Les supporters des Zèbres en ont gros sur la patate et l'ont bien fait savoir. Outrés par les propos des dirigeants qui les ont traités de crétins et d'imbéciles, déçus par le comportement des joueurs, fatalistes sur la politique de leur club. Et pourtant, toujours autant passionnés, comme le démontre l'action des Storm Ultras. Ils ont boycotté le déplacement au Cercle mais se sont rendus vendredi soir au match des Espoirs.
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Les supporters des Zèbres en ont gros sur la patate et l'ont bien fait savoir. Outrés par les propos des dirigeants qui les ont traités de crétins et d'imbéciles, déçus par le comportement des joueurs, fatalistes sur la politique de leur club. Et pourtant, toujours autant passionnés, comme le démontre l'action des Storm Ultras. Ils ont boycotté le déplacement au Cercle mais se sont rendus vendredi soir au match des Espoirs. Sport/Foot Magazine a pu réunir les clubs de supporters les plus emblématiques et d'aborder tous les sujets chauds. Cela fait deux semaines que rendez-vous avait été pris. On les a donc retrouvés dans un café de Charleroi, Le Fouquet. Etaient présents Marc Monetti, président de l'Amicale des supporters, Mieke Verschraegen, Capuche, Vincent et Pascal ( Gueules Noires), Laurent Nys dit Barman (Allez les Zèbres), Christophe Dehon (Fan Carolo), Thomas et Max ( Storm Ultras), Philippe De Vleeschauwer et Thierry Ovart (Les Amis du Sporting). Philippe De Vleeschauwer : " Elle a sauvé le club. Personne ne doit l'oublier. Quand elle est arrivée, elle a pris contact avec nous, ce que l'ancienne direction (et ceci étant dit avec tout mon respect pour monsieur Jean PolSpaute) n'avait jamais fait. Or, nous sommes le plus vieux club de supporter. Cependant, la direction actuelle a un problème de communication, dû à une certaine impulsivité. Le président est un supporter avant tout et comme tel, il est parfois trop passionné. " Capuche : " Arrête ! C'est un escroc,... dans le sens comédien du terme. Que ce soit Abbas ou Mogi, ils parlent mal. Moi, je pars du principe que si ce n'était pas lui qui reprenait le club, cela aurait été un autre. Lui, c'est un businessman. Il a mis ses liards. Il les a récupérés. " Thomas : " Forcément, il espère la réussite du club car elle est liée à sa propre réussite. Sur la reprise, on a notre avis : s'il part, des repreneurs, il y en aura ! Mais, aujourd'hui, les candidats potentiels se taisent. Ils n'osent pas se manifester. Mais, je suis sûr qu'on ne laissera pas crever le club. " Marc Monetti : " Comme président de Sunnyland, le président Bayat s'est servi du Sporting comme vitrine. On ne peut cependant pas le lui reprocher. " Max : " Non mais il faut arrêter de dire que c'est un dieu. S'il fallait recommencer en D4, on aurait recommencé. Sans lui ! Il faut qu'il arrête de croire qu'on lui doit le respect. C'est quand même le seul président de D1 qui monte sur le terrain pour nous narguer... " Marc Monetti : " Sa place, c'est dans la tribune ! " Philippe De Vleeschauwer : " Il y a clairement un problème de communication et culturel. Je m'explique : Abbas n'agit que selon la culture anglo-saxonne. Tout est régi à l'américaine. " Marc Monetti : " Ils ont essayé de s'imbiber de la mentalité carolo mais ils ne l'ont pas comprise. " Barman : " Si. Parfois, mais ils réagissent toujours à leur façon. " Thomas : " Un exemple : la première fois qu'on a critiqué la direction, Mogi Bayat a dit qu'on avait un QI proche de zéro et il a réagi en fermant le forum des supporters. " Max : " Mogi avait participé à beaucoup de réunions avec les Storm Ultras. Au début, tout se passe bien mais quand on pointe le doigt sur leurs erreurs, ils se cabrent, arrêtent tout, coupent tout contact et refusent toute communication. " MiekeVerschraegen : " Quand Mogi a appris, il y a quinze jours que les Gueules Noires allaient faire une action lors du match contre Gand, il a contacté notre président pour faire pression et a insisté pour dire que ce n'était pas le moment. On l'a quand même fait ! " Capuche : " Oui, il a été réinvesti dans les voitures des joueurs ( ironique). " Marc Monetti : " Les dernières politiques de transferts ont foiré. Cet hiver, on a trop misé sur John Collins. " Max : " L'année passée, à la trêve, on n'avait pas fait de transferts. On perd, en Coupe, à Roulers, et on transfère Cyril Théréau pour nous calmer. Pourquoi ne l'a-t-on pas transféré avant le match de Coupe ? Et en été, pourquoi fait-on venir systématiquement des joueurs de D4 française ?" Marc Monetti : " Et cette saison, pourquoi n'a-t-on pas directement commencé la saison avec un nouvel entraîneur ?" Vincent : " Tout le monde sait que leur politique ne vise qu'à rapporter de l'argent. " Philippe De Vleeschauwer : " Mogi Bayat a eu le nez fin à un moment donné. Il a fait de bons coups mais peut-être a-t-il fait le tour de son carnet d'adresses... " Capuche : " Ils veulent avoir le contrôle de tout. " Max : " Mogi a l'art de toujours essayer de nous décrédibiliser. On a parfois l'impression de déranger. Quand ça ne va pas, on le dit mais quand ça va bien, on le dit aussi et ça, il l'oublie ! Quand il a dit qu'on cassait des voitures, il n'y avait rien de plus faux. C'était pour nous faire taire. " Thomas : " Et il a le don pour cela ! Comme il ne sait pas nous faire taire, il va nous noircir sans nous citer. Tout le monde sait que c'est nous mais on ne peut pas l'attaquer en diffamation. Les Bayat ont encore des partisans mais... " Marc Monetti : " ... mais leur crédit baisse fameusement. " Capuche : " Il nous faut des Carolos ! " Marc Monetti : " Pas nécessairement. Il n'y en avait pas beaucoup dans l'équipe de Jacky Mathijssen mais on s'y retrouvait parce que cette formation avait une âme. On retrouvait de la combativité, de la fierté. Les joueurs mouillaient leur maillot. Aujourd'hui, il n'y a plus que des carriéristes. " Mieke Verschraegen : " Les joueurs ne font que passer. " Barman : " Prenez un gars comme Pino ! Charleroi, il s'en foutait ! Certains ne sont là que pour gagner de l'argent. Ce sont des fonctionnaires. " Marc Monetti : " Si on regarde l'entrejeu, on voit bien qu'il prend l'eau depuis que Christian Leiva et Tim Smolders sont partis. On peut bien critiquer quelqu'un comme Damien Miceli mais je préfère un Miceli à toutes ces zébrettes ! " Thomas : " Les joueurs ont l'air affectés par la situation mais ils n'osent rien dire. Quand on voit Laquait au bord des larmes, ça veut dire quelque chose. Contre Gand, il a voulu venir nous saluer mais on l'a rattrapé. " Mieke Verschraegen : " Et les bagarres entre joueurs (NDLR : elle fait allusion à la prise de bec entre Iajour et Kere), c'est symptomatique. Ce sont des choses qu'on entend de plus en plus souvent. " Marc Monetti : " Posons la question autrement. Qui est digne de porter le maillot du Sporting ?" Mieke Verschraegen : " Vandenbroeck, Laquait, Defays, Miceli. " Thomas : " Vandenbroeck, on n'a pas l'impression qu'il va partir dans six mois. C'est un exemple à suivre. " Marc Monetti : " C'est simple, c'est un deuxième Defays ! " Vincent : " Je rajouterais Camus. " Barman : " Di Giugno. " Max : " On peut résumer cela à quelques joueurs. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Laquait joue encore à Charleroi vu l'ambiance. Defays ? Il est dans le creux de la vague mais il se bat, lui. Les piliers sont peut-être moins bons mais quand on met une pomme pourrie au milieu de bonnes pommes, ces dernières vont finir contaminées. S'ils ne se battent pas à 11, on va finir en D2. On préfère voir des jeunes qui se battent et finir en D2 que des mercenaires. " Thomas : " Quand on hue les joueurs, cela ne touche qu'un petit nombre. Les autres, ils font la fête après le match. " Max : " Certains doivent se rendre compte que la réussite d'un joueur passe par l'humilité. " Max : " Il est dans le creux mais on a tort de le siffler. Personnellement, je crois qu'il n'est pas bien dans sa tête. " Thierry Ovart : " Il est mal servi aussi. " Thomas : " OK, mais ce fut quand même une erreur de le racheter. " Christophe Dehon : " Le pire ? C'est Sbai. Il est nulle part. " Thomas : " Et en plus, il n'accepte pas les critiques. " Vincent : " Moi, ça ne m'a pas touché. " Philippe De Vleeschauwer : " C'est normal qu'on soit plus indulgent avec lui qu'avec un autre. Il s'agissait simplement du signe d'un joueur qui va mal. " Capuche : " On a déconné. On a été prendre le seul Ecossais qui ne boit pas de whisky ( il rit). " Barman : " Ce choix ne peut être que positif à long terme. On doit lui laisser le temps. Mais il a de la crédibilité et tout notre respect. " Thomas : " Il est charismatique mais il ne se rend pas compte du bourbier dans lequel il est tombé. Quand il s'en rendra compte, il sera vite démotivé. " Barman : " Aujourd'hui, quand les joueurs quittent l'entraînement, ils sont crevés. " Marc Monetti : " Certains se demandent même s'il n'est pas trop professionnel pour Charleroi ! " Mieke Verschraegen : " Il a fait ce qu'il a pu, avec ce qu'il avait. " Marc Monetti : " Une erreur de casting ! Il fallait quelqu'un comme Albert Cartier. " Barman : " Il avait trop d'amis dans le club. " Thomas : " C'était un pantin. On lui a dit ce qu'il devait faire. " par stéphane vande velde - photos: reporters-walschaerts