Vous avez connu deux cultures footballistiques très différentes (l'anglaise et l'italienne). Laquelle vous a laissé le plus beau souvenir ?

Olivier Dacourt : J'avais un rêve : jouer en Angleterre. C'était mon style. Là-bas, on rentre sur le terrain et on donne tout. Tackler pour que le stade se lève. Ma première expérience à Everton a répondu à mes attentes. Avec Marco Materazzi que j'ai retrouvé à l'Inter, ou Slaven Bilic, l'entraîneur de la Croatie. Je ne suis resté qu'un an mais on se souvient de moi. Quand je suis retourné à Everton avec Fulham, tous les supporters scandaient mon nom. Ça marque. Si le club n'avait pa...

Olivier Dacourt : J'avais un rêve : jouer en Angleterre. C'était mon style. Là-bas, on rentre sur le terrain et on donne tout. Tackler pour que le stade se lève. Ma première expérience à Everton a répondu à mes attentes. Avec Marco Materazzi que j'ai retrouvé à l'Inter, ou Slaven Bilic, l'entraîneur de la Croatie. Je ne suis resté qu'un an mais on se souvient de moi. Quand je suis retourné à Everton avec Fulham, tous les supporters scandaient mon nom. Ça marque. Si le club n'avait pas eu quelques soucis financiers, j'y serais resté. A Leeds, lors de ma deuxième expérience, je me souviens surtout de la formidable équipe, de la demi-finale en Ligue des Champions. Une épopée exceptionnelle avec les Viduka, Ferdinand, Kewell. Et on ne peut avoir que des regrets de voir où se situe le club. On disait que Leeds allait devenir le nouveau Manchester United. Quel gâchis ! J'y ai signé à cause de Fabio Capello. Tous mes choix sont guidés par des défis. Je voulais faire partie de cette formation qui allait tenter de donner le titre à un club qui ne l'avait plus gagné depuis 19 ans. Je dis d'ailleurs toujours aux dirigeants que la première année, je leur ai offert deux Scudetti ( il rit). Un sur le terrain et celui de l'année précédente qu'on nous a accordé sur tapis vert. Dans des clubs qui avaient l'habitude de gagner le championnat comme Arsenal ou la Juventus, je serais passé inaperçu. A l'Inter, je suis rentré dans l'histoire. Il faut être là au bon moment. Parfois, ça marche. Parfois pas. J'ai quand même disputé quatre finales de Coupe d'Italie sans en gagner une ! C'est le meilleur ! Une rigueur sans égal. Ses entraînements ne sont pas exceptionnels mais au niveau de la gestion humaine, il fait peur. Il ne regarde personne. Pour lui, Batistuta, Totti ou Dacourt, c'est pareil. Il n'a pas de préférence. Tout le monde est logé à la même enseigne. Il dégageait du charisme quand il parlait. Ce n'est pas pour rien qu'il a gagné partout où il est passé. En Italie, on appelle cela un vincente, un gagneur. Mourinho était très, très bon au niveau des entraînements. Uniquement avec le ballon. On prenait du plaisir. Par contre, au niveau de la gestion humaine, cela ne s'est pas trop bien passé avec moi. Déjà quand il était en poste à Chelsea et moi à Rome, on s'était un peu frité. Je ne sais pas s'il est rancunier mais je n'ai jamais reçu ma chance. Rome et Leeds. Et la première saison à l'Inter. Après, je me suis déchiré les ligaments croisés du genou.