Petite comparaison impliquant deux suspendus du Clasico. Sans faire de jaloux, un Mauve et un Rouche, ici réunis par leur amour commun de semelles bien senties : Marcin Wasilewski pour sa gestuelle face à Kevin De Bruyne ; William Vainqueur pour la sienne, dix jours plus tôt, face à Siebe Blondelle.
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Petite comparaison impliquant deux suspendus du Clasico. Sans faire de jaloux, un Mauve et un Rouche, ici réunis par leur amour commun de semelles bien senties : Marcin Wasilewski pour sa gestuelle face à Kevin De Bruyne ; William Vainqueur pour la sienne, dix jours plus tôt, face à Siebe Blondelle. Arguments éternels selon le camp d'appartenance. Les Mauves minimisent en déclarant que Wasyl joue le ballon, qu'il a le droit d'être une fraction de seconde en retard par rapport à la vivacité de l'adversaire, et qu'il n'a pas l'intention de faire mal. Possible, faudrait un sérum de vérité pour en savoir plus. Ce qu'on perçoit toutefois au vu de pareil engagement, c'est que Wasyl a l'intention de se foutre complètement des possibles conséquences sanglantes de pareils gestes ! D'aucuns y verront la preuve qu'il est revenu à son meilleur niveau, physique et mental. Possible, mais troublant : quand tu as longtemps crevé de douleur dans ta chair après avoir subi une agression précise, tu devrais redouter d'involontairement faire subir la même agression à un mec qui ne t'a rien fait, non ? Ou alors, faut un mental sacrément bizarre pour prester au top... Bref, hors fief mauve, l'opinion la plus répandue est que Marcin méritait la rouge vu son excès d'engagement (c'est le terme de la Loi), même s'il n'a chopé que la jaune : c'est dire que, vis-à-vis des arbitres aussi, faudrait parfois du sérum de vérité pour parvenir à piger ! Mais surtout, l'opinion estime alors inéquitable que le Parquet fédéral ne puisse pas rectifier a posteriori, sur base d'images télévisées, la décision prise : alors qu'il en a désormais le pouvoir lorsqu'il s'agit d'un geste répréhensible non sifflé, parce qu'ayant échappé à l'arbitre (*). Je récapitule donc à l'intention des candidats-agresseurs : si le referee a minimisé votre vicelardise et ne l'a sanctionnée qu'à moitié (carton jaune, ou même simple faute), pas de recours TV, vous échappez à une sanction lourde ! Par contre, si le ref n'a rien vu du tout de cette même vicelardise, cherchez pas la logique, mais les images télé vont vous faire morfler du plus lourd a posteriori ! C'est du moins ce qu'on croyait jusqu'à la jurisprudence Vainqueur -Tim Pots ! La semelle de William. Du point de vue du geste technique, le gars avait grosso modo réussi, sur Blondelle, un copié/collé du geste de Wasyl : du genre " Je suis une fraction de seconde trop tard, mais j'imprime ma semelle sur ta cheville avec tout mon enthousiasme ". Sauf qu'ici, l'arbitre n'a rien vu de répréhensible et n'a rien sifflé. Dès lors, le Parquet fédéral fait son job : offusqué car garant des Lois, il convoque Vainqueur comme il en a convoqué d'autres, et l'on se dit que William va morfler comme les autres : ça va être pour sa poire puisqu'en cours de match, il n'a pas eu la chance d'un simple carton jaune comme Wasyl ! Eh bien pas du tout ! Grande première, Vainqueur ressort blanchi du fait de Pots, l'arbitre himself : qui avoue n'avoir rien vu de la semelle, mais maintient mordicus que la phase était jugeable sans cela, qu'elle n'était pas répréhensible, qu'intensité et intention étaient licites ! D'habitude, quand la télé refile une image probante comme celle-là, avec impact sans équivoque, le ref adopte profil bas devant le Parquet fédéral, concédant qu'il devrait peut-être changer ses verres de contact. Mais ici non, il se la joue " J'en ai vu suffisamment et j'ai le droit d'interpréter " ! Et au lieu de l'engueuler, voilà t'y pas que le Procureur de l'Union belge s'écrase et donne raison à l'aveugle ayant jugé sans voir ! Au-delà des images télé et de sa hiérarchie, l'arbitre impose sa (non) vision des choses ! Vainqueur a gagné, Pierre François n'aura même pas besoin de plaider. Sacrée saloperie qui va faire jurisprudence. La prochaine fois qu'une méchante semelle non sifflée, mais révélée par la télé, entraînera poursuite par le Parquet fédéral, tout arbitre impliqué sera désormais tenté d'adopter la Pots attitude ! L'acquittement de Vainqueur, c'est presque une propagande pour la boucherie sans frein. (*) adopté par l'URBSFA en 2005 seulement, Igor Lolo du Germinal Beerschot ayant été notre premier sanctionné en 2007. Mais la FIFA avait déjà sévi sur pareille base au Mondial 1994 : remember Mauro Tassotti explosant du coude l'appendice nasal de Luis Enrique ! L'acquittement de Vainqueur encourage la boucherie.