1 Fin 2013, vous aviez renoncé au poste de sélectionneur de la Macédoine pour entraîner Mons. Vous avez été relégué et vous avez passé un an à la maison. Maintenant, vous signez pour Mouscron-Péruwelz, un club sans argent ni équipe, auquel nul n'octroie de chance de survie. Etes-vous sûr de ne pas avoir fait une bêtise en 2013 ?

Cedomir Janevski : C'est facile à dire après coup. Le fait est que j'aurais pu signer un contrat plus avantageux de deux ans en Macédoine et que mon choix pour Mons s'est avéré mauvais. J'ai dû prendre une décision rapide et je suis revenu en Belgique pour ma famille. Mon beau-père était gravement malade. Or, après le décès prématuré de mon père, il était quelque peu devenu le mien. Ma femme et moi ne voulions pas le laisser seul. A Mouscron, j'ai six semaines pour préparer la saison alors que j'avais débarqué à Mons après un départ raté qui s'était soldé par un 2/24....

Cedomir Janevski : C'est facile à dire après coup. Le fait est que j'aurais pu signer un contrat plus avantageux de deux ans en Macédoine et que mon choix pour Mons s'est avéré mauvais. J'ai dû prendre une décision rapide et je suis revenu en Belgique pour ma famille. Mon beau-père était gravement malade. Or, après le décès prématuré de mon père, il était quelque peu devenu le mien. Ma femme et moi ne voulions pas le laisser seul. A Mouscron, j'ai six semaines pour préparer la saison alors que j'avais débarqué à Mons après un départ raté qui s'était soldé par un 2/24. Mais vous ne m'entendrez pas critiquer le président. Il m'a payé correctement et il ne s'est jamais mêlé de la composition de l'équipe. Ce n'était pas une option. La saison dernière, j'ai discuté avec Courtrai mais le club a décidé de donner sa chance à Yves Vanderhaeghe. Après le championnat régulier, j'ai négocié avec le Cercle, qui a préféré Dennis van Wijk. Je veux rester en D1. Je perçois un salaire et des primes. C'est un bon contrat pour un petit club de D1. J'en suis satisfait. C'est comme ça. Les entraîneurs dépendent des résultats. Où qu'on signe, on court un risque car chaque club poursuit un objectif. Je sais que ma tâche ne sera pas facile mais je pense que ça peut marcher. Le président et le manager ont été honnêtes : ils ont obtenu la licence et ils n'auront pas de souci financier jusqu'au 30 juin 2016 mais leur budget est étriqué. Nous allons essayer de former une équipe compétitive. Il faut absolument survivre à cette saison afin de pouvoir attirer des investisseurs l'année suivante. Nous allons devoir être créatifs et chercher des joueurs en fin de contrat, que la perspective de jouer en D1 motive. Ils ne seront peut-être pas d'accord tout de suite avec nos conditions financières mais tous les footballeurs libres ne trouveront pas non plus de club parmi l'élite. Nous devons trouver des joueurs qui ont reçu peu d'occasions ailleurs et sont prêts à s'investir, y compris sur base d'une location. Nous avons quand même un atout : nos installations. Ces dernières années, à cause de Lille, il n'y avait pratiquement que des Français ici mais maintenant, le club se tourne vers le marché belge. Des footballeurs de la région peuvent renforcer les liens avec les supporters. C'est crucial car les petites équipes doivent surtout prendre des points à domicile et pour ça, elles ont besoin du soutien de leur public. J'essaie d'arrêter. Depuis janvier, j'essaie de ne fumer qu'une ou deux cigarettes par jour. Maintenant que je recommence à travailler, je vais avoir moins de temps pour allumer une cigarette en journée, avec deux entraînements par jour. (Rires)Cedomir Janevski (53 ans) est le nouvel entraîneur de Mouscron-Péruwelz. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE" Avec deux entraînements par jour, j'aurai moins de temps pour fumer une cigarette. " Cedomir Janevski