Vous vous demandez sûrement si, en pleine effervescence pour le Mondial, on a encore le temps de jouer au football dans notre pays. Et pourtant, le championnat du Brésil a repris voici quelques semaines. Je vais vous expliquer comment ça se passe mais je vous préviens, c'est comme pour la Coupe du monde : les bonnes nouvelles ne sont pas légion.
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Vous vous demandez sûrement si, en pleine effervescence pour le Mondial, on a encore le temps de jouer au football dans notre pays. Et pourtant, le championnat du Brésil a repris voici quelques semaines. Je vais vous expliquer comment ça se passe mais je vous préviens, c'est comme pour la Coupe du monde : les bonnes nouvelles ne sont pas légion. Le championnat du Brésil, que l'on appelle Série A, comme en Italie, a repris le 20 mars dans l'indifférence la plus totale. Peut-être parce que cette année est placée sous le seul signe de la Coupe du monde et parce que toutes nos stars évoluent à l'étranger. Après neuf journées, le championnat sera interrompu pendant un mois, Coupe du monde oblige. Les 29 autres journées seront disputées par la suite et on spécule déjà beaucoup sur les conséquences possibles de cette interruption. En général, tout le monde pense que la Coupe du monde sera néfaste aux équipes qui ont pris un bon départ et qu'elle offrira aux autres la possibilité de se ressaisir. Les candidats au titre que sont Cruzeiro (champion sortant), le FC São Paulo et l'Internacional pourraient donc être les dindons de la farce. Cette interruption ne fait cependant pas jaser : c'est comme ça tous les quatre ans. La seule différence c'est que, cette fois, certains clubs doivent céder leur stade à la FIFA dès la fin mai. Palmeiras, qui évolue au Pacaembu, cherche toujours un toit dans les environs de São Paulo car son stade est repris dans la liste des stades d'entraînement. C'est pour la même raison que l'Internacional devra céder le BeiraRio de Porto Alegre. Vous vous dites sans doute que les Brésiliens sont fous de football mais vous serez surpris d'apprendre que l'intérêt pour le championnat national est très restreint. Surtout si on compare avec ce qui se passe en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne. Un match normal de Série A attire rarement plus de dix mille spectateurs. Ce n'est cependant pas surprenant : nos stades n'ont ni parking, ni toilettes convenables. Ce n'est évidemment pas le cas des nouveaux stades, construits dans l'optique de la Coupe du monde, mais ceux-ci sont difficilement accessibles. Les transports en commun sont en dessous de tout et les tickets d'entrée, extrêmement chers. C'est pourquoi je crains que les nouveaux stades n'apportent pas grand-chose à la Série A. Pour le moment, je n'ai pas l'impression que la Coupe du monde ait un impact sur le championnat. La fièvre du Mondial n'a pas encore débuté, parce que l'opinion publique est toujours contre l'organisation de l'événement. Les médias et les gens se préoccupent plus de savoir quel héritage la Coupe du monde va laisser sur le plan des infrastructures que de l'événement sportif en lui-même. Tout le monde s'attend cependant à ce que les choses changent dans les prochaines semaines, lorsque les premières équipes vont débarquer et lorsque LuisFelipeScolari dévoilera sa sélection. Fin avril, il a d'ailleurs déjà confirmé neuf noms : JulioCésar, DavidLuiz, ThiagoSilva, Ramires, Willian, Oscar, Paulinho, Fred et Neymar. Hormis Fred, tous évoluent à l'étranger, ce qui nous ramène au peu d'intérêt pour notre Série A. Bernard, Paulinho et Neymar sont les dernières vedettes à avoir quitté le pays et, contrairement à ce que vous pensez peut-être, peu de jeunes ont repris le flambeau. L'époque où le Brésil produisait des talents à la pelle semble révolue. EvertonRibeiro pourrait être notre future star. En 2013, il a été champion avec Cruzeiro et a été élu Meilleur Joueur de Serie A. Mais cette année, il peine à confirmer. Le FC Santos, qui a perdu Neymar, compte désormais sur Geuvânio et Gabriel mais il est trop tôt pour dire s'ils atteindront un jour le niveau de leur prédécesseur. En attendant, nous devons donc nous contenter de ce que les vieux Ronaldinho, LuisFabiano, Ganso et Elias ont encore à nous offrir après leur retour d'Europe. PAR FRANÇOIS COLIN" Le pays n'est pas encore gagné par la fièvre. "