étant La Gantoise et le Germinal Beerschot), ce qui correspond à peu de choses près à la moitié des goals (31) paraphés par les avants brugeois sur l'ensemble du championnat 2006-07. Et samedi passé, les Brugeois écrasaient les Malinois 0-4...
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Depuis le début de la saison, le Cercle Bruges est hot et le voici troisième devant Anderlecht qu'il recevra dimanche prochain ! Malgré la venue au stade Jan Breydel d'adversaires aux noms peu ronflants comme Zulte Waregem, le FC Dender et Saint-Trond, entre autres, l'association (ne dites surtout pas club car ce mot donne de l'urticaire aux dirigeants Vert et Noir) a enregistré une croissance de spectateurs de l'ordre de 15 % par rapport à la défunte campagne : 6.320 fans au lieu de 5.670. La raison de cet engouement ? De meilleurs résultats - l'équipe totalisait déjà 9 points après 5 journées alors qu'au cours des deux exercices précédents elle ne comptait qu'une seule et maigre unité à ce moment de la compétition - mais aussi et surtout un jeu pétillant : 15 buts déjà en l'espace de 5 joutes à domicile (les deux autres formations accueillies étant La Gantoise et le Germinal Beerschot), ce qui correspond à peu de choses près à la moitié des goals (31) paraphés par les avants brugeois sur l'ensemble du championnat 2006-07. Et samedi passé, les Brugeois écrasaient les Malinois 0-4... En Flandre, on dit que le Cercle ne fait plus figure de nos jours de grijze muis (souris grise), grâce à son nouvel homme fort, Glen De Boeck. Avec son prédécesseur, Harm van Veldhoven, le petitBruges apparaissait comme une phalange bien organisée mais peu créative et ce, nonobstant la présence au sein de son attaque de deux avants authentiques Espoirs : Stijn De Smet et Tom De Sutter. Le mérite de Boeckie, à l'occasion de ses débuts comme coach, aura été d'adjoindre à ce duo un garçon d'expérience qu'il connaissait sur le bout des doigts pour avoir évolué avec lui pendant une dizaine d'années au RSCA : Oleg Iachtchouk. Délivré à la fois de ses tourments physiques et des matches à répétition qui constituaient son lot au Parc Astrid, le Belgo-Ukrainien donne aujourd'hui la pleine mesure de ses possibilités à son nouvel employeur. Il n'est d'ailleurs pas le seul ex-Sportingman à le faire puisque son compagnon de route journalier de Bruxelles vers la Venise du Nord n'est autre que Besnik Hasi qui, à près de 36 ans, apporte lui aussi tout son vécu à la jeune garde brugeoise. Pour les trois hommes, l'heure est aux retrouvailles avec leurs anciens complices du Sporting le week-end prochain. Avec comme enjeu - qui l'eût cru voici quelques semaines à peine - un renforcement ou non de la préséance au classement général. Car après avoir déjà fait fureur en devançant le voisin et ennemi du Club au soir des sixième et septième journées, le Cercle s'est même permis de précéder les Mauve et Blanc après neuf rencontres. Une double perf historique qui a eu ses répercussions hors frontières puisqu'il est acquis que lors du derby, programmé le 9 novembre, la BBC effectuera un reportage sur ce club - pardon, cette association - pas comme les autres... A choisir, De Boeck aurait préféré rester un an de plus dans le sillage de Frankie Vercauteren, auquel il avait été associé, en tant qu'adjoint, le 7 février 2005, après le limogeage d' Hugo Broos. C'est qu'il estimait avoir encore beaucoup à apprendre de celui qui l'avait appelé à ses côtés alors que son avenir footballistique était entouré d'un point d'interrogation après une nième opération au genou. Vercauteren ne souhaitait rien tant, d'ailleurs, que de prolonger lui aussi une association qui avait pleinement porté ses fruits, puisque synonyme de deux titres en 2006 et cette année. Mais les dirigeants du RSCA, Herman Van Holsbeeck en tête, ne l'entendaient nullement de cette oreille, préférant jouer la carte d' Ariel Jacobs, soi-disant plus polyvalent et, surtout, moins ambitieux que Boeckie... Quatre mois après, celui-ci n'a toujours pas digéré totalement cette rupture abrupte après 12 années de bons et loyaux services, comme joueur d'abord, puis comme assistant : " J'aurais préféré qu'on me dise la vérité en face plutôt que de l'apprendre par le truchement des journaux ". Ce qui ne l'a pas empêché de rebondir très vite puisque dès la mi-avril il était appelé à prendre la succession de Harm van Veldhoven, en partance pour le Germinal Beerschot. Sa nomination, a priori, avait de quoi surprendre, dans la mesure où l'Anversois n'excipait d'aucun vécu comme coach principal. En outre, sa saine arrogance avait de quoi détoner aussi dans un milieu des plus feutrés, comme celui du Cercle où le brave Frans Schotte fait indéniablement figure de président le moins médiatisé de l'élite. Pourtant, au bout d'une vingtaine de minutes d'entretien à peine, le courant était plutôt bien passé entre les deux hommes. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il en est allé strictement de même entre le nouveau coach et ses joueurs. Au départ, pourtant, certains avaient leurs appréhensions. Comme Denis Viane, qui redoutait que le football rigoureux du Cercle ne se mue en jeu défensif, vu le passé d'arrière central de Boeckie. Mais c'était mal connaître le bonhomme, adepte au contraire de l'offensive à tout crin. " Pourquoi viser 10 nuls par saison si 5 victoires et autant de défaites permettent d'engranger plus de points ", telle était la teneur de son discours à l'heure des présentations officielles. Et l'ex-T2 du RSCA s'y est tenu par la suite, en dépit d'une entame laborieuse : 3 sur 9, fruits d'une victoire at home contre Zulte Waregem (2-0) et de deux revers away face à Genk d'abord (3-1) puis au Standard (4-1). " Malgré ces défaites, nous n'en sommes pourtant pas revenus à une approche plus prudente ", témoigne Jimmy De Wulf. " Au contraire, nous avons continué à aller résolument de l'avant, tantôt en 4-3-3, tantôt en 4-5-1 avant d'en arriver à un 4-2-3-1 qui nous va réellement comme un gant ". Dans cette disposition, Besnik Hasi et Sergyi Serebrennikov font office de pare-chocs devant la défense tandis que Honour Gombani, De Smet et Iachtchouk sont chargés de l'approvisionnement de l'avant le plus avancé, De Sutter. " Avant, on procédait souvent par de longues balles à suivre ", souligne De Smet. " A présent, tout se déroule de manière plus méthodique. On prend le temps de bien combiner et ça nous réussit. C'est fou le nombre de fois où l'un de nous s'est déjà présenté seul devant le gardien opposé. Face à La Gantoise et Saint-Trond, nous avons vraiment cisaillé la défense adverse de la sorte. C'est le mérite du coach qui nous fait répéter ces séquences à l'entraînement. Et qui nous éveille aussi à l'ambition. Je me surprends à parler du Cercle, aujourd'hui, alors qu'auparavant, mon employeur était toujours, pour moi et pour beaucoup, le Cercletje. C'est vrai que quand on voit notre position actuelle, le diminutif n'est plus de mise ". Que serait-il donc advenu d'Iachtchouk si sa musculature avait été à l'aune de son talent ? Il est fort probable, dans ce cas, qu'il militerait toujours à Anderlecht sous la forme d'un box-to-box cher au manager Van Holsbeeck. Car abstraction faite de sa fragilité aux adducteurs qui l'aura contraint à passer quatre fois sur le billard en une dizaine d'années, il avait tout, absolument tout, pour s'imposer dans ce registre : un souffle inépuisable, un volume de jeu sans pareil ainsi qu'un sens du but particulièrement aiguisé. De Johan Boskamp à Hugo Broos, en passant par Aimé Anthuenis, tous les mentors du RSCA l'ont toujours tenu en très haute estime, maugréant plus souvent qu'à leur tour de n'avoir pu l'utiliser que de manière épisodique. Seul Vercauteren faisait exception à la règle générale. Il est vrai que le mot disponibilité, auquel le coach du Sporting tient comme à la prunelle de ses yeux, n'était inscrit qu'en caractères minuscules dans le dictionnaire personnel de Tchouki en raison de tous les avatars physiques qu'il a connus. Aussi, l'année passée, après dix saisons de vie au Parc Astrid, l'heure de la séparation avait-elle sonné. En Belgique, le joueur eut, certes, l'une ou l'autre touche avec des clubs. Mais de Lokeren à Westerlo, ses statistiques, avec 119 rencontres au compteur, la plupart partielles, sur une décennie, firent reculer les dirigeants. De fait, seuls ceux d'Ergotelis, modeste club crétois, étaient prêts à l'accueillir. Non sans avoir pris leurs précautions car eu égard au lourd vécu hospitalier de l'intéressé, ils n'étaient nullement disposés à casser leur tirelire. Pas question du moindre fixe, dès lors, mais, en lieu et place, une rémunération par minute de jeu réellement prestée. Sage décision mais mauvais calcul, finalement, car l'ex-Anderlechtois n'a jamais mieux gagné sa vie qu'en Grèce où il a disputé, en 2006-07, un joli total de 26 rencontres, la plupart dans leur intégralité. " La plage, dans toutes les acceptions du terme, m'a fait un bien fou ", dit-il à propos de cette période. Une double allusion à sa vie en bord de mer mais aussi aux heures de repos dont il aura bénéficié par rapport à sa période anderlechtoise : " Au Sporting, c'était toujours la même rengaine. Quand les autres reprenaient le collier, moi je cassais la baraque, car je sortais toujours de longs mois de convalescence. Mais dès l'instant où les matches s'accumulaient, en championnat et en coupe d'Europe, je devais décrocher car mon organisme ne suivait plus. J'ai peut-être eu tort d'avoir toujours voulu forcer les événements à chaque reprise. J'étais tellement mal à l'aise après ces multiples absences que j'avais toujours à c£ur de rattraper le temps perdu. C'est sans doute pour cette raison que j'ai multiplié les rechutes. L'âge aidant, j'ai appris à me ménager. Dès que je ressens la moindre gêne, je n'insiste plus, avec la bénédiction du coach. Autrefois, dans les mêmes circonstances, je mordais sur ma chique et, dans la foulée, j'aggravais également la douleur. Si j'avais été plus prudent, peut-être ma carrière aurait-elle pris une tout autre tournure et aurais-je, qui sait, réalisé mon rêve : jouer en Espagne. Mais, la trentaine en vue, je ne regrette rien. J'ai vécu une formidable aventure au RSCA, à qui j'ai donné dix ans de ma vie et, à présent, je prends pleinement mon pied dans mon nouvel entourage. Je marque, je donne des ballons décisifs. Je nage en plein bonheur ". par bruno govers