En championnat de Belgique, on décèle actuellement cinq candidats au titre.
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En championnat de Belgique, on décèle actuellement cinq candidats au titre.Ferrera: C'est la première fois depuis longtemps que les prétendants sont aussi nombreux. Généralement, ce phénomène est l'apanage des grands championnats étrangers. Delangre: Le regroupement s'est surtout produit à la fin du premier tour. Voici deux mois, on tenait un langage très différent. On parlait de Bruges, de Genk et de Gand, mais les noms du Standard et d'Anderlecht étaient rarement cités dans la course au titre. Personnellement, je ne considère toujours pas Anderlecht comme un candidat au titre sérieux. Et, bien que j'apprécie énormément ce club, je ne vois pas davantage le Standard aller au bout du rêve. Heylens: On peut encore aller dans tous les sens. Tant mieux pour l'intérêt du championnat. AnderlechtSi le championnat est aussi ouvert, n'est-ce pas surtout la conséquence des difficultés rencontrées par Anderlecht suite au départ de joueurs importants?Ferrera: Sans doute. Les blessés furent légion au Parc Astrid et de nombreux nouveaux joueurs ont dû être intégrés. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Le Sporting est parvenu à limiter la casse au classement. Mais sans bien jouer. Heylens: Malgré une série de résultats positifs en fin de premier tour, Anderlecht se cherche encore. Ses victoires furent rarement convaincantes. Le fonds de jeu est toujours absent. Delangre: Anderlecht fonde beaucoup d'espoirs sur le retour de Jestrovic. Sera-ce suffisant? J'ai mes doutes. BrugesAnderlecht en difficulté: c'était, disait-on, la chance de Bruges. Mais les Flandriens ne sont-ils pas à nouveau en train de la laisser passer?Heylens: Je le crains, en effet. La saison dernière, la période difficile avait coïncidé avec la blessure de Gert Verheyen. C'est grave lorsqu'une équipe est autant tributaire d'un seul joueur. Cela peut paraître paradoxal pour Bruges, justement réputé pour son collectif, mais les faits sont là. Mentalement, les Flandriens semblent actuellement accuser le coup. Ferrera: Je suis étonné par les passages à vide à répétition de Bruges. Je crains pour Trond Sollied que, quantitativement, son effectif ne soit pas aussi étoffé que celui de ses concurrents. Delangre: La saison dernière, Bruges avait commencé le championnat par 14 victoires. Une défaite à Anderlecht avait marqué le début de la période difficile. L'histoire semble se répéter. GenkGenk a fait souffler un vent de fraîcheur sur notre championnat.Delangre: Le système de jeu est bien en place. Sef Vergoossen, un entraîneur que je ne connaissais pas personnellement, fut une révélation. Si Genk n'est pas champion, il n'en sera pas loin. J'espère que l'absence des Africains pendant la CAN ne lui sera pas trop préjudiciable. Zokora est un futur grand et Dagano a régulièrement fait fonctionner le marquoir. Heylens: Genk a le mérite d'apporter de la nouveauté dans un championnat trop souvent dominé par les grands traditionnels. C'était déjà le cas en 1999, lors du titre conquis sous la houlette d'Aimé Anthuenis. Après deux années plus difficiles, Genk est de retour. L'équipe possède deux attaquants qui ont un sens du but très aiguisé. Ce qui est réjouissant également, c'est que Genk aligne plusieurs joueurs de 22 ou 23 ans. Ferrera: Genk ne constitue pas une surprise pour moi. Financièrement, ce club est devenu quasiment aussi puissant que Bruges et le Standard. StandardLe Standard est présent malgré le départ de valeurs sûres comme Vedran Runje, Ivica Mornar et Daniel Van Buyten...Delangre: Le retour au premier plan du Standard est le fruit d'une série victorieuse réalisée en novembre et décembre, mais je suis sceptique quant aux chances des Liégeois de poursuivre cette série. J'espère me tromper, mais j'ai l'impression qu'il s'agissait d'un feu de paille. Ferrera: Le Standard connaît souvent de très grandes périodes, entrecoupées d'autres beaucoup moins fastes. Souvenons-nous des dix victoires d'affilée à l'époque du duo Thissen-Depireux. Heylens: Au début de cette saison, le Standard éprouvait des difficultés à inscrire des buts. Au fil de la saison, on a trouvé une symbiose défensive, un équilibre dans l'entrejeu et des attaquants performants. Il y a quelques mois encore, personne au Standard n'espérait se trouver dans une position aussi avantageuse qu'actuellement. Moreira fut un formidable détonateur. Lukunku fut précieux. Il faudra maintenant remplacer Aarst qui, quoi qu'on en dise, apportait plus que sa pierre à l'édifice. Si Cavens s'impose, le Standard pourrait être un adversaire redoutable. GandFaut-il croire aux chances de La Gantoise?Delangre: Personnellement, je n'y crois pas du tout. Heylens: La Gantoise peut finir dans les cinq premiers, mais pas en tête. C'est une équipe qui possède une certaine rigueur. Patrick Remy a instauré un système de jeu qui permet de colmater les brèches et d'éviter toute infiltration. Le milieu de terrain est travailleur. Et devant, on trouve deux attaquants performants. Ferrera: Je ne trouve pas que La Gantoise pratique un jeu aussi insipide qu'on le prétend. Anderlecht et le Standard sont-ils plus spectaculaires? La Gantoise gagne souvent avec un but d'écart, mais elle gagne. Et elle le fait depuis plusieurs saisons. Ce n'est pas le fruit du hasard: cela signifie qu'il y a de la qualité dans cette équipe et que l'entraîneur effectue du bon travail. Heylens: Contrairement à Genk, La Gantoise possède des joueurs assez âgés. Et peu de Belges, hélas. J'aimerais que nos clubs de pointe songent davantage à préparer des joueurs pour notre équipe nationale. Il faut trouver d'autres Sonck, d'autres Simons. Au Standard, un ancien attaquant est devenu arrière gauche. Rien ne dit que Vandooren n'éclatera pas dans ce rôle et qu'il ne sera pas le futur arrière gauche de l'équipe nationale: l'équivalent de Deflandre sur le flanc droit. Espérons que l'on ne s'inspirera pas du mauvais exemple de Lokeren, où l'on est parfois très heureux de découvrir un Belge parmi les 16 joueurs figurant sur la feuille de match. Ventre mouLe problème du championnat de Belgique fut souvent d'avoir un "ventre mou" trop important au sein duquel, très tôt dans la saison, de nombreuses équipes n'avaient plus aucun objectif.Ferrera: Cette saison, le ventre mou se limite à deux équipes: Lokeren et le GBA. Heylens: Ce n'est pas le ventre mou qui est trop important, mais le bas du classement. Jadis, on trouvait deux ou trois équipes faibles. Aujourd'hui, toute la colonne de droite est concernée par la lutte contre la relégation. DescenteDelangre: Beveren m'apparaît comme un descendant certain, mais six ou sept équipes devront lutter jusqu'au bout pour éviter le deuxième siège basculant. Charleroi fait partie du lot. 14 équipesLa faiblesse de nombreuses équipes apporte de l'eau au moulin des partisans d'un championnat à 14 équipes.Heylens: Je n'y ai jamais été favorable. J'en ai discuté avec Michel Renquin, qui n'est pas très heureux de la formule en vigueur en Suisse. Là-bas, on parle d'ailleurs de faire marche arrière et d'en revenir à un championnat plus classique. Si Anderlecht et Bruges se rencontrent quatre fois, plus éventuellement encore en Coupe, au tour final ou dans d'autres mini-tournois, le public se lassera de voir toujours les mêmes têtes. Ferrera: En Ecosse et en Suisse, on a des championnats à 12 équipes. Où sont les clubs écossais et suisses? En limitant le nombre d'équipes, on découpe le gâteau en moins de morceaux, mais ce n'est pas pour cela qu'il est meilleur. Je trouve, par contre, qu'il faudrait trouver une formule où plus d'équipes seraient concernées par le titre et les places européennes. Avec un système de poules, par exemple. Les petites équipes devraient pouvoir s'enrichir. Comment? En leur permettant de réaliser un "coup" sur une saison. Delangre: Il est certain que 18 clubs, c'est énorme pour un aussi petit pays que la Belgique. Mais il faut meubler chaque week-end d'août à novembre. Déception Quelle fut, pour vous, la déception de la première partie de championnat?Heylens: Anderlecht. Les craintes formulées en début de saison se sont confirmées. Et les six semaines au cours desquelles le Sporting a accumulé les points n'ont pas suffi à me convaincre que l'équipe était sur la bonne voie. Delangre: Mouscron. Commencer par un 0 sur 15 et demeurer aussi longtemps dernier du classement alors que l'on dispose de moyens pareils, c'est inadmissible. Ferrera: Charleroi et le Lierse. Une déception, c'est une équipe qui ne se situe pas là où on était en droit de l'attendre. La Louvière et Beveren ne peuvent pas être qualifiées de déception, car on pouvait s'attendre à les voir en mauvaise posture. Charleroi était 4e lorsque mon frère l'a quitté. Le Lierse fut encore champion en 1997. Aujourd'hui, ces deux équipes sont concernées par la lutte contre la relégation. Daniel Devos