L'étalage fourmille de maillots de Manchester United, de la Belgique, de Marseille ou du Real Madrid... Toutes les plus grandes équipes du monde sont présentes, mais Cédric Roussel ne fait que passer à côté sans y prêter attention. Pour celui qui a vécu près de 20 ans dans le foot pro, disputé une quarantaine de matchs de Premier League et fini meilleur buteur de D1 belge en 2003, le foot, c'est terminé. Depuis cinq mois, le Montois arpente les rayons de chez Intersport et s'occupe de sa nouvelle passion : le running. " Pour moi, ce n'est pas un travail, c'est un pur plaisir : je parle de jogging toute la journée, je fais passer des tests pour voir quel type de coureur est le client pour lui vendre ce dont il a réellement besoin, ... Je suis heureux dans ce que je fais. Le foot, ça ne me dit plus rien. " Et le divorce avec le ballon rond n'a pas été difficile à sceller pour l'ancien Standardman. Ça s'est passé un dimanche lors d'une banale rencontre de P2 hennuyère. " C'était le match de trop ", se souvient Cédric. " De la boue, un mauvais jeu, du froid... Je suis reven...

L'étalage fourmille de maillots de Manchester United, de la Belgique, de Marseille ou du Real Madrid... Toutes les plus grandes équipes du monde sont présentes, mais Cédric Roussel ne fait que passer à côté sans y prêter attention. Pour celui qui a vécu près de 20 ans dans le foot pro, disputé une quarantaine de matchs de Premier League et fini meilleur buteur de D1 belge en 2003, le foot, c'est terminé. Depuis cinq mois, le Montois arpente les rayons de chez Intersport et s'occupe de sa nouvelle passion : le running. " Pour moi, ce n'est pas un travail, c'est un pur plaisir : je parle de jogging toute la journée, je fais passer des tests pour voir quel type de coureur est le client pour lui vendre ce dont il a réellement besoin, ... Je suis heureux dans ce que je fais. Le foot, ça ne me dit plus rien. " Et le divorce avec le ballon rond n'a pas été difficile à sceller pour l'ancien Standardman. Ça s'est passé un dimanche lors d'une banale rencontre de P2 hennuyère. " C'était le match de trop ", se souvient Cédric. " De la boue, un mauvais jeu, du froid... Je suis revenu à la maison, j'ai jeté mon sac : il ne m'en fallait plus. " Après avoir rangé ses crampons, l'ancien buteur s'est retrouvé dans une période semblable à celle qui a suivi sa retraite professionnelle : pas grandchose à faire, mais de la place pour le laisser-aller. " Du coup, j'ai très vite grossi jusqu'au jour où je suis monté sur ma balance et que j'ai lu '99,8 kilos'. J'ai dit à ma femme : -Je ne veux pas des 100. Je ne les ai jamais passés, je ne les passerai pas ! Comme elle courait depuis un an, je me suis décidé à la suivre. " Cédric n'en est alors pas à son coup d'essai. Plus jeune, il a découvert le sport via l'athlétisme et a même été champion du Hainaut de cross. L'ancien Diable Rouge enchaîne alors quelques courses, se constitue une bonne bande et finit même par créer un club de running avec trois autres personnes. " On est désormais une quarantaine. On a des kinés, des docteurs, un orthopédiste, etc. On est bien organisé et on progresse bien : une de nos traileuses fait partie du top 5 belge et un de nos gars a couru le marathon d'Amsterdam en 3h06. " Ces 42,195 kilomètres, Cédric les a également parcourus, mais en un peu moins de 5 h. " Je ne suis pas un gars qui fait ça pour la compet', j'ai assez donné à ce niveau-là ", souffle-t-il. " Mais je fais des sacrifices quand il le faut : pour faire ce fameux marathon, j'ai perdu 9 kilos. Quand j'approche d'une course, la bière, le chocolat et les frites, c'est fini. " Pas d'inquiétude pour autant, durant le reste de l'année, Cédric a définitivement laissé son hygiène de footballeur de côté pour profiter des plaisirs de la vie. " Je suis un gros fêtard : le Doudou de Mons, je le fais pendant sept jours. Je ne suis pas dans l'esprit de courir pour faire 75 kilos, je veux juste éviter d'être une boule. " Quand Cédric Roussel a mis fin à sa carrière de footballeur professionnel, il s'est retrouvé devant un dilemme : faire comme beaucoup de footballeurs et tenter de profiter de ses acquis financiers ou se (re)lancer dans la vie active. " C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de promesses faites pendant la carrière qui disparaissent une fois qu'on est retraité. " Trois ans après avoir quitté le monde pro, Roussel accepte alors le poste que le président de son club du moment, Waterloo, lui propose au sein de son entreprise immobilière. " J'étais dans la vente ", se souvient-il. " Je faisais les visites de chantiers, le choix des matériaux avec les clients, etc. Puis un jour, mon président a arrêté sa société et j'ai dû me remettre à la recherche d'un boulot pendant un an. " Il y a quelques mois, c'est par hasard qu'il tombe sur l'offre du magasin Intersport qui est alors à la recherche d'un responsable pour son rayon Running. La collaboration s'officialise rapidement et Cédric se sent directement dans son élément. " Beaucoup de gens me reconnaissent et je pense que ça les rassure que je les conseille vu mon passé de footballeur. Puis comme je cours moi-même, j'ai une certaine crédibilité. D'ailleurs quand je suis à l'entraînement, on me reconnaît plus comme 'Monsieur de chez Intersport' plutôt que comme Cédric Roussel ". S'il considère le running comme une drogue, il ne regrette pas d'y être dépendant et le voit même comme une échappatoire. Roussel y trouve certaines valeurs selon lui trop souvent absentes du football. " En courant, on peut se faire manger 10 minutes sur 10 kilomètres par une personne de 65 ans sans en être jaloux. On voit aussi beaucoup de personnes qui accompagnent les autres quand elles sont en difficulté. Il y a une solidarité qui était parfois absente même dans ma propre équipe de foot. " En forme et repassé sous la barre des 90 kilos, Cédric Roussel s'est fixé des objectifs de longues distances pour l'année 2017 : le marathon de Paris, les 20 kilomètres de Bruxelles, des trails, des semi-marathons, etc. Des escapades néanmoins plus courtes que durant sa carrière où il n'hésitait pas à barouder de clubs en clubs. " J'ai assez voyagé, je suis bien chez moi ", tempère-t-il avant d'évoquer son seul voyage récurrent... qui est également son dernier vrai lien avec le foot. " Je vais une fois par an à Coventry où l'on m'invite en tant qu'ancien joueur. J'ai même commenté un match pour la BBC en direct, c'était chouette. " PAR ÉMILIEN HOFMAN - PHOTOS BELGAIMAGE