La maîtrise de soi

On dit facilement que c'est toujours le dernier résultat qui compte. Dans la quête du progrès, c'est le seul élément tangible qui prévaut. On peut bien sûr relativiser certains résultats en fonction des paramètres chance/blessures/sus-pensions/etc., mais la remise en question doit être permanente. Au Standard, bizarrement, plus les résultats sont mauvais, plus on semble faire preuve de patience et de détachement. " C'est notre ligne et on n'en change pas ", dit le patron, Lucien D'Onofrio (p. 28)... en explicitant que cette zen-attitude n'empêche pas d'être hyper exigeant. Contradictoire ? A lire ! Une chose est sûre : plus les patrons restent calmes, moins les fans s'énervent.
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On dit facilement que c'est toujours le dernier résultat qui compte. Dans la quête du progrès, c'est le seul élément tangible qui prévaut. On peut bien sûr relativiser certains résultats en fonction des paramètres chance/blessures/sus-pensions/etc., mais la remise en question doit être permanente. Au Standard, bizarrement, plus les résultats sont mauvais, plus on semble faire preuve de patience et de détachement. " C'est notre ligne et on n'en change pas ", dit le patron, Lucien D'Onofrio (p. 28)... en explicitant que cette zen-attitude n'empêche pas d'être hyper exigeant. Contradictoire ? A lire ! Une chose est sûre : plus les patrons restent calmes, moins les fans s'énervent. A Mouscron, sur le terrain, on a toujours professé fair-play et beau jeu, alors que dans les bureaux, on a rarement respecté l'éthique commerciale apparemment. Sous des dehors de fraîcheur amateur, le club était devenu une créature financière totalement artificielle qui s'est auto-empoisonnée, dépensant sans aucun sens commun l'argent qu'il ne gagnait pas. Exemple inverse au Sporting Charleroi, que le grand homme d'affaires Abbas Bayat a sauvé de la faillite en en faisant un modèle économique dans une région pas forcément très riche. Avec pour bémol que le club a perdu son légendaire capital sympathie. Même s'il a toujours bien traité ses joueurs (parce qu'ils représentent une valeur commerciale), au point de défier la FIFA sur le cas MajidOulmers et de gagner. La perfection n'est pas du monde de notre D1, mais les fans des Zèbres n'ont pas d'autre alternative que de croire aux nouvelles résolutions conviviales de leurs dirigeants. Si le grand public est facilement déçu par les errements financiers des dirigeants, il est toujours beaucoup plus dégoûté quand un sportif s'égare complètement. C'est le prix à payer pour un salaire de rêve : avoir le comportement le plus irréprochable possible, à côté du terrain aussi. En ces temps troublés de récession économique, le message de ceux qui payent les stars est d'ailleurs de plus en plus clair : les sponsors lâchent les cyclistes qui se dopent et un Tiger Woods qui joue au Casanova. Jacques Rogge, le président belge du Comité International Olympique, et seule vraie autorité morale du sport international, insiste plus que jamais sur le rôle de modèle tous azimuts des sportifs médiatisés en rappelant, notamment, que l'affaire Wickmayer-Malisse (coupables de ne pas s'être localisés à trois reprises pour les contrôles de l'AMA) n'est pas terminée... Les fans d'un sport souffrent énormément de voir ceux qui gâchent leur talent et celui des autres. Exemples dimanche, à Gand... On a pu voir un Jonathan Legear déterminant pour son club alors qu'il y a quelques mois, pour le même prix, il aurait pu avoir un destin comparable à feu François Sterchele. Jona, 22 ans, jure en tout cas être sorti de sa spirale d'autodestruction (p. 24). Par contre, ses coéquipiers Cheikhou Kouyaté et Olivier Deschacht ont profité de l'inadmissible complaisance arbitrale par rapport aux semelles. Il s'agit d'une faute assimilable à un attentat. Tous les fans la trouvent répugnante, mais depuis le cas Witsel-Wasilewski, rien n'est réglé. Les arbitres sont aveugles et ne sortent pas systématiquement la carte rouge. Réginal Goreux, par exemple, avait été impuni à Saint-Trond pour un tel acte et d'autres joueurs aussi, par la suite. C'est bien connu : les vedettes qui souffrent le plus des médias et du public sont celles qui se cachent et ne jouent pas le jeu. Or, l'arrogance ne paye jamais. Les joueurs qui snobent leurs fans en passant devant eux sans les voir sont pitoyables. Ainsi que les coaches ou dirigeants qui traitent mal la presse, oubliant que les journalistes ne sont que les représentants des fans. A ce niveau, le meilleur exemple à suivre est Georges Leekens : jovial, ouvert, sans prise de tête et compétent. Actuellement, il applique sa recette à Courtrai (p. 34).l PAR JOHN BAETEUn exemple à suivre : Georges Leekens. Jovial, ouvert, sans prise de tête et compétent.