Ce soir, au Parc Astrid, Anderlecht livrera face au Betis Séville son deuxième match de poule en Ligue des Champions. Le premier, voici quinze jours, s'était soldé par un revers de justesse à Chelsea, grandissime favori de l'épreuve cette année. Un résultat logique, somme toute, mais qui porte à huit le nombre de défaites successives du Sporting dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Un record négatif dont on se serait volontiers passé au Stade Constant Vanden Stock, où chacun aura à c£ur, aujourd'hui, de stopper net l'hémorragie. Et en particulier Hannu Tihinen, principal artisan de la dernière victoire des Mauves sur cette prestigieuse scène face à l'Olympique Lyonnais. C'était le 25 novembre 2003. Une éternité.
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Ce soir, au Parc Astrid, Anderlecht livrera face au Betis Séville son deuxième match de poule en Ligue des Champions. Le premier, voici quinze jours, s'était soldé par un revers de justesse à Chelsea, grandissime favori de l'épreuve cette année. Un résultat logique, somme toute, mais qui porte à huit le nombre de défaites successives du Sporting dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Un record négatif dont on se serait volontiers passé au Stade Constant Vanden Stock, où chacun aura à c£ur, aujourd'hui, de stopper net l'hémorragie. Et en particulier Hannu Tihinen, principal artisan de la dernière victoire des Mauves sur cette prestigieuse scène face à l'Olympique Lyonnais. C'était le 25 novembre 2003. Une éternité. Hannu Tihinen : Face aux Espagnols, nous nous devons tout simplement de mettre fin à une série noire entamée lors de notre ultime rencontre de groupe au Bayern Munich voilà près de deux ans. Ce ne sera pas une sinécure dans la mesure où les Andalous, au même titre que nos deux opposants anglais dans le cadre de cet event, ne sont pas des clients. Un bon Anderlecht est toutefois susceptible de matérialiser une performance de choix. A mes yeux, en tout cas, le coup me semble plus jouable que devant Chelsea ou Liverpool qui peuvent tabler de concert sur une défense d'airain et une organisation de jeu des plus solides. Le football ibérique est, par comparaison, un peu plus frivole. C'est pourquoi j'ai foi en une issue favorable, à condition que l'inspiration soit au rendez-vous, dans nos rangs. C'est une réflexion qui ne laisse pas insensible mais, si je ne m'abuse, il y a un proverbe, chez vous, qui dit qu'une hirondelle ne fait pas le printemps. Et il y a sans nul doute un fond de vérité dans cette assertion. La preuve : je faisais bel et bien partie des cadres lors de la campagne européenne 2003-2004 et, à l'époque, nous n'avions pas franchi l'écueil du premier round avec des adversaires qui avaient comme noms l'Olympique Lyonnais, le Celtic Glasgow et le Bayern Munich. Or, cette affiche était sûrement moins prestigieuse que celle de la saison dernière. Qui, elle-même, est moins corsée que celle qui nous a été réservée ce coup-ci. Pourtant, je crois dur comme fer que nous ne nous retrouverons pas les mains vides au bout de six joutes. La différence, ce n'est pas moi qui la ferai, détrompez-vous, mais l'équipe. Car le Sporting actuel est plus fort que celui d'il y a un an. Je dirais même plus : depuis mon arrivée ici, en 2002, c'est le meilleur effectif que j'aie connu. Dans tous les secteurs, nous sommes devenus plus forts. En défense, les jeunes tels Anthony Vanden Borre, Vincent Kompany et Olivier Deschacht ont indéniablement pris de la bouteille. Dans l'entrejeu aussi, nous nous sommes bonifiés. A mes débuts, le RSCA tablait sur un régisseur au milieu, encadré par deux, trois, voire quatre autres joueurs en fonction des circonstances. A présent, toujours selon les besoins, le coach peut faire appel à un orienteur de même type dans l'axe, ou à des meneurs de jeu excentrés, comme Bart Goor par exemple. Devant, la palette est plus riche aussi. Auparavant, il y avait toujours tendance à alerter pour ainsi dire exclusivement Aruna Dindane, avec l'espoir qu'il réalise un exploit balle au pied, ou qu'il alerte à bon escient un partenaire. Cette fois, avec un Mbo Mpenza complètement retrouvé et un Serhat Akin qui fait lui aussi figure d'enrichissement au niveau du collectif, nous sommes à la fois mieux armés et plus diversifiés. C'est la raison pour laquelle le Sporting peut résolument s'éveiller aux plus hautes ambitions cette année. A mon sens, nous devons ni plus ni moins viser le doublé. Nous avons les moyens d'y arriver. J'ai bien l'impression que les Rouches, surtout, nous donneront du fil à retordre au cours des prochains mois. Contrairement au Club, qui s'est vu contraint de rebâtir une toute nouvelle formation suite aux départs conjugués de plusieurs valeurs sûres comme Peter Van der Heyden, David Rozehnal, Nastja Ceh et, plus particulièrement, Timmy Simons, les Liégeois ont eu la bonne idée de conserver un noyau qui n'avait échoué que d'un fifrelin dans la course à l'UEFA voici quelques mois. Les footballeurs de Dominique D'onofrio poursuivent sur cette lancée désormais et tout porte bel et bien à croire qu'ils nous mèneront la vie dure jusqu'au bout. Toutefois, compte tenu de nos propres forces, il va sans dire que nous n'avons pas grand-chose à envier aux joueurs principautaires. Le principal favori pour le titre, c'est nous et personne d'autre. Et si, de plus, nous pouvions faire coup double en nous imposant au Heysel, en finale de la Coupe de Belgique, ce ne serait pas de refus. Personnellement, j'ai à c£ur de quitter le Sporting par la grande porte l'été prochain. Oui, c'est certain. L'hiver passé, je me suis prononcé en ce sens auprès de la direction, prenant moi-même les devants afin qu'elle ne soit pas prise au dépourvu à l'heure de me proposer, éventuellement, une prolongation de bail. Si les responsables du club l'avaient voulu, ils auraient pu monnayer mes aptitudes cet été. Ils ne l'ont cependant pas voulu et, selon toute vraisemblance, j'irai donc au bout de mon contrat, qui vient à échéance le 30 juin prochain. Mais je maintiens ma décision : même pour tout l'or du monde, je ne rempilerai pas. Ce n'est pas que je ne me sente pas bien ici. Au contraire, s'il est un choix que je ne regretterai jamais, c'est d'avoir abouti un jour en Belgique et au RSCA, plus précisément. Pour tous les footballeurs, soucieux de faire une carrière enviable, je ne saurais que trop recommander votre pays, et le Sporting, comme tremplin. Cette option aura vraiment été des plus pertinentes pour moi et jamais je ne la regretterai. Ce fut un authentique coup dans le mille. Si j'ai voulu quitter la Norvège, où je militais au Viking Stavanger après avoir défendu au préalable les couleurs du plus grand club finlandais, l'HJK Helsinki, c'était avec l'espoir de devenir un joueur plus complet. Après quatre années au plus haut niveau en Scandinavie, j'avais la très nette impression d'avoir fait le tour du propriétaire là-bas. Le football, il est vrai, y est stéréotypé. Tant dans mon pays natal que chez le voisin, j'y ai eu affaire au même type de jeu, basé essentiellement sur les qualités athlétiques de ses adeptes. Mon souci, c'était d'enrichir mon bagage et c'est pour cette raison que la Belgique ne me laissait pas indifférent. Kari Ukkonen, un compatriote qui avait évolué au Sporting, autrefois, m'avait dit que sous vos latitudes j'allais être confronté à des styles et à des joueurs ô combien différents. A l'analyse, force est de reconnaître qu'il ne s'était pas trompé. La Belgique, c'est réellement le carrefour de l'Europe au point de vue footballistique. On y trouve des représentants du jeu anglo-saxon, comme le FC Bruges, ou d'un style plus latin, comme Anderlecht, voire africain, à l'enseigne de Beveren. Au plan individuel, j'ai sans conteste progressé en me frottant à un dribbleur de la trempe d'Aruna Dindane, pour ne citer que lui. Mais après quatre nouvelles saisons, je suis sans doute arrivé à nouveau au bout de mon apprentissage. De là mon désir, à 29 ans, de vivre autre chose. Même si ce n'est pas sans regrets que je quitterai Anderlecht et la Belgique. Le foot y est chouette, les gens extrêmement sympas et la cuisine fabuleuse. J'ai découvert les moules ici : un régal. Mussels from Brussels : rien qu'à ce titre, la capitale vaut un détour (il rit). Honnêtement, je n'en sais strictement rien à l'heure actuelle. Les gens doivent se dire : -Ce gars est fou de troquer la proie pour l'ombre alors que le Sporting est prêt à consentir un généreux effort pour qu'il paraphe un nouvel engagement. Je ne peux pas leur donner tort, mais il faut que tout le monde sache que je n'en fais nullement une question d'argent. L'essentiel, pour moi, est de découvrir une autre culture footballistique et même une autre culture tout court. A cet égard, une fois encore, j'ai été plutôt bien servi au Sporting où j'ai pu lier connaissance avec un Croate comme Ivica Mornar, un Kosovar comme Besnik Hasi, ou encore un Coréen tel Ki-Hyeon Seol. Avec lui, j'ai franchement tissé des liens d'amitié. Qui sait, on se retrouvera peut-être en Angleterre. Je n'ai joué que trois mois là-bas, à West Ham United, jadis. Ce n'est évidemment pas assez pour s'imprégner du football sur place. Je ne serais donc pas réfractaire à un retour aux Iles mais je n'en fais pas un must. Toute expérience est bonne, à condition qu'elle constitue un enrichissement sur le plan de mon épanouissement personnel comme footballeur. Dans un premier temps, pour des motifs compréhensibles, je songe à me parfaire en Europe. Plus tard, un autre environnement, plus lointain, sera peut-être à l'ordre du jour : le Golfe Persique ou même l'Australie, pourquoi pas. Un jour, comme joueur ou touriste, je me rendrai aux antipodes en tout cas. Mon passé, vraisemblablement. Je suis originaire du grand nord finlandais, une des régions du monde où les habitants doivent composer avec le fameux soleil de minuit en été ainsi que les journées sans clarté en hiver. Qu'on le veuille ou non, on forme bande à part. On constitue une exception à la règle générale et il faut voir là, probablement, les raisons qui nous poussent à transgresser nos limites. Il est quand même marrant de constater que le club le plus septentrional du monde, Tromsö en Norvège, a formé des joueurs du calibre d'Ole-Martin Aarst, Rune Lange ou Sigurd Rushfeldt. Là-bas, dans des conditions extrêmes, tout prédispose les jeunes à devenir soit des skieurs, soit des hockeyeurs mais sûrement pas des footballeurs. Chez nous, en Finlande, il n'en va pas autrement. Pas mal de joueurs sont issus de Laponie. Et les meilleurs font carrière à l'étranger (il rit). Il y a un proverbe finlandais qui dit que deux hirondelles ne font pas le printemps (il s'esclaffe). Sérieusement, défendre n'est jamais l'affaire de deux personnes mais d'un collectif. Liverpool et Chelsea le poussent même à son paroxysme et c'est pourquoi ces deux formations sont tellement solides derrière. Chez elles, tout le monde attaque et tout le monde défend. A Anderlecht, comparativement, tout est plus compartimenté, même s'il m'arrive de marquer de temps à autre (il rit). D'autre part, il ne faut pas oublier non plus que la Finlande ne peut tabler que sur une dizaine de pros évoluant dans les meilleures compétitions à l'étranger. Ce n'est pas grand-chose par rapport à la Hollande et à la Tchéquie qui comptent bon nombre de joueurs dans ces championnats. C'est pourquoi nous sommes à notre place derrière ces deux grandes nations et la Roumanie. Il y a beau y avoir un monde de différence entre eux, à tous les points de vue, l'entente entre nous n'en est pas moins au beau fixe. Sous l'angle du caractère, je suis beaucoup plus proche de Sami Hyypiä mais la réalité du terrain atteste à suffisance aussi que je m'entends comme larrons en foire avec Vince. C'est bien la preuve que les extrêmes s'attirent. Ce n'est peut-être pas tout à fait un hasard non plus si nous partageons la même chambre lors des mises au vert. Il avait à peine débarqué parmi nous que Vince me disait déjà : -C'est pas possible, ou bien c'est ton frère, ou bien ils ont réussi à te cloner (il rit). Et c'est vrai qu'il y a un certain nombre de similitudes entre nous : le physique, la sobriété, le placement, le jeu simple. J'ai bel et bien l'impression qu'Anderlecht a vu juste. Une fois encore (il rit). Bruno Govers" Je n'avais jamais connu UN EFFECTIF ANDERLECHTOIS AUSSI BRILLANT "