Si tu dois résumer tes deux passages à Mons, qu'est-ce qui te vient d'abord à l'esprit ?

Rien que du bonheur, à l'exception de la période où j'avais dû m'exiler parce que Frédéric Herpoel était arrivé.
...

Rien que du bonheur, à l'exception de la période où j'avais dû m'exiler parce que Frédéric Herpoel était arrivé. Non, j'ai fait un championnat bien au-delà de mes espérances. Et quand je ne jouais pas, il y avait dans le but un vrai pote, Olivier Werner. Notre relation a toujours été exemplaire, nous nous sommes toujours soutenus mutuellement. Quand on est compétiteur, on est forcément frustré si on doit rester sur le banc, mais j'ai bien géré. L'ambiance dans le groupe était exceptionnelle cette saison, personne n'a jamais râlé. Et au final, les choix d'Enzo Scifo étaient très souvent justifiés. J'avais un petit espoir mais j'ai assez vite compris que ce serait impossible, et donc je me suis mis en tête que je devais préparer mon départ. L'âge est là, on me l'a fait comprendre... Derrière moi, il y avait des jeunes qui bossaient bien. Si j'étais resté, je les aurais bloqués. Olivier Werner a fait une bonne saison et Adrien Saussez a bien dépanné dans deux matches : c'est logique que le club compte plus sur eux que sur moi. Oui, vraiment. J'ai failli faire le pas l'été dernier. Courtrai me voulait, pour moi c'était inespéré de recevoir déjà une proposition pareille d'un club de D1 à mon âge. J'étais chaud, et dans mon esprit, ma carrière active était terminée. Mais Mons avait dû dédommager Courtrai pour avoir Francky Vandendriessche et demandait donc une petite somme d'argent pour moi. C'est ce qui a tout bloqué. A l'époque, j'en ai voulu à beaucoup de monde. C'est Enzo Scifo qui m'a reboosté. Il m'a dit qu'il aurait encore besoin de moi. Et j'ai finalement joué près de la moitié des matches. Il y avait déjà eu des contacts en décembre. Le club était intéressé mais ne voulait pas prendre de décision avant de savoir s'il monterait ou pas en D1. Dès que la montée a été acquise, j'ai appelé le coach : Frederik Vanderbiest et moi, on se connaît assez bien depuis notre période commune à Dender. Nous prenions toujours le petit-déjeuner ensemble et nous avons fait un paquet de parties de poker avec Eric Deflandre... Ce serait sympa mais je partirai comme numéro 3 théorique. Il est prévu que je joue quelques matches de préparation, après cela on fera le point. Etre T1 et joueur de champ, c'est très délicat. Vanderbiest a essayé avec Ostende, il a tenu deux mois puis conclu que ce n'était pas faisable. Pour un gardien, c'est différent. Je ne devrai pas gérer tout un groupe. Je peux montrer un exercice puis y participer moi-même. Il faudra seulement que je trouve le bon équilibre. C'est clair. Mais j'ai bien aimé le discours du directeur général. Il m'a expliqué que la direction n'aurait pas les yeux plus gros que le ventre. Ils ne feront pas de folies. L'objectif sera simplement le maintien. Ils disent déjà que s'ils retombent vite en D2, ça devra se faire sans casse. Ils ne veulent pas prendre le risque d'un aller-retour dans une ambiance de banqueroute. Le but serait alors d'avoir des finances toujours saines pour viser une nouvelle montée le plus vite possible. PAR PIERRE DANVOYE