G unter Van Handenhoven (26 ans) : " Cette saison me laissera un souvenir bizarre. Sur un plan purement personnel, je suis très satisfait de tout ce que j'ai fait depuis le début du championnat. Je n'ai pas été blessé et, depuis que je suis professionnel, je n'avais jamais joué autant de matches en une saison. J'en retiendrai aussi que j'étais le capitaine d'une équipe qui a étonné et séduit pendant plusieurs mois. Mais il n'y a pas que cela. Je me souviendrai aussi que cette saison se sera terminée en queue de poisson, avec un deuxième tour très pauvre, le limogeage de Stéphane Pauwels et plein de trucs négatifs dans la coulisse, comme l'incertitude pour tous les joueurs en fin de contrat et le flou sur l'avenir au club d' AlbertCartier. Donc, je ne peux pas être totalement content. Quand je ferai le bilan de ma carrière, je n'oublierai pas que cette année m'aura laissé énormément de regrets.
...

G unter Van Handenhoven (26 ans) : " Cette saison me laissera un souvenir bizarre. Sur un plan purement personnel, je suis très satisfait de tout ce que j'ai fait depuis le début du championnat. Je n'ai pas été blessé et, depuis que je suis professionnel, je n'avais jamais joué autant de matches en une saison. J'en retiendrai aussi que j'étais le capitaine d'une équipe qui a étonné et séduit pendant plusieurs mois. Mais il n'y a pas que cela. Je me souviendrai aussi que cette saison se sera terminée en queue de poisson, avec un deuxième tour très pauvre, le limogeage de Stéphane Pauwels et plein de trucs négatifs dans la coulisse, comme l'incertitude pour tous les joueurs en fin de contrat et le flou sur l'avenir au club d' AlbertCartier. Donc, je ne peux pas être totalement content. Quand je ferai le bilan de ma carrière, je n'oublierai pas que cette année m'aura laissé énormément de regrets. Je n'ai pas oublié les pronostics de l'été : La Louvière était déjà mûre pour la D2. Mais en décembre, nous étions toujours en course pour une qualification européenne. Parce qu'il y avait du talent dans le groupe, mais aussi parce que tous les joueurs avaient été choqués par ces pronostics. Il y avait une faim énorme de montrer à tous les journalistes qu'ils s'étaient complètement plantés. Aujourd'hui, je remarque deux courants dans les médias. Ceux qui ont bien suivi tous les événements à La Louvière signalent qu'il était impossible de continuer le rêve avec une équipe amputée pendant le mercato. Mais d'autres, surtout en Flandre, ne semblent même pas au courant de tous ces départs et ils écrivent aujourd'hui : -On avait raison avant le début du championnat. La Louvière, c'est une équipe qui ne casse rien du tout. Comme si notre recul au classement n'était que logique, comme s'il n'était que la confirmation des prévisions d'avant saison. Ce n'est pas agréable de lire des conclusions pareilles. Certains oublient toutes les bonnes choses que nous avons montrées pendant plusieurs mois ". " Qu'est-ce que c'est dommage de n'avoir pensé qu'à l'argent pendant la trêve hivernale ! Avant de partir en vacances, je m'étais inquiété auprès de Stéphane Pauwels, je voulais qu'il me rassure parce que j'entendais plein de rumeurs de départs. Il m'avait dit que, si Michael Klukowski partait, Manaseh Ishiaku resterait. Et vice-versa. On a vu le résultat : une gigantesque braderie. La Louvière ne pouvait pas refuser la somme que le Standard proposait pour Matthieu Assou-Ekotto ? Soit. Mais Klukowski, Assou-Ekotto et Ishiaku, ça faisait déjà un départ important dans chaque compartiment de l'équipe. Et le club ne s'est même pas contenté de cela. D'accord pour Rogerio De Oliveira, qui ne jouait pas. Mais pas d'accord pour Daniel Camus, Yannick Vervalle et Mikaël Murcy qui, eux, avaient prouvé leur utilité pendant tout le premier tour. Ils n'étaient pas véritablement titulaires mais ils nous faisaient du bien de deux manières : en donnant tout ce qu'ils avaient dans le ventre quand ils montaient en cours de match (je rappelle que notre banc a fait plus d'une fois la différence au premier tour) et en maintenant les titulaires réguliers en éveil à l'entraînement. Nous savions que nous n'avions pas le droit de lever le pied car d'autres gars avec de gros atouts étaient prêts à tout moment à nous piquer notre place. Il n'y a pas que notre niveau en match qui a baissé depuis janvier : la qualité des entraînements a aussi diminué parce qu'il n'est plus question de vraie concurrence pour chaque poste. Et cette baisse de niveau du travail en semaine se reflète évidemment sur nos performances du week-end. Je râle quand je vois que nous pourrions aujourd'hui être à la place de Charleroi. Nous avons pris quatre points sur six contre cette équipe et ce n'était pas volé. Mais entre la victoire 2-5 là-bas, en août, et le nul blanc chez nous, en janvier, c'était déjà le jour et la nuit. Le mercato nous avait déjà cassés au moment du match retour, ce n'étaient plus les mêmes Loups. Cette différence de niveau entre les deux matches était révélatrice et je pourrais citer plein d'exemples de matches du deuxième tour où nous avons tiré la langue alors que nous avions brillé au premier tour contre les mêmes équipes. Que voulez-vous ? Le président avait clairement ses priorités : ne plus viser autre chose que le maintien dès le moment où il était acquis ". " La Louvière vient de rater un virage important, crucial de son histoire. Je ne suis pas aveugle : moi aussi, je comprends les réalités économiques de ce club. Je sais qu'il fallait vendre pour lui permettre de survivre. Vendre un, deux, voire trois joueurs : oui. Se débarrasser de la moitié de l'équipe : non. Filippo Gaone est allé trop loin. Nous aurions bien voulu qu'il nous explique ses décisions, mais ce n'est pas le genre du personnage. Il n'a pris le temps de nous parler que deux fois depuis l'été : le jour où l'équipe a été présentée à la presse, avant le début de la saison, puis au lendemain du limogeage de Stéphane Pauwels. Ce jour-là, nous lui avons fait remarquer que nous souhaitions des contacts plus fréquents. Il nous a répondu que nous avions raison et qu'il allait faire un effort. Nous attendons toujours. Nous le croisons généralement après les matches, mais les relations joueurs/président se limitent à cela. Ce n'est pas normal. Jusqu'au C4 de Stéphane Pauwels, ce n'était pas encore trop grave. Nous avions au moins un interlocuteur important dans le club. Mais depuis qu'il est parti, il n'y a plus personne. Gaone a nommé un nouveau manager général qui nous a rencontrés, mais il ne sait rien de nos problèmes puisqu'il n'a pas vécu les semaines chahutées. Maître Laurent Denis ? Il tire apparemment beaucoup de ficelles mais les joueurs ne le connaissent pas du tout. Il y avait déjà eu beaucoup de départs de joueurs en fin de saison dernière. A ce moment-là, c'était compréhensible. La Louvière ne pouvait pas construire l'avenir avec des gars comme Georges Arts, Davy Cooreman ou Thierry Siquet, qui avaient leur carrière derrière eux. Les ventes réalisées en cours de saison sont moins compréhensibles, et les départs qui auront lieu en fin de championnat encore moins. Ce club avait une excellente base, avec beaucoup de jeunes joueurs qui pouvaient permettre de bâtir pour plusieurs années et quelques aînés qui ont montré leur valeur. Pourquoi n'a-t-on pas utilisé une partie de l'argent récolté au mercato pour prolonger à de meilleures conditions les contrats des piliers de l'équipe ? Au lieu de cela, on démonte tout. Une fois de plus. Tout cela me fait penser à la construction ratée d'une maison : on installe les fondations et le rez-de-chaussée mais, quelques mois plus tard, on rase pour tout reprendre à zéro : nouveau manager, nouvel entraîneur, nouveau noyau. Quel dommage. Le président a pris l'habitude de ne pas se tromper dans son recrutement, c'est très bien. Mais qu'arrivera-t-il s'il se plante une seule fois dans ses choix ? La RAAL risquerait de le payer très cher ". " Tout le monde a perdu de la crédibilité dans ce deuxième tour raté : le club, mais aussi les joueurs. Si je prends mon propre cas, quelle est aujourd'hui ma cote sur le marché par rapport à ce qu'elle était en décembre ? Vous gagnez moins de matches, donc on parle inévitablement moins de vous et vous devenez moins attirant. Aujourd'hui, que l'on termine huitièmes, neuvièmes ou seizièmes ne fait plus guère de différence. Par contre, nous serions bien plus courtisés si cette équipe avait lutté jusqu'au bout pour une place dans le Top 5 final. Croyez-vous que Klukowski et Ishiaku seraient partis à Bruges pour autant d'argent si les transferts avaient été négociés aujourd'hui ? Attention, je ne remets pas en cause les qualités des joueurs qui ont intégré le noyau en janvier. Mais ils étaient handicapés dès le départ vu qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de faire une préparation complète, de cultiver les automatismes, et qu'ils se sont retrouvés dans une équipe qui cherchait son second souffle, qui avait quitté la bonne trajectoire, qui s'était engagée dans la spirale des mauvais résultats. L'incertitude des joueurs en fin de contrat est une autre explication de notre recul dans le classement. Il y en a plein qui ignorent tout de leur avenir. Ils aimeraient savoir si le club a l'intention de les garder. Ils attendent un signe de la direction depuis plusieurs mois mais ne voient rien venir. La même incertitude a pesé sur l'avenir d'Albert Cartier. Ce noyau a commencé à vivre dans le flou le plus total. Moi, j'ai tiré mes conclusions il y a plusieurs semaines : j'ai dit que je ne serai plus ici la saison prochaine et je ne changerai pas d'avis. Filippo Gaone m'a trop déçu. Il m'avait promis qu'on se mettrait à table en octobre ou novembre pour discuter d'une prolongation éventuelle, si tout se passait bien. Vous trouvez que ça ne se passait pas bien pour nous à cette période de l'année ? J'attends toujours qu'il m'appelle. Ou plutôt, je n'attends plus rien du tout... J'en ai conclu qu'il n'avait plus envie de me garder et je me suis mis sur le marché ". " A l'heure actuelle, j'ignore tout de mon futur. Ma seule certitude, c'est qu'il n'est plus ici. La Belgique ? L'étranger ? Aucune idée. Je suis en tout cas prêt à m'expatrier à nouveau. En France, aux Pays-Bas ou ailleurs : je me fous du pays à partir du moment où je m'y retrouve. J'ai passé quatre belles années à Metz. Je ne m'inquiète pas trop. Il y a deux ans, j'étais mal. Mon retour à Gand avait foiré, notamment à cause de mon incompatibilité d'humeur avec Jan Olde Riekerink et de mon état d'esprit. J'étais revenu en Belgique comme en territoire conquis, sûr de mon fait après avoir réalisé de bonnes choses en France. J'avais une part de responsabilités dans l'échec de mon deuxième passage à Gand. Je n'avais plus guère de perspectives. Heureusement qu' ArielJacobs m'avait bien connu en Espoirs et m'a amené à La Louvière. Aujourd'hui, j'ai d'autres atouts : je suis libre et je sors d'une bonne saison. Albert Cartier m'avait emmené de Gand à Metz en 1998. Il était adjoint et c'était lui qui m'avait scouté. Un peu plus tard, il m'a offert une nouvelle chance quand il a remplacé Joël Müller comme coach principal : il m'a introduit dans l'équipe de base. Quand il a débarqué à La Louvière avec des guerriers comme Mario Espartero, GeoffrayToyes et Yannick Zambernardi, j'ai su que cette saison serait intéressante. Au moment où il m'a confié le brassard de capitaine, je me suis dit que j'avais décidément une fameuse dette envers lui. J'ai très bien vécu cette saison comme capitaine. Il y avait tellement d'expérience, d'intelligence et de sens de l'autogestion dans ce groupe, en début de saison, que ce fut hyper facile. En fait, j'ai le brassard mais il y a plein de capitaines dans ce noyau. Certains auraient pu commencer à jouer pour eux en fin de saison, vu que leur contrat expire et que le départ de Loups à Bruges ou au Standard, pendant le mercato d'hiver, doit leur donner des envies, les convaincre que tout est possible même quand on joue à La Louvière. Mais je n'ai jamais perçu de réactions égoïstes dans le groupe. La mentalité de ce noyau est nickel ! Il est seulement dommage que nous ne soyons pas parvenus à remettre sur la pelouse, au deuxième tour, ce qui avait fait notre force au premier tour : bloc compact, agressivité, pressing, jeu en avant. Durant l'été, Albert Cartier nous avait dit que, si nous voulions exister, cela ne pourrait se faire qu'au travers de bons résultats. Nous avons appliqué sa théorie pendant cinq mois, puis des événements extérieurs nous ont empêchés de continuer. C'est moche ". Pierre Danvoye" Une fois de plus, LA RAAL VA TOUT REPRENDRE À ZÉRO : quel dommage "