Comment se sent Ivan De Witte ? Lui qui avait insisté pour engager Laszlo Bölöni parce qu'il était sous le charme des qualités du Roumain. Lui qui doit avouer aujourd'hui que son casting était complètement foireux. Quelles conclusions va-t-il tirer après cette sortie de route ? Les patrons de La Gantoise vont-ils maintenant s'interroger sur l'utilité d'avoir viré aussi vite Jess Thorup ? Le Danois n'a-t-il pas payé trop cher la défaite en finale de la Coupe de Belgique en mars 2019 ? Évidemment, Thorup a commis des erreurs. Mais le club n'en a-t-il pas fait d'autres ?
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Comment se sent Ivan De Witte ? Lui qui avait insisté pour engager Laszlo Bölöni parce qu'il était sous le charme des qualités du Roumain. Lui qui doit avouer aujourd'hui que son casting était complètement foireux. Quelles conclusions va-t-il tirer après cette sortie de route ? Les patrons de La Gantoise vont-ils maintenant s'interroger sur l'utilité d'avoir viré aussi vite Jess Thorup ? Le Danois n'a-t-il pas payé trop cher la défaite en finale de la Coupe de Belgique en mars 2019 ? Évidemment, Thorup a commis des erreurs. Mais le club n'en a-t-il pas fait d'autres ? Le règne de Bölöni a duré 25 jours, pas un de plus. Dès le premier, ça s'est mal passé entre lui et un groupe qui s'étonnait des méthodes dépassées de cet entraîneur. Plusieurs joueurs râlaient, mais Roman Yaremchuk a été le seul à oser l'ouvrir. Les footballeurs sont censés se plier aux directives de leur coach, mais ici, il y avait tellement de mécontentement qu'il devenait difficile de la fermer ! Ivan De Witte est monté au créneau pour éteindre l'incendie, c'est exactement ce qu'on attend d'un président dans des situations aussi tendues. Malgré son intervention, l'insatisfaction n'a cessé d'enfler, et on recevait de plus en plus d'échos à propos de l'approche de l'ancien T1 de l'Antwerp. Vendredi passé, sur la pelouse d'Eupen, les Buffalos ont bien commencé le match. Mais après ça, le cruel manque d'envie qu'ils ont montré par moments était, ni plus ni moins, une motion de défiance à l'encontre de Bölöni. Que ce dernier soit un entraîneur contesté, ça ne date pas d'hier. Mais on ne peut pas non plus passer ses résultats sous silence. Il a fait de bonnes choses avec l'Antwerp en préconisant un jeu viril. Et puis, il y a plusieurs façons d'analyser les événements... Après cinq journées cette saison, l'Antwerp d' Ivan Leko a déjà pris autant de cartes rouges (deux) que pendant toute la campagne 2019-2020. Mais Bölöni n'était pas fait pour La Gantoise. Et ça, la direction aurait dû le savoir. Wim De Decker, son assistant qui a travaillé trois ans avec lui à l'Antwerp et reprend maintenant l'équipe avec Peter Balette, aurait aussi dû en être conscient. Clairement, le portrait que De Decker a fait de son ancien T1 n'a pas dissuadé les dirigeants gantois de l'embaucher. Ou ont-ils pris d'autres critères en considération au moment de faire leur choix ? Ont-ils tenu compte de l'intuition du président, convaincu que Bölöni était l'homme de la situation ? Pourtant, en tant que psychologue, De Witte est censé lire dans la tête des gens. Et savait-il qu'il y a un monde de différence entre un Européen de l'est rigide et un gentleman danois, même si Thorup avait aussi ses détracteurs (quelques joueurs qui se plaignaient de ne pas être alignés à leur meilleure place) ? Surtout, c'est leur vision du football qui est complètement différente. Avec Thorup, c'était un jeu offensif, frais, basé sur les combinaisons. Avec Bölöni, souvent des longs ballons. Les entraîneurs sont simplement de passage, c'est connu. Mais ça ne doit pas empêcher les clubs de se tenir à une certaine culture. En attendant, Gand doit une nouvelle fois repartir d'une page blanche. Pour la troisième fois en quelques semaines. En début de saison, le but était de continuer avec le foot de Thorup. Il fallait seulement resserrer les boulons derrière. Et donc, une nouvelle défense a été transférée. Des défenseurs qui n'ont encore jamais joué ensemble. La Gantoise a entretemps acquis une dizaine de nouveaux joueurs, la plupart via les connexions de Mogi Bayat, qui a rendu de fiers services au club dans le passé. Mais ces nouveaux venus ne se sont pas encore imposés. Et on en est arrivé à une rupture de style totale, que les joueurs n'ont pas encore su assimiler. La Gantoise est aujourd'hui à un tournant de son existence et doit réparer au plus vite les pots cassés depuis le début de l'été. Grâce à un football connu pour séduire depuis longtemps les observateurs les plus critiques.