Le lien entre les trois ? Ce sont les seuls gros transferts internationaux qui échappent au ridicule du changement pour le changement, le business, la frime, le pognon : ce sont trois changements dont la raison est, ô bonheur, doublement sportive. D'une part, ces gars changent d'air par envie de jouer au foot : les deux premiers ont beaucoup ciré le banc, ils n'en niaient pas le bien-fondé mais ça ne leur était jamais arrivé à ce point ; le troisième l'a moins ciré, mais s'est souvent retrouvé doublure de Kun Agüero, plutôt que comparse d'attaque. D'autre part, le club où ils atterrissent résulte d'un choix intelligent, un win-win pour causer branché : temps de jeu garanti pour eux, renfort indiscutable pour l'acquéreur.
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Le lien entre les trois ? Ce sont les seuls gros transferts internationaux qui échappent au ridicule du changement pour le changement, le business, la frime, le pognon : ce sont trois changements dont la raison est, ô bonheur, doublement sportive. D'une part, ces gars changent d'air par envie de jouer au foot : les deux premiers ont beaucoup ciré le banc, ils n'en niaient pas le bien-fondé mais ça ne leur était jamais arrivé à ce point ; le troisième l'a moins ciré, mais s'est souvent retrouvé doublure de Kun Agüero, plutôt que comparse d'attaque. D'autre part, le club où ils atterrissent résulte d'un choix intelligent, un win-win pour causer branché : temps de jeu garanti pour eux, renfort indiscutable pour l'acquéreur. Petr Cech équipier de Thibaut Courtois, même si ce dernier est the best, c'était un pied de nez à la morale du top niveau si elle existe : morale qui voudrait que les meilleurs s'affrontent, au lieu de se regrouper pour mieux défoncer les faibles. Chouette, Petr va pouvoir défier le Belge, et qui sait si l'heureux dindon de l'histoire ne sera pas... Arsène Wenger ! Car si Arsenal raflait enfin le titre ou la Ligue des Champions, Cech y serait à coup sûr pour beaucoup... et serait la preuve par l'absurde d'un Arsène curieusement têtu depuis des années concernant ce poste : car de David Seaman à Wojciech Szczesny en passant par Jens Lehmann et d'autres, aucun dernier rempart dont s'est contenté Wenger n'est jamais apparu mur infranchissable ! Au Barça, Pedro valait bien mieux que quatrième roue d'un fort beau triporteur. A Chelsea, où la notion de onze de base semble moins qu'ailleurs en voie de disparition, José Mourinho préfère peaufiner que chambouler. D'une saison à l'autre, le Mou écarte ses titulaires au compte-gouttes, c'est surtout son banc qu'il modifie : comme s'il savait qu'on ne le cire pas longtemps sans devenir trouble-fête plutôt que joker jovial. 2015 donc, arrivée de Pedro, seul nouveau titulaire peut-être. Je crois que Radamel Falcao sera cireur ! En soutien de Diego Costa, Willian et Oscar étaient des ersatz d'Eden Hazard, moins gicleurs, moins producteurs de jeu : Oscar surtout souffrira de l'arrivée de Pedro, petit format offensif lui aussi, mais au profil bien plus buteur ! Rome est ville éternelle, mais Francesco Totti, quoique dieu romain, ne l'est quand même pas ! A 39 piges (et 39 fois chapeau bas !), il brillera encore parfois comme milieu off ou second attaquant : mais voir encore des compos où l'idole sera censée occuper en solo la pointe de l'attaque, ce serait de la folie, l'aveu d'un point faible dès le coup d'envoi ! A la Roma, Dzeko devrait devenir ce qu'il n'a pas vraiment su être chez les British, the right man in the right place. Ces trois-là mis à part, les transferts ou bruits de transferts de grosses cylindrées me font davantage vomir que saliver : appât du gain plutôt que de la gagne ? Pourquoi Arturo Vidal quitte-t-il la Juve et pourquoi Paul Pogba veut-il la quitter ? Pourquoi Liverpool pue-t-il le pognon en s'attachant Christian Benteke pour mieux laisser pourrir Divock Origi ? Pourquoi Man U surtout, auquel je souhaite bien du malheur après l'avoir tant aimé sous Sir Alex ? ! J'en viendrais presque à prier Dieu pour que Ryan Giggs se taille, illustre vestige ultime, dégoûté par deux ans d'achats/dépenses inutiles et faramineux, en faisant un doigt d'honneur à Louis van Gaal... Je me calme, tout ce que je pressens ne se réalisera pas, mais faut le dire quand on l'a sur la patate... A propos de City, paraîtrait que Kevin De Bruyne y va. Il est roi d'Allemagne à Wolfsburg, il n'a pas supporté plus de trois mois la concurrence à Chelsea, et il débarque dans un club où les habituels soutiens offensifs d'Agüero s'appellent David Silva, Samir Nasri, Jesus Navas et Raheem Sterling ! Kevin veut encore cirer, ou serait-il le back-up (néologisme footeux) de Yaya Touré ? Demain contre la Bosnie, Marc Wilmots, qui n'a pas intérêt à aligner trop de cireurs, lui glissera peut-être qu'il a peut-être fait le con... PAR BERNARD JEUNEJEAN