Courbé sous le poids des attentes, busé pour la 7e fois de la saison en déplacement, le Standard n'a pas échappé à un inventaire négatif après le voyage au pays de Bob Peeters : manque de fonds de jeu, irrégularité, insignifiance en déplacement, défense aussi liquide qu'une mauvaise compote de pommes, impossibilité de vivre sans Steven Defour, MomoTchité-dépendance en attaque, déficit de caractère et de personnalité sur le terrain, présence aérienne inexistante, manque de réalisme offensif, vaine recherche de professionnalisme, motivation à géométrie variable, impossibilité d'aligner une série de succès, manque d'envie, etc.
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Courbé sous le poids des attentes, busé pour la 7e fois de la saison en déplacement, le Standard n'a pas échappé à un inventaire négatif après le voyage au pays de Bob Peeters : manque de fonds de jeu, irrégularité, insignifiance en déplacement, défense aussi liquide qu'une mauvaise compote de pommes, impossibilité de vivre sans Steven Defour, MomoTchité-dépendance en attaque, déficit de caractère et de personnalité sur le terrain, présence aérienne inexistante, manque de réalisme offensif, vaine recherche de professionnalisme, motivation à géométrie variable, impossibilité d'aligner une série de succès, manque d'envie, etc. Un tel club ne peut pas se contenter de ne viser qu'une place dans le top 6. Il tombe des flocons de crise à Sclessin. Paradoxalement, après 21 journées de championnat, ce mauvais Standard compte quatre points de plus que la grosse cylindrée de la saison passée après le même nombre de rencontres. Maigre consolation. L'écurie 2009-2010, en voie de dislocation, démotivée, prisonnière d'ambitions personnelles, ne songeait qu'à l'Europe, snobait la nouvelle formule du championnat en se disant que sa place en play-offs 1 était une certitude avec un écart en points divisé par deux. La réalité nationale fut très cruelle avec un maigre billet pour les play-offs 2 : le scénario risque de se répéter... sans excuse européenne cette fois. Quel que soit son effectif de départ, même en construction, le Standard ne peut pas vivre paresseusement loin des leaders de la D1. Son ADN révèle que la lutte pour le titre est sa seule raison d'être comme ce fut le cas en 2007-2008 et 2008-09. Cet effectif a été progressivement (tardivement) renforcé et le sera encore. Le Standard aurait déjà investi 11 millions d'euros et cela signifie que le talent ne manque pas. Ce vestiaire doit produire autre chose que des films de série B. Pour le moment, pourtant, le Standard ne lutte pas dans la catégorie des Genk, Anderlecht ou Gand. Les Liégeois n'ont que trois matches référence : 5-1 contre Anderlecht, 2-1 face à Gand et la deuxième mi-temps au Club Bruges (2-2). C'est la preuve que le talent est présent mais que le moule d'une véritable équipe tous terrains n'est pas encore formé. A qui la faute après une demi-saison ? Au Cercle, Dominique D'Onofrio et Sergio Conceiçao ont semblé apathiques, dépassés par les événements, incapables de transmettre énergie et idées au team. Leur liste de défaites doit miner l'ambiance : le staff technique a-t-il encore les bonnes conceptions aux yeux du groupe ? Ne va-t-on pas en arriver à un moment où les coaches accuseront les joueurs et réciproquement ? N'est-ce pas déjà le cas ? DD et Conceiçao n'ont pas trouvé les solutions après avoir loupé sept examens à l'extérieur. Lucien D'Onofrio devra estimer le travail de deux personnes qui lui sont chères et mesure probablement que le temps des décisions difficiles approche. Le chirurgien intervient forcément avant la mort du malade... Il y a quatre ans, le Standard des deux titres est peut-être né sur la pelouse brugeoise : y a-t-il perdu cette fois ses illusions ? Le 10 décembre 2006, menés 4-1 par le Club Bruges, les hommes de Michel Preud'homme misèrent à fond sur leur DCA avec des tours comme Oguchi Onyewu, Marouane Fellaini, Igor de Camargo et Ali Lukunku. Le match bascula en quelques minutes et Lukunku égalisa sur le fil. MPH avait su galvaniser une formation qui était aussi en construction. Or, le problème était autrement plus compliqué que d'être mené 1-0, même à 10 contre 11. Avec sa hargne, Preud'homme ressuscita son équipe en quelques changements tactiques. Le staff technique actuel n'atteint pas cette dimension et la grinta ne suffit pas. Le Standard ne fut pas champion en 2006-2007 mais MPH retint la leçon brugeoise, travailla les balles hautes, ajouta ensuite des pincées de vitesse, de technique, de finesse, etc. Le cocktail actuel n'est plus du tout le même. Le Standard de cette saison manque de hauteur, n'émerge plus dans les batailles aériennes, que ce soit dans son camp ou devant le gardien de but adverse. C'est important en Belgique. Anderlecht et Genk par exemple, disposent de ces atouts avec Roland Juhasz, Romelu Lukaku, Tom De Sutter d'un côté et Joao Carlos de l'autre. Les Rouches ont forcé 145 corners qui ne leur ont offert que trois buts. Le Standard avait eu besoin de 18 corners contre Saint-Trond avant le but de Cyriac. C'est misérable. Il y a bien Luigi Pieroni pour assumer le rôle de bélier mais il joue peu ou n'est pas servi comme ce fut le cas au Cercle Bruges. Laurent Ciman, Axel Witsel et, surtout Cyriac, savent s'élever mais ne sont pas assez puissants dans ces exercices. Sans cet atout, le Standard a quand même marqué 38 buts. La venue de Jelle Van Damme peut changer la donne mais le Standard a peut-être intérêt à dénicher d'autres tours pour sa défense et son attaque. N'est-ce pas pour cela que les Liégeois s'intéressèrent à Dalibor Veselinovic (passé du Brussels à Anderlecht) et qu'on prononça les noms de... Daniel Van Buyten et d'Onyewu à Sclessin ? Depuis 2006-2007, le Standard ne peut tout simplement pas se passer de Defour. A chaque absence, il faut sortir la boîte à outils et revoir toute la mécanique. Orpheline de son capitaine, la ligne médiane a sombré au Cercle comme ce fut le cas sur la pelouse de Courtrai. Cette équipe-là a besoin des coups de gueule du petit Steven, de son volume de travail, de ses relances, de sa présence devant la défense et de son entente avec Witsel. Après l'exclusion de Witsel, la ligne médiane s'est encore plus appauvrie au Cercle. Carcela a fait ce qu'il a pu mais tout était basé sur des efforts individuels. Il n'était pas question de système de jeu, de progression réfléchie sur l'échiquier. Cette évidence a remis d'autres défauts en évidence. Sans Defour, ce secteur manque d'idées, de charisme et de précision sur les balles arrêtées. Carcela se débrouille bien dans cet art mais n'est pas du style à déposer dix fois de suite le ballon sur la tête d'un de ses attaquants. Defour bien, même s'il n'égale pas des spécialistes comme Mbark Boussoufa ou IvanLeko. A Sclessin, on ne cesse de brûler de cierges pour que Franck Berrier soit sur pied au début janvier. Le milieu français devrait se joindre au groupe lors du stage de reprise au Portugal, du 4 au 15 janvier. L'ancien technicien de Zulte Waregem a été engagé pour la précision de sa frappe et de ses services à distance. On l'attendait à la mi-novembre après son opération au genou (ligaments croisés) mais il a dû repasser sur le billard. Avec Berrier à la man£uvre sur les coups francs, la donne sera différente et Van Damme devrait en profiter dans le box adverse. L'apport de Berrier permettra de remplacer plus facilement Defour, absent jusqu'en mars suite à son opération à l'épaule. Cette variété fait défaut pour le moment. Tom De Mul devrait aussi être opérationnel après sa pubalgie. A partir de janvier, en attendant Defour, le Standard devrait miser sur un trio central formé par Van Damme-Berrier-Witsel. Les Liégeois vivent d'espoirs mais ce n'est pas suffisant à ce niveau. L'absence d'un ou deux joueurs ne devrait pas poser de problèmes. Un coach comme Trond Sollied ne change jamais d'occupation de terrain. Pour lui, les problèmes ne sont pas stressants. Il peut se passer de tout le monde. Le Standard actuel compte pas mal d'excellents joueurs mais la moindre absence ressemble à la fin du monde ou à une excuse bon marché... Si un secteur inquiète, c'est surtout la défense. Au Cercle, elle ressembla plus d'une fois à un boxeur poussé dans les cordes, sur les talons, jamais à l'abri d'un knock-out. Et où en est Sinan Bolat ? Sera-t-il sur pied pour les play-offs ? Pas certain car on évoque une deuxième opération au genou. Srdjan Blazic a marqué des points mais c'est la soupe devant lui et seul Ciman répond totalement à l'attente. Pour le reste, les arrières n'ont pas de boussole et chaque orage peut les couler. Sans Daniel Opare (suspendu), Ciman a été déplacé à droite. Le centre de la défense a été confié à l'insuffisant Felipe et à un Eliaquim Mangala qu'on ne reconnaît plus. L'international Espoir français intéressait pas mal de grands clubs étrangers la saison passée : est-ce encore le cas ? Souvent bien placé, il a cependant raté bon nombre de relances et ne rassure pas du tout en jouant souvent comme un jeune chien fou. Sa technique individuelle est assez hésitante. Il n'a pas progressé par rapport à la saison passée. Cet édifice est trop fragile pour les missions les plus importantes. Il ne supporte absolument pas la comparaison avec la dernière grande défense, celle des deux titres : Espinoza (puis Bolat) ; Marcos, Onyewu, Sarr, Dante, etc. Il y a urgence : le Club Bruges est revenu à la hauteur du Standard et n'est plus l'homme malade de la D1. Les assauts de l'hiver ont désorganisé le classement de la D1. Si Courtrai, Malines et le Cercle Bruges avaient disputé tous leurs matches, le Standard ne figurerait probablement pas dans le top 6. Malchance ou pas, cette présence fictive est synonyme d'exclusion pour les joueurs et les constructeurs de cet effectif. Il est minuit à Sclessin... PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: BELGA Lucien D'Onofrio mesure probablement que le temps des décisions difficiles approche. Le chirurgien intervient forcément avant la mort du malade... Preud'homme ressuscita son équipe en quelques changements : le staff technique actuel n'atteint pas cette dimension.