Ici, nous sommes tous plus conscients que jamais du problème insoluble que représente la construction des stades et de l'infrastructure de la Coupe du Monde. Mais cette fois-ci, j'aimerais vous parler d'un autre sujet, un sujet qui nous tient vraiment à coeur : l'équipe nationale, que vous appelez Seleção mais que nous appelons plutôt Escrete ou Canarinho team ou encore Amarelinha. Ici aussi, il y a du boulot.
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Ici, nous sommes tous plus conscients que jamais du problème insoluble que représente la construction des stades et de l'infrastructure de la Coupe du Monde. Mais cette fois-ci, j'aimerais vous parler d'un autre sujet, un sujet qui nous tient vraiment à coeur : l'équipe nationale, que vous appelez Seleção mais que nous appelons plutôt Escrete ou Canarinho team ou encore Amarelinha. Ici aussi, il y a du boulot. Au cours des dernières années, on ne peut pas dire que l'équipe ait fait forte impression. Pendant deux ans, elle n'a pas battu un seul grand pays mais depuis la belle victoire sur l'Espagne, l'an dernier, en Coupe des Confédérations, on attend à nouveau beaucoup d'elle. Les journaux n'hésitent d'ailleurs pas à parler de sixième titre mondial. L'hiver dernier - chez vous, c'était l'été - le Brésil a battu successivement le Japon, le Mexique, l'Italie, l'Uruguay et l'Espagne. Il a également conquis son premier trophée international depuis dix ans. Mais si vous pensez que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, détrompez-vous : plusieurs joueurs importants sont blessés et il y a également quelques soucis d'ordre extra-sportif. C'est-à-dire financier. Commençons par Fred. Ce n'est sans doute pas le Brésilien que vous connaissez le plus mais il a inscrit deux buts face à l'Espagne. Et aux yeux de Luis Felipe Scolari, il est le numéro neuf idéal. Mais Fred vit des moments difficiles. Depuis la Coupe des Confédérations, il passe d'une blessure à l'autre. Début février, on l'a revu sur les terrains mais dans le championnat de Rio, il ne touche pas une balle. En l'absence d'un avant de pointe du niveau de Ronaldo ou de Romario, la méforme de Fred constitue un problème d'ordre national. Sans autre alternative, Scolari l'a sélectionné pour le match amical en Afrique du Sud de ce mercredi. Et puis, il y a le cas Neymar. Pour lui non plus, ça ne tourne pas rond. Aujourd'hui, on ne le considère plus comme un goldenboy ou comme un grand espoir mais comme un tricheur. Pas sur un terrain mais à cause de la façon dont son père a négocié son transfert à Barcelone. Nous savons depuis peu qu'en 2011, lorsque le FC Santos affronta le Barça au Championnat du Monde des clubs, les Catalans avaient déjà versé dix millions d'euros à son père en vue du transfert. Santos affirme ne pas avoir été mis au courant mais qui peut croire ça ? La justice a levé le voile sur cette affaire et on sait aujourd'hui que Neymar n'a pas coûté 57 millions mais 90 millions. L'affaire a fait grand bruit en Espagne mais aussi au Brésil. Le père Neymar a tout expliqué mais cela ne suffit pas. Le fisc brésilien va enquêter. Et cela juste avant le Mondial... Depuis, Neymar père et fils ont coupé les ponts avec la direction de Santos, ce qui n'a pas augmenté leur capital sympathie aux yeux des fans. Ceux-ci se font du mouron pour leur idole qui, voici peu, s'est blessé en Espagne. Ce qui ne lui arrivait jamais au Brésil. En plus de ses problèmes physiques, il a rompu avec l'actrice Bruna Marquezine. Quel impact tout cela peut-il avoir sur le jeu d'un jeune joueur ? Et comme si nous n'avions pas suffisamment de problèmes avec nos attaquants, nous nous posons également des questions au sujet de notre gardien. Julio Cesar a quitté Queens Park Rangers pour le Toronto Football Club. Pas un Brésilien ne pense qu'il a fait le bon choix. Le foot au Canada, ça représente quoi ? Si Scolari veut refaire le coup de 2002, il a besoin d'une défense solide, d'un tout bon attaquant, d'un leader doté de capacités techniques et d'un grand gardien. Fred, Neymar et Julio Cesar peuvent-ils reprendre les rôles dévolus alors à Ronaldo, Rivaldo et Marcos ? Peu de Brésiliens oseraient répondre par l'affirmative à cette question cruciale. Autant dire que les mois qui viennent seront longs, très longs...PAR FRANÇOIS COLIN" La blessure de Fred constitue un problème d'ordre national. "