Tout va bien jusqu'ici ? Pas vraiment ! Regardez bien le calendrier : il ne reste qu'un peu plus de 100 jours avant le match d'ouverture de la Coupe du monde 2014 qui, le 12 juin à São Paulo, opposera le Brésil à la Croatie. Le mois de janvier fut à nouveau à marquer d'une pierre blanche. Ou, plutôt, à oublier. Car nous avons encore eu droit à quelques épisodes de la relation amour-haine entre le Brésil et la FIFA.
...

Tout va bien jusqu'ici ? Pas vraiment ! Regardez bien le calendrier : il ne reste qu'un peu plus de 100 jours avant le match d'ouverture de la Coupe du monde 2014 qui, le 12 juin à São Paulo, opposera le Brésil à la Croatie. Le mois de janvier fut à nouveau à marquer d'une pierre blanche. Ou, plutôt, à oublier. Car nous avons encore eu droit à quelques épisodes de la relation amour-haine entre le Brésil et la FIFA. Sepp Blatter, le président séculaire de la FIFA, a ouvertement critiqué le comité d'organisation de la Coupe du Monde en déclarant qu'au cours des quarante dernières années, aucun pays n'avait aussi mal préparé l'organisation de cette épreuve. Quelques jours plus tard, il rencontrait notre présidente, Dilma Rousseff. Et lui disait qu'il avait confiance et que le tournoi serait inoubliable. Quelqu'un a-t-il la moindre idée de ce que cet homme pense vraiment ? Et puis il y a Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA. Encore un autre genre de personnage. Il n'y a pas si longtemps, il déclarait que le Brésil méritait, passez-moi l'expression mais ce sont ses mots, un coup de pied au derrière. Il ne laisse pas passer une occasion de nous dire que nous devons réaliser les travaux. Il y a quelques semaines, il est venu au Brésil et ce qu'il a vu ne lui a pas plu. Jusqu'à ce qu'il réalise qu'il parlait au nom de la FIFA et qu'il confirme que le gouvernement brésilien veillerait à organiser un événement exceptionnel. Quoi qu'il en soit, on prend de plus en plus au sérieux l'hypothèse de la désignation d'un nouveau stade : l'Arena do Grêmio, à Porto Alegre. Un formidable temple du football construit en 2012 mais qui n'avait pas été retenu pour la Coupe du Monde. Il abrite les matches de Grêmio, un club très populaire du sud du pays, connu pour avoir formé Ronaldo Gaúcho, mieux connu sous le nom de Ronaldinho. Jusqu'ici, une telle modification est cependant impensable. Car des tas de choses entrent en ligne de compte : les tickets, la logistique... Sans parler des conséquences politiques. Curitiba est la capitale du Parana, un Etat très important. Les autorités locales ne laisseront jamais faire une chose pareille. Valcke a accordé un nouveau délai à Curitiba : à la mi-février, le maître d'oeuvre devra prouver que de gros progrès ont été faits. Sans quoi Curitiba pourra faire une croix sur le Mondial. Cette sortie de Valcke a eu un effet immédiat : les autorités du Parana ont directement annoncé de nouveaux investissements afin d'accélérer les travaux. Des ouvriers supplémentaires ont été engagés et on travaille désormais de très tôt le matin à très tard le soir. De toute façon, c'est le contribuable qui payera la note. Mais plus le pays dépense, plus les citoyens sont furieux. La colère monte et personne ne sait où elle s'arrêtera. Le 25 janvier, la ville de São Paulo célébrait son 460e anniversaire. Mais lorsque deux mille manifestants paralysèrent l'Avenida Paulista, l'artère la plus importante de la capitale économique du Brésil, plus personne n'avait envie de faire la fête. S'ensuivit une nouvelle confrontation terrible entre les activistes et les forces de l'ordre. Un manifestant fut abattu, des voitures furent incendiées, des banques détruites et des centaines de trublions, arrêtés. Les leaders du mouvement firent savoir que ceci n'était qu'un petit avant-goût de ce qui se passerait pendant la Coupe du Monde. " Nous ne serons pas tendres ", dirent-ils. Tout le pays retient dès lors son souffle. La fête risque de tourner en eau de boudin. Promis, la prochaine fois, je vous parlerai de football. Mais ce qui vient de se passer au Brésil est tellement sérieux que je ne pouvais en aucun cas l'ignorer. Pour le Brésilien moyen, ce tournoi sera bien plus qu'une Coupe du Monde. Et il ne reste guère plus de cent jours...?PAR FRANÇOIS COLINPlus l'Etat dépense, plus les citoyens sont furieux.