Anderlecht a affronté un grand nom, pas une grande équipe.

Malgré sa victoire (1-2), Valence n'a pas laissé une grande impression à Bruxelles. Son passé est prestigieux mais, actuellement, c'est un grand nom, pas une grande équipe. Ce fut une des plus faibles formations vues à Anderlecht en Ligue des Champions. Valence s'est italianisé, doit encore intégrer ses transferts dans tous ses secteurs et s'est présenté sans quatre ou cinq titulaires. En deuxième mi-temps, les Espagnols furent incapables d'aligner trois passes d'affilée. Valence n'a jamais pris le moindre risque. Les deux arrières ailes ont sans cesse transmis le ballon aux milieux excentrés ou au deuxième attaquant.
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Malgré sa victoire (1-2), Valence n'a pas laissé une grande impression à Bruxelles. Son passé est prestigieux mais, actuellement, c'est un grand nom, pas une grande équipe. Ce fut une des plus faibles formations vues à Anderlecht en Ligue des Champions. Valence s'est italianisé, doit encore intégrer ses transferts dans tous ses secteurs et s'est présenté sans quatre ou cinq titulaires. En deuxième mi-temps, les Espagnols furent incapables d'aligner trois passes d'affilée. Valence n'a jamais pris le moindre risque. Les deux arrières ailes ont sans cesse transmis le ballon aux milieux excentrés ou au deuxième attaquant. Il n'était pas question de s'appuyer en zone offensive sur les deux pare-chocs Mohamed Sissoko et Ruben Baraja. Ceux-ci évoluaient au c£ur d'un no man's land. Valence redoutait une pression mauve dans l'axe et a vidé ce secteur de toute intention offensive par crainte de pertes de balles. Or, du temps de sa splendeur, Valence partait de là afin de structurer son jeu. Anderlecht a une fois de plus changé de système avec, notamment, Christian Wilhelmsson en homme libre. Ce concept était intéressant face à ce Valence-là. Hélas, la défense a flanché comme c'est souvent le cas en Ligue des Champions. Les arrières mauves ne pensent pas à la même chose au même moment. Leur défense à plat ressembla souvent à tout mais pas à une ligne droite. Rien ne vaut la stabilité si on veut avoir une grande défense. Or, Anderlecht n'a jamais aligné deux fois la même défense en Ligue des Champions. Dans ces conditions, il est difficile de créer un bloc cohérent. Certains réclament désormais la fin de la défense en zone mais le marquage individuel est aussi difficile à mettre en place que la ligne. C'est la fête à Turin car la Juve s'est emparé de 15 points sur 15. Et cela en gagnant cinq fois sur un score Arsenal, comme on disait autrefois. On peut désormais parler de résultat façon Juventus. Ce n'est évidemment pas le fruit du hasard. Tout est préparé, pesé, calculé et la prise de risques s'élève à 0,0 %. La Juventus ne lâche rien, n'est jamais prise en contres, n'encaisse pas de buts sur les phases arrêtées et peut compter sur un immense gardien de but, Gigi Buffon. Comme quasiment 70 % de buts sont inscrits sur contres et coups francs, cela ne laisse que de miettes offensives aux malheureux adversaires de la Vieille Dame. S'il se passe quelque chose de neuf, c'est en Coupe de l'UEFA que cela se passe. Il faut absolument suivre AZ Alkmaar, le club entraîné par Co Adriaanse. Les Hollandais viennent de manger les Polonais d'Admica Wroncki (0-3) après avoir pris la mesure d'Auxerre (2-0). L'équipe de Stein Huysegems respecte la culture footballistique hollandaise mais innove avec un arrière central, Barry Opdam, qui met sans cesse le nez à la fenêtre, oblige ses deux médians défensifs à monter d'un cran. En phase offensive, c'est impressionnant, frais, nouveau, intéressant. L'équipe réfléchit, pense et agit sans cesse en bloc. AZ est un ensemble parfaitement rôdé et aussi bien organisé que les équipes italiennes. Rien n'est laissé au hasard et il y a beaucoup de travail derrière cette réussite. Les attaquants n'hésitent pas à défendre. En Coupe de l'UEFA aussi, le Standard a joué à la liégeoise et Bruges à la brugeoise. Ce ne fut pas toujours évident mais les deux succès belges sont mérités. En deuxième mi-temps, bien soutenu par son public, le Standard a surfé sur la vague de l'émotion. Le c£ur parlait. C'est bien mais il y a eu des vulnérabilités et Vedran Runje a dû sortir deux ou trois fois le grand jeu face à un attaquant adverse. Le Standard avance et on en saura plus sur ses potentialités après le grand test à Besiktas.n Pierre Bilic