L'entraîneur français du Tivoli n'a-t-il pas grillé en 90 minutes le magnifique crédit dont il jouissait en Belgique ? Le long discours qu'il a tenu après la visite de Bruges à la Louvière, dans le cadre du championnat, ne tient pas la route même s'il était bien emballé. Aligner une équipe B composée de jeunes, à ce stade de la compétition, face au ténor brugeois, est inacceptable.
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L'entraîneur français du Tivoli n'a-t-il pas grillé en 90 minutes le magnifique crédit dont il jouissait en Belgique ? Le long discours qu'il a tenu après la visite de Bruges à la Louvière, dans le cadre du championnat, ne tient pas la route même s'il était bien emballé. Aligner une équipe B composée de jeunes, à ce stade de la compétition, face au ténor brugeois, est inacceptable. Peut-on parler de championnat faussé en l'occurrence... surtout si les Loups n'alignent pas la même phalange face à Anderlecht dans quelques semaines ? " J'aimerais bien rencontrer Dame Rumeur ", a déclaré le coach louviérois. " Ceux qui connaissent mon mode de fonctionnement et qui me suivent dans mon travail, savent que je ne lâche jamais rien. Quand je suis venu à La Louvière, le président a défini trois objectifs : maintenir le club en D1 (c'est fait), assurer son avenir financier immédiat (c'est fait aussi) et développer la politique des jeunes. Le moment était indiqué afin de lancer les promesses du club pour cerner leurs potentialités. Il était préférable de le faire au Tivoli, chez eux, qu'à Saint-Trond, par exemple, qui lutte pour sa survie en D1. De plus, ils ont l'habitude de jouer ensemble sous la direction de Léon Semmeling et de Régis Genaux. Ils ne m'ont pas déçu, ont prouvé la profondeur de leurs valeurs. J'ai pris cette décision 48 heures avant le match. L'idée a tout de suite été acceptée par le président. Non, elle n'émane pas du tout du président Filippo Gaone. Si elle m'avait été imposée, je n'aurais pas pris place sur le banc. Et le but n'était pas de préserver les troupes en fonction du match de Coupe de Belgique face à Bruges. Ou même de tromper Bruges sur nos intentions tactiques. Les leaders de la D1 nous connaissent suffisamment bien. Non, j'ai aligné la meilleure équipe possible en fonction de mes trois objectifs du début de saison ". Mais pas la meilleure équipe possible en tenant compte des forces du vestiaire ! Cet accès de jeunisme est anormal. C'était une première en Belgique. Quand Filippo Gaone quitte les catacombes en lançant qu'on s'est " assez foutu de la gueule de La Louvière ", cela signifie bien que ce ne fut pas une soirée normale. Anderlecht se pose des questions. Est-ce une suite de l'affaire du ballon crevé ? Les Mauves ont-ils tenté de séduire Silvio Proto qui aurait une clause libératoire de 625.000 euros dans son contrat ? Les Loups ont-ils voulu marquer leur territoire ? Tout est possible. A propos de l'affaire du ballon crevé, Albert Cartier a précisé qu'il avait demandé au président de laisser tomber : " Dans l'intérêt du football belge. Il n'aurait pas été normal que le match retour se déroule avant le match aller. C'est toute la crédibilité du championnat, et de son verdict final, qui était son jeu. De plus, nous avions reçu assez de messages sur le terrain et en dehors du terrain ". Cartier n'a pas défini le mot messages mais le ton lassait à penser que c'était un synonyme de menaces. Si c'est ce qui a déclenché l'opération " jeunesse ", c'est grave. En ce qui concerne son avenir, Cartier aurait eu des contacts avec trois clubs belges (dont, probablement le Standard et Lokeren selon ses dires), ainsi qu'à l'étranger. Il a aussi eu une discussion avec la direction louviéroise la semaine passée et réclame des garanties quant aux objectifs aux clubs, à ses moyens et aux conditions de travail mais, quelle que soit la conclusion des négociations, il se donnera à fond jusqu'à la fin de la saison. Avec sa meilleure équipe ou sa plus jeune équipe ? On ne nous enlèvera pas de la tête que Filippo Gaone a " suggéré " cette équipe de jeunes à son coach. Albert Cartier ne peut qu'affirmer le contraire ou... partir, ce qui aurait terni son acquis. Il avait peur, dit-on, de boire la tasse avec les jeunes. Ce ne fut pas le cas et cela explique, probablement, sa sérénité et son blabla d'après match. Son influence en a pris un coup à La Louvière (le patron décide) mais, globalement, son étoile de coach est encore plus brillante. Il a prouvé qu'il pouvait se débrouiller avec des gamins face à un ténor de l'élite. Les jeunes Loups, pris dans d'étranges débats qui les dépassent, seront paradoxalement un de ses atouts quand il signera ailleurs. (P. Bilic)