Cédric Roussel : " Je ne suis jamais euphorique quand un adversaire prestigieux me remet son maillot après un match. J'ai besoin de quelques jours pour réaliser. Quand l'arbitre siffle la fin de la rencontre, je suis un peu sur mon nuage : parfois très déçu, parfois très content. Mais rarement capable de mesurer la valeur du cadeau que je reçois. Quelques jours plus tard, par contre, quand je prends le maillot en question, il m'arrive alors de me dire que je suis un sacré veinard, que beaucoup de joueurs aimeraient être à ma place.
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Cédric Roussel : " Je ne suis jamais euphorique quand un adversaire prestigieux me remet son maillot après un match. J'ai besoin de quelques jours pour réaliser. Quand l'arbitre siffle la fin de la rencontre, je suis un peu sur mon nuage : parfois très déçu, parfois très content. Mais rarement capable de mesurer la valeur du cadeau que je reçois. Quelques jours plus tard, par contre, quand je prends le maillot en question, il m'arrive alors de me dire que je suis un sacré veinard, que beaucoup de joueurs aimeraient être à ma place. Parmi les maillots que j'ai reçus, celui qui fera le plus rêver le public est sûrement celui de David Beckham. Je l'avais affronté quand j'étais à Coventry. Un match incroyable. Old Trafford était comble. Nous avions perdu 3-2, en encaissant le troisième but à la dernière minute. J'avais marqué nos deux goals. On m'a élu Homme du Match et il faut croire que Beckham jugeait aussi que j'avais été le meilleur puisqu'il est venu spontanément vers moi pour m'offrir... le ballon. Mais l'arbitre n'était pas d'accord et lui a dit : -Désolé, mais vous devez me le rendre. Alors, Beckham a compensé en me donnant son maillot. Le seul hic, c'est que je ne l'ai plus. Je l'ai laissé en Angleterre. Beckham était déjà capitaine de Manchester, il incarnait la nouvelle génération de ce club après le départ d'Eric Cantona, mais ce n'était pas encore le dieu vivant que l'on connaît aujourd'hui. Si j'avais su qu'il allait faire une carrière pareille, j'aurais quand même fait plus attention à son maillot... Mais de toute façon, il y en a un autre qui me tient encore plus à c£ur : celui de Tony Adams, le défenseur d'Arsenal. Pour un tas de raisons. Il me l'a remis après mon tout premier match en Premier League, avec Coventry. Un jour de Noël. Notre stade était plein à craquer, ma famille et mes amis étaient là, et il y avait une ambiance de feu. C'était déjà le tout grand Arsenal qui jouait pour le titre. Nous avons gagné 3-2 et j'avais aussi été élu Homme du Match. J'en avais fait voir de toutes les couleurs à Adams. J'avais pris tous les ballons de la tête, je l'avais croqué physiquement et j'avais été un poison pour toute la défense d'Arsenal. Adams, c'était plus qu'un monstre sacré en Angleterre. Un gars que tout le monde respectait. Ce n'était pas le plus grand technicien du foot anglais mais beaucoup de fans de foot dans ce pays s'identifiaient à lui pour son caractère, son engagement, son spirit. Comme arracheur de ballons et comme leader, on ne faisait pas mieux. Aujourd'hui encore, quand je retourne en Angleterre, on me dit : -Tu te rends compte ? Tu as bouffé le grand Tony Adams ! Il était plus facile d'échanger des maillots en Angleterre qu'en Belgique. Ici, on nous l'interdit souvent jusqu'à l'approche de la fin de saison. Je n'ai pas énormément de tenues de notre championnat mais j'ai quand même pu avoir celle de Nenad Jestrovic : un copain. En équipe nationale, je n'en ai reçu qu'un, après un match durant lequel j'étais resté sur le banc. C'était en Croatie, dans le fameux match où Francky Vandendriessche avait bu la tasse. J'ai reçu le maillot de Robert Jarni. J'essaye de conserver un maillot de chaque club pour lequel j'ai joué : je trouve que c'est une chouette façon de retracer mon parcours. Malheureusement, je n'ai pas pu en prendre un en quittant Kazan. On m'a expliqué que ces équipements devaient encore servir la saison prochaine et qu'il était exclu d'en ramener un Belgique ". par Pierre Danvoye