Dès le 1er janvier, l'international congolais Patou Kabangu (26 ans le 31 décembre) rejoindra Anderlecht. En attendant le rétablissement du Suédois Guillermo Molins, gravement blessé dès son arrivée au Parc Astrid, le Sporting espère avoir trouvé en l'attaquant du Tout-Puissant Mazembé une solution de rechange pour Jonathan Legear, parti au Terek Grozny. Car dans le registre du Liégeois, seul Ziguy Badibanga entre en ligne de compte sur le flanc droit mais il apparaît encore un peu léger pour un poste de titulaire.
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Dès le 1er janvier, l'international congolais Patou Kabangu (26 ans le 31 décembre) rejoindra Anderlecht. En attendant le rétablissement du Suédois Guillermo Molins, gravement blessé dès son arrivée au Parc Astrid, le Sporting espère avoir trouvé en l'attaquant du Tout-Puissant Mazembé une solution de rechange pour Jonathan Legear, parti au Terek Grozny. Car dans le registre du Liégeois, seul Ziguy Badibanga entre en ligne de compte sur le flanc droit mais il apparaît encore un peu léger pour un poste de titulaire. Pour Dieumerci Mbokani, l'arrivée du nouveau venu aura des allures de déjà-vu. L'attaquant congolais a côtoyé le jeune Patou, l'espace de deux saisons, à Lubumbashi. Sans, pour autant, constituer avec lui la paire attitrée aux avant-postes. A cette époque, son compagnon de route avait pour nom Trésor Mputu, annoncé tour à tour chez les Mauves puis au Standard, mais qui est finalement resté fidèle aux Corbeaux. " Des trois, Mputu était le plus doué ", observe Albert Martens, qui scoute le continent africain pour le compte du RSCA. " Mais il a toujours préféré être la vedette au pays plutôt que de s'expatrier avec le risque de perdre ce statut. Si Patou a cette volonté, c'est significatif de son état d'esprit, même si les temps ont changé. Il y a cinq ans, le Tout-Puissant Mazembé n'avait pas la même aura. Les grands clubs du nord du continent comme l'Espérance Tunis ou le Raja Casablanca étaient encore un cran au-dessus. Depuis, le TPM a remporté la Ligue des Champions en 2009 et 2010. A force d'avoir tout gagné, on peut comprendre que Kabangu ait voulu relever un autre défi ". D'autant qu'il se signale dans la cour des grands. Comme à Abu Dhabi, il y a un an lorsque, contre toute attente, le Tout-Puissant Mazembé atteint la finale du Championnat du Monde des Clubs face au prestigieux Inter Milan. Les Noir et Blanc sont battus sèchement (3-0) mais avaient réussi l'exploit de sortir les Mexicains de Pachuca (1-0) et surtout, les Brésiliens de l'Internacional Porto Alegre (2-0) avec un but de notre homme. " Après avoir renseigné le tandem Mputu-Mbokani à la direction au lendemain de la CAN 2006, j'ai remis le couvert après cette épreuve dans le Golfe avec le duo Kabangu- Alain Kaluyitukadioko ", poursuit Martens. " A ce moment-là, il n'y avait pas encore d'accord de collaboration entre les deux clubs, puisque le partenariat ne fut scellé que l'été passé. Du coup, Kaluyitikadioko nous a échappés et s'est lié aux Qataris d'Al Ahly. Kabangu présentait toutefois le profil le plus intéressant pour nous. A mes yeux, il constitue une copie conforme de Legear. Pour moi, Patou est le Jona africain ". Une opinion partagée par Landry Mulemo, coéquipier de Kabangu chez les Léopards du Congo, qui a connu Legear chez les jeunes du Standard. " En tant qu'arrière gauche de la sélection nationale, j'ai déjà eu Patou comme adversaire direct lors des entraînements ", dit-il. " Comparé à Jona, il est plus grand et plus costaud (1,82 m pour 78 kg ) mais leur style est semblable. Comme le Liégeois, Kabangu est capable de laisser son opposant sur place grâce à sa formidable accélération. Ce qui les différencie, c'est le dribble. Legear mise essentiellement sur sa vitesse. L'autre rend fou les défenseurs grâce à ses qualités techniques. Au pays, on le surnomme d'ailleurs Capitaine Crochet ". Autre avis autorisé : celui de l'ex-international congolais Jean-Claude Mukanya, actif à Lommel durant les années 90 et ancien entraîneur-adjoint au TPM. " A mon sens, Mputu reste le meilleur. C'était notre Ronaldinho. Offensivement, Patou est capable de s'imposer à Anderlecht. En possession de balle, il est déroutant et maîtrise parfaitement le jeu en une touche de balle. Le une-deux est d'ailleurs une de ses armes favorites. En revanche, j'ai un peu peur en reconversion défensive. Ce n'est pas son point fort et à l'échelon belge ou européen, il devra corriger cette lacune. Ce n'est pas gagné d'avance, surtout à son âge ". C'est peut-être là que réside le problème chez le futur Mauve : Kabangu a déjà 26 ans. Sans compter qu'il va devoir s'acclimater à nos conditions météo ainsi qu'à un autre type de football. Malgré son rang de géant africain, le TPM a été battu récemment, lors d'un stage d'une semaine à Neerpede, par les Espoirs du Sporting (1-0). " Kabangu et le médian Bedi Mbenza avaient été les meilleurs du côté congolais ", précise Herman Van Holsbeeck. " C'étaient aussi les deux éléments les plus expérimentés. C'est peut-être tard pour faire le pas mais, d'un autre côté, nous sommes mieux préparés aujourd'hui qu'il y a cinq ans pour encadrer un joueur d'origine africaine. L'un compensera peut-être l'autre ". PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: IMAGEGLOBETrès fort offensivement, Kabangu devra travailler sa reconversion défensive pour s'imposer à Anderlecht.