A riel Jacobs : " Si je veux faire passer un message, c'est que nous repartons tous de zéro. Notre excellent deuxième tour, ponctué par une victoire finale en Coupe de Belgique, ne doit pas occulter le premier, autrement moins fringant. C'est lui, en définitive, qui a conditionné toute notre saison, en nous réduisant à une course-poursuite. Ce n'est pas digne d'Anderlecht, qui doit dicter la marche à suivre en lieu et place de subir les événements. Ce sera ma priorité ".
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A riel Jacobs : " Si je veux faire passer un message, c'est que nous repartons tous de zéro. Notre excellent deuxième tour, ponctué par une victoire finale en Coupe de Belgique, ne doit pas occulter le premier, autrement moins fringant. C'est lui, en définitive, qui a conditionné toute notre saison, en nous réduisant à une course-poursuite. Ce n'est pas digne d'Anderlecht, qui doit dicter la marche à suivre en lieu et place de subir les événements. Ce sera ma priorité ". Je me pose toujours des questions à ce sujet. Est-il dû à l'implication européenne de l'équipe ou à d'autres facteurs encore, tels la suffisance ou le manque de concentration ? Toutefois, nous ne restons pas, ce coup-ci, sur un titre de champion susceptible d'engendrer un éventuel relâchement. Deuxio, la concurrence s'est accrue, ce qui évitera toute forme de dispersion. Je suis persuadé, par exemple, que Marcin Wasilewski saura se garder, cette fois, de prendre des cartes jaunes stupides, entendu qu'il doit composer à présent avec un rival sérieux en la personne du Serbe Nemanja Rnic. Et ce qui vaut dans le chef du Polonais est valable aussi en ce qui concerne les autres postes en défense, pour ne parler que de ce seul secteur. Servaes, acquis à Dender, doit encore faire ses preuves et a été versé provisoirement dans le noyau B. Pour Kruiswijk, le topo est différent. Car le Hollandais, indépendamment de ses qualités footballistiques pures, est à même de conférer immédiatement un plus dans la relance et l'autorité. Depuis que j'ai repris l'équipe en main, mon souci a toujours été de soigner la qualité du jeu. A l'arrière, j'ai tenu dès le départ à remédier aux longues balles à suivre qui, les trois-quarts du temps, ne rimaient à rien entendu que Nicolas Frutos était toujours absent pour cause de blessure... Sortir le cuir de manière académique à partir de la défense, en privilégiant les échanges au sol, n'a pas toujours été chose aisée, a fortiori lorsque l'adversaire faisait le pressing. Avec Kruiswijk, nous serons davantage à notre affaire sur ce plan-là. En outre, comme la plupart des joueurs néerlandais, il a du bagout et n'hésite pas à haranguer ses partenaires. Il peut donc conférer cette taille-patron qui faisait parfois défaut derrière. Avec ces deux-là, je suis paré à deux positions puisqu'ils évoluent avec un égal bonheur sur le flanc ou dans l'axe. Jelle est même plus polyvalent qu' Oli, en ce sens qu'il se tire plutôt bien d'affaire aussi dans la ligne médiane. La distribution des rôles, pour chacun, dépendra essentiellement des données spécifiques du match ou du profil de l'adversaire. S'il faut un apport à la construction, le premier est, sans doute, plus indiqué que l'autre. Par contre, s'il convient d'assurer ses arrières, la trame sera différente. Vous ne m'entendrez donc pas dire que Jelle va détrôner Oli à l'arrière gauche. Les mérites de ce dernier et les caractéristiques de bon à tout faire de l'autre n'autorisent tout simplement pas cette mesure. Il y aura des matches, j'en suis sûr, où Jelle constituera encore un atout précieux dans l'entrejeu. Pas tout à fait. Je pense que la cohabitation entre Hernan et Mbark Boussoufa devrait être plus harmonieuse que celle entre Bous et l'Egyptien. Quand tous deux jouaient, ils avaient souvent la propension de chercher machinalement l'autre. Il en résultait parfois des actions d'anthologie, comme ce troisième but en finale de la Coupe, signé par Gillet après une balle en cloche du Pharaon prolongée par une talonnade du petit Marocain. Mais parfois aussi, il faut bien l'avouer, une perte de balle lors d'un échange entre les deux résultait en un déséquilibre complet quant aux zones occupées sur le terrain. Je peux me tromper, mais pour avoir vu à l'£uvre à plusieurs reprises l'Argentin, j'ai le très net sentiment qu'il a le nez creux en matière de positionnement et qu'il parvient beaucoup mieux à assurer le quadrillage. Par rapport à Magic, qui avait tout vu, tout vécu, et qui était en quelque sorte repu, la nouvelle recrue présente aussi l'avantage appréciable de vouloir se réaliser, à 26 ans. Thank you very much m'a-t-il dit quand il a su que j'avais insisté pour que le club l'engage. A mes yeux, ces quatre mots-là en disent long sur sa reconnaissance, son humilité et son envie. C'est un garçon qui a faim de grandes choses. Si le Brésilien avait survolé les débats, il aurait fait son trou à Anderlecht, indépendamment de toute autre considération. Pour ce qui est des affinités, qui se ressemble s'assemble. Mais il y a moyen d'éviter les problèmes par une répartition savamment étudiée lors des exercices ou des mises au vert. De la sorte, on assiste parfois à la formation d'atomes crochus insoupçonnés. Comme avec le Turc Serhat Akin, par exemple, que les Argentins considéraient comme l'un des leurs. Non, toute cette diversité est davantage synonyme de richesse que d'inquiétude. La solution la plus simple, dans l'immédiat, serait de faire reculer Polak au poste de sweeper devant la défense, de garder Gillet comme courroie de transmission et de titulariser Losada à la pointe supérieure de ce nouveau triangle. Mais il serait dommage, dans ce cas, de se priver de l'apport du médian tchèque qui a prouvé, tant lors de ses derniers mois chez nous qu'avec la Tchéquie à l'Euro qu'il est bel et bien un joueur box-to-box. La preuve : il a eu le but du 3-0 au bout des pieds face à la Turquie. Pour préserver cette qualité-là, je pourrais évidemment le faire jouer sur la même ligne que Gillet et transformer mon triangle en losange avec l'adjonction d'un autre joueur devant la ligne arrière. Comme Bouba Saré qui a très fort progressé en l'espace d'une saison. Ou encore Cheikhou Kouyaté qui en a l'étoffe aussi. Il n'y a qu'un Vieira. Et tous ceux que vous avez cités ont leur identité propre aussi. La seule chose qui les rapproche, c'est leur origine africaine. J'avoue que ce constat m'a interpellé. Comment se fait-il que ces gars-là entrent en ligne de compte pour le poste de ratisseur au même titre qu'un Mickael Essien, un Mahamadou Diarra et j'en passe. La réponse tient peut-être à ce qu'en Afrique, on est soit attaquant, soit défenseur. Ceux qui ne savent trop où se situer sont gardiens ou se placent entre l'arrière-garde et la division offensive avec des atouts caractéristiques aux deux fonctions. Le dénominateur commun de ces garçons, est un placement judicieux, une bonne frappe et une habileté dans les jeux court et long. Ce n'est probablement pas un hasard. Kanu et Suarez sont deux jeunes qui auront immanquablement besoin d'un temps d'adaptation. Eu égard aux départs de Mbo Mpenza, Akin, Luigi Pieroni et Hassan, je suis d'avis qu'un ajout ne serait pas superflu. De préférence un gars apportant de la profondeur, à l'image de Mémé Tchité, qui nous a quittés en tout début de saison passée. Pour bien faire, le Sporting devrait retrouver un buteur providentiel comme lui. Aucun Anderlechtois ne figurait parmi les 20 meilleurs au classement des buteurs. C'est quasiment surréaliste pour un club de la trempe du Sporting. Cette lacune doit être comblée avant que Kanu et Mattias Suarez ne donnent à leur tour leur pleine mesure. Je n'ai pas encore pris de décision. Mais je suis favorable à une hiérarchie à trois. L'année passée, elle était clairement définie. Il y avait une marge entre les diverses composantes et cet écart s'est quand même quelque peu amenuisé. Davy Schollen n'était pas loin de valoir Zitka à un moment donné. Reste à voir ce qu'il en sera à présent. Le terrain sera le révélateur. Détrompez-vous, j'ai mes doutes. L'esprit d'équipe, qui était l'objet de cette préparation la saison passée, à la même époque, a rarement trouvé son prolongement sur le terrain, au premier tour. Il y a eu trop de matches, durant cette période, où la cohésion laissait à désirer. C'est pourquoi je tiens à travailler les joueurs individuellement lors de ces deux journées. L'accent y sera mis sur le dépassement, voire le surpassement de soi. Si chacun transgresse ses limites, il viendra automatiquement à l'aide de l'autre. Et je veux voir ce que donnera cette approche-là traduite au terrain. par bruno govers - photos: reporters