Quand y en a plus, y en a encore.
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Quand y en a plus, y en a encore. Finis les championnats, finies les coupes d'Europe. Finis les marathons...Non non non. Quasi deux mois sans foot ? Ca va pas, non ? Et donc ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Dans leurs beaux shorts, les footeux se font tirer les ficelles jusqu'au filament. Et remplissent évidemment les bourses jusqu'au dernier cordon. Et donc, c'est reparti. Ligue des Nations, éliminatoires de l'Euro. Encore et encore. Rentabiliser jusqu'à l'overdose. Cela dit, y a eu une petite pause. Pour nous aussi. Et hop, six petits jours de vacances. Je me retrouve à Ibiza. Pas le Ibiza blablabla-tralala-boumboumboum. Non, le Ibiza cuicuicui, petits oiseaux, montagne, crique, et personne autour si ce n'est le meilleur ami de l'homme en vacances...le livre. Mon meilleur ami m'a offert Le dernier stade de la soif. Superbe. Rassurez-vous, je n'en suis pas encore là. Surtout que dans la crique, y a avait un petit bar... Ma meilleure amie m'a offert la biographie qu'elle a écrite sur Cerrone. Une vie fascinante écrite avec fascination. Une vie de fou comme on les aime. Faite de rencontres plus improbables les unes que les autres. Comme celle qu'on a faite un soir, dans un autre bar. Dans un petit village. En quête d'une télé pour, quand même, tenter de voir la finale de la Ligue des Champions. Devenu indispensable vu les finalistes. Liverpool et Tottenham nous ont offert lors de cette campagne tout ce qu'on croyait impossible et inimaginable. Merci. Mais bon cette finale a, un peu, fait plouf. Tellement on en attendait. Comme souvent. Presque normal. Mais aussi à cause de ce penalty. Qui porte son nom plus mal que jamais. Une pénalité pour quoi ? Parce ce qu'un type qui a deux bras et qui s'en sert donne une indication à un coéquipier. Sans jamais, une seule seconde, avoir l'intention de toucher ce foutu ballon du bras. Interprétation ? Application du règlement ? En tout cas, pas une décision qui sert le football. Heureusement, rien à dire. Les meilleurs du jour ont gagné. Pour nous, la meilleure du jour s'est passée dès l'avant-match. En entrant dans ce bar bondé, un type nous fait signe qu'il va nous faire de la place. Il parle français et il voit qui on est... Il vit là bas depuis des années et nous demande ce qui ce passe en Belgique avec, ce sont ses mots : " Ces putains de résultats des élections. " Pas le temps de lui expliquer que le gars lève son t-shirt et nous montre fièrement le drapeau belge tatoué sur le coeur. Il provient d'Eupen. Le mec est trop fier d'être belge. Magnifique. La deuxième mi-temps recommence très bien. Un grand blond entre dans le bar. Lui aussi attiré par la phonétique de notre conversation, il se rapproche de nous. Belges ? Yes ! De Liège ! De Liège ? " Alors je veux m'excuser auprès de toi. Moi je suis d'Anvers et je m'excuse. J'ai honte. Je suis belge et très fier de l'être. " J'ai passé une belle soirée. La Belgique n'est pas morte ! Et puis on rentre au pays parce qu'il faut boulotter sur les Diables. Enfin boulotter...vous m'avez compris hein, faut en parler. Et avec eux c'est pareil. On sent là aussi ce bonheur d'avoir encore un pays. Un collectif qui vit bien ensemble. Plus que jamais nos Diables sont le ciment. Que dis je, l'acier de plus en plus inoxyd(i)able d'un avenir commun. La liaison nord-sud, Hazard- De Bruyne, est plus magnifique que jamais. Avec eux pas besoin d'un duo d'informateurs. On sait depuis longtemps. Devant t'as le démineur plus opportuniste que jamais. Il parle peu le Romelu mais quand il l'ouvre, ça sonne juste. Et puis y a les extrêmes. Ah là, y a débats. À gauche belle percée. Pas encore de certitude mais beau. À droite, là y a certitude. Nauséabonde via les urnes, flamboyante via le terrain. Timothy a mis tout le monde d'accord. Derrière Meunier, on est paré. Car faudrait pas oublier que le taulier, c'est encore le Thomas. N'ayons pas la mémoire courte. Y a un an toute la Belgique disait qu'avec lui on aurait été en finale, voire mieux. En attendant, épatant le Castagne. Eden, lui, fait déjà des castagnettes. La Belgique va bien. Très bien.