Qui l'eut cru? Alors que Pepinster n'avait obtenu sa licence qu'en deuxième session et avait dû se séparer de joueurs comme MarcusFaison, DimitriJorssen, OndrejStarosta, BenoîtRasquin et DavidKalut, il s'est érigé en révélation du début de championnat et s'était même isolé en tête du classement, voici dix jours. En ayant disputé un match de plus que la plupart des poursuivants, mais peu importe: l'exploit était historique puisque ce n'était jamais arrivé au club hoëgnard en 17 ans de présence en D1.
...

Qui l'eut cru? Alors que Pepinster n'avait obtenu sa licence qu'en deuxième session et avait dû se séparer de joueurs comme MarcusFaison, DimitriJorssen, OndrejStarosta, BenoîtRasquin et DavidKalut, il s'est érigé en révélation du début de championnat et s'était même isolé en tête du classement, voici dix jours. En ayant disputé un match de plus que la plupart des poursuivants, mais peu importe: l'exploit était historique puisque ce n'était jamais arrivé au club hoëgnard en 17 ans de présence en D1. "Personnellement, je ne suis pas surpris par notre classement", affirme AxelHervelle. "Je suis davantage surpris par... l'ampleur de notre défaite à Charleroi. Nous avons témoigné d'un excès de confiance au Spiroudôme. Et, face à une armada pareille, cela s'est payé cash. Le coach n'a pas tardé à remettre chacun à sa place durant la semaine qui a suivi. Notre objectif n'a pas changé: nous essayerons d'atteindre les playoffs. Nous en saurons plus sur nos possibilités réelles après les deux déplacements consécutifs auxquels nous sommes contraints (dimanche passé à Tournai et samedi prochain à Vilvorde)". Vilvorde, où les Pépins retrouveront d'anciennes connaissances: Benoît Rasquin et David Kalut. "Ils seront certainement très motivés", pense Axel Hervelle. "Nous pouvons nous attendre à une chaude réception. Après leur départ, et les échos faisant état de difficultés pour l'obtention de la licence en fin de saison dernière, nous nous étions posés des questions. Mais sans nous laisser abattre. La preuve: nous sommes repartis du bon pied".Travail et ambianceLe secret du départ en fanfare des Pépins? "Le travail effectué pendant l'intersaison. Et l'ambiance au sein du groupe, qui est excellente. Chacun connaît son rôle. Les nombreux nouveaux joueurs se sont d'emblée fondus dans le collectif. Ils se comportent de manière exemplaire sur et en dehors du terrain".Parmi les nouveaux venus, DamirMilacic fait figure de révélation. "Révélation? Je n'utiliserais pas ce mot-là. Il a joué dans de grands clubs israéliens, c'est une référence. Je parlerais plutôt de confirmation en ce qui le concerne. Mais il nous apporte beaucoup, c'est sûr: il est talentueux, expérimenté et intelligent. Sa vision du jeu est exceptionnelle. A tel point que parfois, il m'arrive encore de recevoir des ballons alors que je ne m'y attendais pas". DariusHall, le pivot américain, est métamorphosé par rapport à sa dernière saison anversoise. "Maisil n'aurait jamais dû aboutir à Anvers", précise Axel Hervelle. "Au départ de la saison dernière, il devait jouer à Antibes, mais s'était cassé la jambe durant la période de préparation. Il était encore convalescent lorsqu'il avait débarqué à l'Arena de Deurne. Il est venu à Pepinster pour essayer de retrouver son meilleur niveau. Pourquoi à Pepinster? Grâce à Niksa Bavcevic! ". Quant à l'ailier DwayneArchbold, il est censé remplacer Marcus Faison."Les deux joueurs proviennent de la même université. Ce sont deux très bons amis. Leurs styles de jeu respectifs sont comparables, même si j'estime que Dwayne est un meilleur passeur... tout en n'étant pas maladroit au shoot. Il crée des opportunités de tirs pour les autres alors que Marcus avait plutôt tendance à créer pour lui-même. Ce qui favorise encore le collectif". Autre clef du succès: la défense. "Chez nous, on s'applique en défense avant de s'appliquer en attaque. C'est une sécurité. Une équipe comme Bree a les joueurs pour inscrire 100 points à chaque match. Ce n'est pas le cas à Pepinster. Alors, il faut d'abord songer à limiter l'adversaire". Le déclic s'est-il produit lors de la victoire à Anvers, comptant pour la première journée de championnat? "A mon avis, il s'est produit plus tôt: lors de notre... défaite contre Wevelgem, en Coupe des Pays Plats, durant la période de préparation. Cette défaite a obligé tout le monde à se remettre en question et à prendre conscience que, sans application et sans esprit de corps, nous pouvions perdre contre n'importe quel adversaire". Avec Niksa Bavcevic, travail est le maître-mot. En juin, lorsque la plupart des autres équipes mettent leurs joueurs en congé, le coach croate rassemble ses troupes pour des entraînements individuels. " KrisSergeant, les frères Massot, GuyMuya et moi-même avons mis les bouchées doubles. Nous sommes revenus en août encore plus déterminés qu'avant. En sport, il n'y a pas de miracle. Si l'on veut réussir, il faut s'entraîner dur. Et éviter de se reposer sur ses lauriers après une victoire. Au contraire: lorsqu'on a gagné, il faut encore travailler plus qu'avant". Paroles de sage. Et c'est sans doute pour cela qu'Axel Hervelle a été nommé capitaine de Pepinster, alors qu'il n'a que 19 ans. "C'est une grosse responsabilité, mais elle ne m'effraye pas. Je prends cette marque de confiance à mon égard comme un challenge. J'essaye d'être à la hauteur, en montrant l'exemple et en... prenant la parole lorsque c'est nécessaire. Je constate avec plaisir que je suis écouté... même par les joueurs expérimentés. C'est très gratifiant. La réceptivité de joueurs comme Damir Milacic, Darius Hall ou Dwayne Archbold est géniale. Ils comprennent que j'agis pour le bien de l'équipe. Comme tout le monde, d'ailleurs. Je n'ai encore vu personne faire bande à part".A trois points du titre de RookieOriginaire de Comblain, où il a débuté vers six ans, Axel Hervelle est passé à Hannut-Saint-Louis à l'âge de 15 ans et, deux années plus tard, a été aiguillé vers le centre de formation de Pepinster. "Ce qui différencie cette école de jeunes par rapport aux autres, c'est encore une fois le travail. Nous avons des entraînements tous les jours. Et nous travaillons autant la technique et la tactique que la... discipline". La saison dernière, il fut l'un des quatre jeunes du centre de formation (avec Guy Muya et les frères Massot) à recevoir un contrat professionnel. "Mais le coach nous avait déjà donné la chance d'évoluer à l'une ou l'autre reprise en D1 durant la saison précédente. L'an passé, nous avons eu l'occasion de participer à la Coupe NEBL, qui nous avait permis de nous frotter à des équipes étrangères. Je peux dire que nous disputons actuellement notre troisième saison au plus haut niveau".La saison dernière, Axel Hervelle a échoué à trois points de l'ailier anversois JefVanderJonckheyd pour le titre de Rookie de l'Année. "Probablement parce qu'il est encore trop méconnu en Flandres", nous a confié un ancien journaliste du nord du pays. EddyCasteels, le Coach de l'Année qui fut champion avec Ostende, reconnaît lui-même qu'Axel Hervelle n'aurait pas déparé au palmarès du meilleur jeune. "Peu importe si les lauriers m'ont échappé", rétorque celui-ci. "Mon objectif est de devenir, un jour, le... Joueur de l'Année. Pour cela, il me faut encore travailler. Je dois aussi voir où se situe ma meilleure place: n°3 ou n°4? Dans le premier cas, je devrais travailler mon explosivité, mon shoot et mon dribble. Dans le second, je devrais prendre plus de masse musculaire. Actuellement, je travaille les deux. Mais je ne peux pas prendre dix kilos du jour au lendemain". Axel Hervelle est international depuis son plus jeune âge. "J'étais encore à Comblain lorsque j'ai été appelé pour la première fois", se souvient-il. "Parmi les joueurs de ma génération figurait notamment JulienRahier, aujourd'hui à Ostende. Puis, je suis passé dans la catégorie supérieure, où j'ai côtoyé SamRotsaert et DieterSouveryns". Aujourd'hui, Axel Hervelle figure parmi la pré-sélection des 24 internationaux effectuée par GiovanniBozzi. "Mais, dans un premier temps, je pense que j'intègrerai plutôt les Aspirants". Daniel Devos