Même lorsqu'il porte un ample t-shirt, Eric Scalia ne peut camoufler les stigmates de la blessure encourue il y a un an. La clavicule ne se termine plus par un arrondi harmonieux là où commence l'épaule. Elle s'arrête net, formant au contraire une sorte d'escalier. Impressionnant!
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Même lorsqu'il porte un ample t-shirt, Eric Scalia ne peut camoufler les stigmates de la blessure encourue il y a un an. La clavicule ne se termine plus par un arrondi harmonieux là où commence l'épaule. Elle s'arrête net, formant au contraire une sorte d'escalier. Impressionnant!En cette période de l'année, le défenseur français de La Louvière y pense. Il passe et repasse sa main sur l'endroit de son corps éternellement traumatisé. Histoire, sans doute, de conjurer le mauvais sort. C'est au cours d'une rencontre de préparation, qu'à la suite d'un contact, il s'écroula pour le compte. Résultat: quatre mois et demi d'indisponibilité... bientôt suivie d'une tendinite au mollet, consécutive à une trop longue période d'inactivité forcée. Acquis à Fréjus, D3, afin de renforcer le bastion défensif, Scalia n'a été titularisé qu'à onze reprises.Autant le dire platement, vous n'avez pas justifié votre salaire!Eric Scalia : Non. Evidemment. Pendant ma convalescence, j'ai tenté de me rendre utile. J'étais toujours présent au stade. Je n'ai jamais cessé d'encourager mes équipiers. Dans la mesure du possible, je leur faisais profiter de mon expérience. Comment avez-vous vécu cette impuissance à aider le club, à un moment où les résultats ne suivaient pas?Mal! D'autant que je me réjouissais à l'idée de retrouver le championnat belge. Mes deux saisons à Beveren ne m'ont laissé que de bons souvenirs. Le coup de massue que je recevais sur la tête n'était cependant pas suffisant. Pas question de courber l'échine. D'abdiquer! Peu importait le temps qu'il me fallait avant de revenir. J'étais bien décidé à refaire surface. Jour et nuit, cette obsession occupait mes pensées. Au cours de semblables périodes, il n'y a qu'à positiver. S'accrocher. Persévérer. Se répéter que ça va revenir, en sachant que celui qui loupe la préparation estivale cravachera comme un dingue avant de retrouver le rythme. Ce fut le cas d'ailleurs.Content pour Bryssinck.Alors que vous vous morfondiez, un gamin de l'endroit s'est illustré au poste d'arrière droit. Alexandre Bryssinck est même devenu un réel espoir.Cela ne me pose aucun problème. Alex a de grandes qualités. Tant footballistiques que morales. Je ne l'ai nullement envié. Au contraire, j'étais content pour lui. Je me suis revu à 19 ans. A son instar, j'ai reçu ma chance parce que le titulaire a connu un malheur. Nous sommes concurrents, pas ennemis. Lorsque je peux lui prodiguer un conseil à l'entraînement, je le fais. Puis si nous souhaitons réaliser une bonne saison, nous devons disposer de plusieurs solutions par poste. Quel que soit le titulaire, chaque composante est importante. La victoire appartient à tout le monde. Même s'il y a forcément un heureux et un malheureux...Vous pensez vraiment ce que vous dites?Absolument. Question de mentalité. Le milieu du foot est égoïste et certains doivent ricaner en se disant que je suis fada. Je me fous de ce que disent les gens. Ce qu'ils peuvent considérer à la façon d'un défaut reste à mes yeux une qualité humaine. J'avoue que cela m'a joué des tours. Et alors? Trop vieux pour changer! Surtout, je reste en règle avec moi-même.Psychologiquement, avoir un entraîneur de la même nationalité que vous, c'est un avantage ou un inconvénient?Ma situation est identique à celle des autres Louvièrois, qu'ils soient français, suédois ou japonais. Daniel Leclercq ne fait aucune différence. Je ne suis ni le plus chouchouté ni le plus délaissé. Seul le meilleur joue. Point. A nous d'atteindre le maximum de nos capacités. Daniel Leclercq se donne à 200%. Il attend que chacun en fasse autant. Personne n'a intérêt à lever le pied, ça je vous le dis. Même à l'entraînement! Et actuellement, on carbure. Nous serons prêts à entrer dans le vif du sujet. Moi, je ne me mets pas martel en tête avec notre début de championnat. Au moins, en abordant d'emblée Anderlecht, le Standard, Bruges, sommes-nous certains d'être hyper-concentrés. Par le passé, face à ces ténors nous avons montré notre meilleur visage. Par contre, la perpective d'une progression durable, nous oblige à reproduire de telles prestations devant des adversaires moins cotés.Capables d'un effort polongé?Sentez-vous le groupe capable de fournir un effort prolongé?La saison dernière, La Louvière découvrait un environnement neuf. Il fallait s'habituer. J'avoue que le temps d'adaptation s'est avéré très long. C'était consécutif à un manque de confiance. Trop de joueurs doutaient. De telles conditions, rendent un épanouissement personnel impossible. Maintenant, nous avons des points de repère. Nous savons ce dont nous sommes capables.Vous n'avez pas répondu à la question!Nous y arriverons! Grâce au coach qui maintiendra la pression. Le groupe a besoin de cette poigne.Comment vous sentez-vous à La Louvière?Très bien. Par rapport à Beveren, la possibilité de m'exprimer en utilisant ma langue maternelle constitue un avantage considérable. Au Pays de Waes, où je n'ai qu'à vanter l'accueil chaleureux dont je fus l'objet, je me demande ce que j'aurais fait si Thierry Pister n'avait pas été là. La Louvière est une ville latine. Elle me rappelle les ambiances du Sud, le soleil en moins. En arrivant, j'ai été frappé par le nombre invraisemblable de pizzerias et de restaurants italiens au mètre carré. Ça rassure le Sicilien d'origine que je suis.Pourriez-vous imaginer à long terme votre carrière en Belgique?Sans le moindre problème. L'idéal serait que La Louvière poursuive son implantation au top et qu'à l'issue de mes deux années de contrat restantes, je signe un nouveau bail. J'en serais très satisfait. Lors de nos vacances, à un moment, je me suis surpris à me réjouir à l'idée que nous allions remonter en Belgique. Ma femme ressentait une sensation identique. Nous étions bien, en compagnie de nos amis. De la famille. Mais nous avions envie de retrouver notre maison louviéroise.Daniel Renard