I zzet Akgül peut jouer pour Charleroi : c'est la conclusion heureuse de l'un des derniers feuilletons judiciaires de notre football (voir encadré). Le deuxième meilleur buteur de D3 la saison dernière (derrière Mirek Waligora, d'Overpelt-Lommel) avec Namur, a déjà beaucoup voyagé. Le Sporting est son huitième port d'attache. Il détaille son parcours peu habituel, décerne ses prix orange et citron, et cote ses anciens employeurs.
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I zzet Akgül peut jouer pour Charleroi : c'est la conclusion heureuse de l'un des derniers feuilletons judiciaires de notre football (voir encadré). Le deuxième meilleur buteur de D3 la saison dernière (derrière Mirek Waligora, d'Overpelt-Lommel) avec Namur, a déjà beaucoup voyagé. Le Sporting est son huitième port d'attache. Il détaille son parcours peu habituel, décerne ses prix orange et citron, et cote ses anciens employeurs. C'est le frère d'Izzet Akgül qui l'inscrit dans l'un des deux clubs de la ville où ils sont nés. A l'insu du paternel. Son meilleur souvenir : " A 9 ans, j'ai été élu meilleur joueur et meilleur buteur d'un tournoi au Standard. C'est à cette occasion-là que les Liégeois m'ont repéré ". Son pire souvenir : " J'ai travaillé avec un entraîneur dont j'avais une frousse bleue. Par moments, il me terrorisait. Je ne comprenais pas pourquoi il s'en prenait systématiquement à moi. Plus tard, j'ai compris : gamin, déjà, j'avais besoin d'un coach à poigne parce que, chez moi, les risques de dérapage étaient permanents ". Son appréciation : " 10/10 parce que, globalement, je n'ai connu que du bonheur dans mon premier club ". Akgül côtoie l'école des jeunes de Sclessin. Son meilleur souvenir : " Je retiens surtout les multiples tournois dans de grandes villes étrangères ". Son pire souvenir : " Ma dernière année, avec un prof de gym qui nous entraînait. Un jour, il m'a obligé à m'échauffer pendant une heure et il a voulu que je rentre à 5 minutes de la fin, pour remplacer un blessé. J'ai refusé. Le soir même, je décidais avec mon père de quitter le Standard ". Son appréciation : " 8/10 ". Retour sur les rives de la Meuse, mais dans l'autre club de la ville. Son meilleur souvenir : " Une pleine saison d'insouciance et de joie de jouer ". Son pire souvenir : " Aucun ". Son appréciation : " 9/10 ". Le père d'Izzet Akgül parle de son fils aux dirigeants du grand club d'Istanbul, qui acceptent de le soumettre à un test. Concluant. Son meilleur souvenir : " Après trois saisons chez les jeunes, je suis passé en équipe Réserve, tout en m'entraînant régulièrement avec la Première. Je me retrouvais dans le même vestiaire que Popescu, MarioJardel, ClaudioTaffarel, GheorgheHagi, etc. Contre eux, les jeunes n'avaient pas intérêt à trop mettre le pied à l'entraînement, sous peine de se faire enguirlander comme du pus. J'étais à Galatasaray quand ce club a gagné la Coupe de l'UEFA : une ambiance extraordinaire ". Son pire souvenir : " Après deux ans là-bas, Kocaelispor, un club de D1, entendait me transférer. Mais on n'a pas voulu me laisser partir. On m'a promis que je jouerais vite en Première. J'étais jeune et je l'ai cru. Si j'avais signé à Kocaelispor à ce moment-là, ma carrière aurait peut-être décollé définitivement ". Son appréciation : " 10/10 parce que les joies que j'ai connues aux côtés des stars effacent tous les petits problèmes ". Izzet Akgül profite de sa double nationalité belgo-turque (et donc de l'arrêt Bosman) pour filer gratuitement dans ce club suisse dont le vice-président est son conseiller. Son meilleur souvenir : " C'est là-bas que j'ai débuté en D1. J'ai aussi découvert que, dans un pays aussi peu passionné de football, on pouvait par moments retrouver une atmosphère aussi chaude qu'en Turquie : lors des matches dans le stade de Bâle, où il y avait régulièrement 25.000 personnes ". Son pire souvenir : " A trois mois de la fin de la saison, le président nous a avoué qu'il n'avancerait plus l'argent nécessaire à l'obtention de la licence. Les caisses étaient vides, on ne nous payait plus nos primes. Le club était en train de mourir mais il fallait encore finir le championnat. Comme d'autres joueurs, j'ai attaqué Sion en justice : ce n'est pas encore fini ". Son appréciation : " 7/10 ". Deuxième expérience turque, en D2. Son meilleur souvenir : " J'ai retrouvé six joueurs que j'avais connus chez les jeunes de Galatasaray, ainsi que mon ancien entraîneur. C'est lui qui avait fait le forcing pour que je signe à Bosnaspor. Ce fut extra... pendant deux mois ". Son pire souvenir : " Je me suis blessé à la cheville et ce même entraîneur a prétexté ma blessure pour m'éjecter du noyau, du jour au lendemain. J'ai compris plus tard : il ne m'avait pas pardonné d'avoir profité de l'arrêt Bosman pour quitter Galatasaray gratuitement. J'ai demandé ma liberté mais la direction ne me l'a pas accordée. J'ai ainsi été bloqué pendant plus d'un an, jusqu'au jour où la FIFA s'est penchée sur mon cas : en quelques minutes, c'était réglé, j'étais à nouveau libre ". Son appréciation : " 5/10 ". Fabrice Silvagni demande Izzet Akgül en renfort. Son meilleur souvenir : " De mes 18 buts, je retiens d'abord les deux que j'ai marqués tout en fin de saison contre Lommel-Overpelt. Si nous perdions ce match-là, nous étions condamnés aux barrages pour le maintien. Nous l'avons gagné 2-1 ". Son pire souvenir : " Les problèmes que j'ai connus avec la nouvelle direction, après l'emprisonnement d' ArmandKhaïda. L'ancien président m'avait promis de ne pas me mettre de bâtons dans les roues si un club de D1 s'intéressait à moi en fin de saison. Je sais qu'il aurait tenu parole. Mais son successeur, Jean-Claude Baudart, a essayé de casser ma carrière au moment où je pouvais redevenir professionnel. Scandaleux. Aujourd'hui, tout le monde me connaît alors que je n'ai encore rien montré avec Charleroi. A cause du comportement de la nouvelle direction de Namur. Je ressens beaucoup de poids sur mes épaules parce qu'on a parlé de moi pendant tout l'été. Ce n'est pas normal ". Son appréciation : " 10/10 pour ma saison et l'ancienne direction ; 3/10 pour le nouveau président ". Pierre Danvoye