Samedi prochain, à la faveur du match Tunisie-Rwanda, la 24e phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations prendra son envol dans le somptueux décor du stade de Radès, sis à proximité de la capitale du pays organisateur, Tunis. Une fois n'est pas coutume, la plus prestigieuse des compétitions nationales africaines ne sera pas sans incidence pour notre propre championnat domestique. C'est que quelque 25 Belgicains, originaires d'une des 16 nations qualifiées pour l'apothéose de l'épreuve, ont quitté temporairement leurs clubs, ces derniers jours, afin de se mettre à la disposition de leur mère patrie pour une durée qui, dans le chef de l'un ou l'autre, qui sait, pourrait s'étendre jusqu'à la mi-février, date de clôture de l'événement.
...

Samedi prochain, à la faveur du match Tunisie-Rwanda, la 24e phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations prendra son envol dans le somptueux décor du stade de Radès, sis à proximité de la capitale du pays organisateur, Tunis. Une fois n'est pas coutume, la plus prestigieuse des compétitions nationales africaines ne sera pas sans incidence pour notre propre championnat domestique. C'est que quelque 25 Belgicains, originaires d'une des 16 nations qualifiées pour l'apothéose de l'épreuve, ont quitté temporairement leurs clubs, ces derniers jours, afin de se mettre à la disposition de leur mère patrie pour une durée qui, dans le chef de l'un ou l'autre, qui sait, pourrait s'étendre jusqu'à la mi-février, date de clôture de l'événement. Toutes les entités de chez nous ne seront pas sujettes à la même ponction. Certaines, faute de joueurs africains dans leurs rangs, comme le Club Brugeois, n'auront guère de mouron à se faire à ce propos. Pour d'autres, à l'image d'Anderlecht, orphelin du seul Burkinabé Lamine Traoré, remplaçant plus souvent qu'à son tour depuis le début de la saison, la CAN ne posera pas, non plus, de problèmes majeurs. Mais dans le chef de La Gantoise et de Lokeren, privés de cinq et quatre éléments chacun, le grand rassemblement du gratin continental aura, comme bien l'on pense, été synonyme de répercussions en matière de conduite sportive. Et on n'ose imaginer quelles auraient été les conséquences pour Beveren si la Côte d'Ivoire avait été de la revue pour les besoins de cette Coupe d'Afrique des Nations. Dans les lignes qui suivent, nous avons fait le tour de quelques-uns des principaux fournisseurs belges de la cour africaine afin de savoir quel impact la Coupe d'Afrique des Nations allait avoir, au cours des semaines à venir, sur la vie de leur club. Une chose est sûre : la CAN n'entraînera pas le report de matches en Belgique puisque la règle qui voulait qu'un club pouvait demander la postposition d'une rencontre pour peu que trois de ses joueurs participent à un grand tournoi a été supprimée (Lokeren en avait fait usage jadis). Mais cela ne signifie pas, pour autant, que toutes les difficultés majeures ont été résolues. La preuve par l'aperçu qui suit. Le topo est, bien sûr, foncièrement différent selon le nombre d'éléments retenus par leur sélection respective ainsi que leur propre statut dans leur club d'appartenance. Avec un seul footballeur repris en la personne de Lamine Traoré, réserviste de surcroît, Anderlecht ne se retrouve pas exsangue, tant s'en faut. D'autant plus que les solutions de rechange ne manquent pas dans son noyau pléthorique. La preuve : le Sporting a même pu se permettre le luxe de laisser partir lors du mercato un autre élément entrant en ligne de compte, à l'instar du Burkinabé, pour le poste d'arrière central : Aleksandar Ilic, transféré à Vitesse Arnhem. Au Cercle de Bruges, le départ du Guinéen Abdul Kader Camara n'a sûrement pas entraîné d'onde de choc non plus et là aussi, c'est en interne qu'une solution sera cherchée pour pourvoir au remplacement du joueur. Même dans des clubs davantage concernés par la CAN, comme le Sporting de Charleroi, privé du Burkinabé Mahamoudou Kéré et du Guinéen Kanfory Sylla, malgré l'urgence, on se débrouillera avec les moyens du bord. Il est vrai que les possibilités de rechange ne manquent pas pour les deux hommes avec Thibaut Detal, Miklos Lendvaï et Sébastien Chabaud entre autres. Ailleurs, la situation a entraîné des changements d'ores et déjà opérés au cours de la période des transferts actuelle. C'est le cas au Racing Genk, où l'absence du défenseur central Aaron Mokoena aura été compensée par le retour au club d' Eric Matoukou, qui avait jusqu'à présent fourbi ses armes au sein de la filiale, Heusden-Zolder. Ici, c'est un simple système de vases communicants qui a fonctionné, en quelque sorte. Mais dans d'autres clubs, il a bien fallu engager, sur base locative ou non. Comme à Gand qui, d'un volet de la compétition à l'autre, se retrouve privé de cinq footballeurs : Hamad Ndikumana, Nasredine Kraouche, John Machethe, Ibrahima Faye et Robert Mambo. " En engageant des représentants du football africain, on sait à quel casse-tête un club s'expose parfois " observe Michel Louwagie, le manager des Buffalos. " Mais nous ne nous attendions toutefois pas à être à ce point sollicités. Sur le flanc gauche, surtout, il était impératif de compenser certaines absences. C'est la raison pour laquelle nous avons loué les Standardmen Jurgen Cavens et Mustapha Oussalah jusqu'à la fin de la saison ". Chez les Rouches, on n'a pas attendu le marché d'hiver pour faire ses emplettes puisque dès l'été passé, l'entraîneur, Dominique D'Onofrio, avait mis ses dirigeants en garde quant aux répercussions éventuelles de la CAN pour ses couleurs. Il est vrai qu'avec Sambegou Bangoura, Papy Kimoto et Mohammed Aliyu Datti, les Liégeois avaient mis le grappin durant l'été sur autant de valeurs sûres de la Guinée, du Congo et du Nigeria. En définitive, la césure aura été moindre que prévue puisque le Congolais Kimoto ne fut pas repris dans le noyau des Simbas. Il n'empêche que les sociétaires de Sclessin n'avaient pas attendu ce verdict pour se prémunir. Tout d'abord en engageant en cours de campagne Emile Mpenza, qui constitue bien évidemment plus qu'une solution de rechange pour le Guinéen. Ensuite, la direction du club a obtenu de pouvoir disposer aussi, le week-end dernier, de Joseph Enakarhire, pourtant détaché depuis un mois auprès de la sélection des Super Eagles. Lokeren, privé du concours d' Ibrahima Conte, d' Abdul Karim Sylla, de Patrick Zoundi et de Camille Muzinga aura dû négocier aussi pour que la casse se limite à quatre joueurs. Car dans son effectif, pas moins de huit autres éléments entraient encore en ligne de compte pour la CAN. Parmi lesquels l'un ou l'autre nom comme Aristide Bancé ou encore Kassy Ouedraogo. " Mais la fédération du Burkina Faso s'est montrée compréhensive dans la mesure où nous avions déjà libéré ces joueurs pour les Championnats du Monde des moins de 21 ans aux Emirats Arabes Unis en fin 2003 " souligne le manager sportif à Daknam, Willy Verhoost. " De la sorte, nous avons quand même su conserver quelques forces vives. Mais leur maintien au club n'a pas solutionné tous nos tracas pour autant puisque nous comptions sur le Slovène Mladen Kovacevic comme renfort offensif. Or, il nous a fait faux-bond entre-temps ". Toujours présent lors des rendez-vous majeurs, Anderlecht répondra à l'appel, sur place, à la fois par le responsable de sa cellule-scouting, Peter Ressel, ainsi que par le directeur de son Ecole des Jeunes, Werner Deraeve. " Non seulement pour suivre les évolutions de Lamine Traoré mais aussi et surtout pour avoir une vue d'ensemble du tournoi " précise ce dernier. " Quoique pour un club comme le nôtre, les bonnes affaires, à ce niveau, appartiennent sans doute définitivement au passé car les prix ont sans conteste flambé ces derniers temps. Pour réaliser des opérations intéressantes, il faut écumer les compétitions des jeunes sur ce continent. Et là aussi, la difficulté se corse car les détecteurs de talents se font de plus en plus nombreux au fil des ans ". Il n'y a cependant pas que les grands qui seront représentés dans les tribunes en Tunisie. Par l'entremise de Willy Verhoost, son manager, Lokeren sera sur place également. Quoi de plus normal, au demeurant, pour un club qui, après Beveren et sa colonie ivoirienne, compte le plus imposant contingent de joueurs africains dans son effectif : 14. " Notre intérêt n'ira évidemment pas aux éléments qui évoluent d'ores et déjà en Europe ou dans les pays du Golfe, car ceux-là sont impayables " remarque l'homme fort de Daknam. " Mais certaines nations à l'£uvre à l'occasion de cette CAN regorgent encore de footballeurs actifs sur leur propre territoire. Je songe au Bénin, au Rwanda ou au Zimbabwé, qui constituent autant d'invités surprises dans ce plateau final. Qui sait, il y a peut-être moyen de dénicher de la main-d'£uvre abordable chez eux " ? Même son de cloche au Cercle de Bruges, où ont transité quelques Africains de la meilleure veine, jadis, comme les Zambiens Kalusha Bwalya et Charly Musonda, et qui pourront compter à Tunis sur les yeux de leur administrateur Georges Ingelbrecht. D'autres ne cachent pas qu'ils n'ont pas les moyens de consentir un débours pour des éléments qu'ils n'ont de toute façon aucune chance de recruter. C'est le cas de Westerlo, notamment. " Nous avons conclu un accord avec Chelsea afin de faire épanouir chez nous des joueurs qui n'ont pas droit à un permis de travail en Angleterre " souligne Herman Wijnants, le manager des Campinois. " C'est par ce truchement que nous avons accueilli les Sud-Africains Mosia Boy-Boy, Michael Modubi et Jeffrey Ntuka-Pule. S'il y a moyen d'obtenir des renforts par ce biais, nous ne voyons pas la nécessité de faire nos emplettes nous-mêmes en Afrique ". La FIFA le stipule dans son règlement : " pour peu qu'une compétition se déroule sur un autre continent que celui où le joueur est actif au quotidien, celui-ci dispose de 48 heures pour retourner chez son employeur à partir du moment où son pays est éliminé. " Mais avec les joueurs africains, il y a souvent eu des entorses à cette règle, par le passé. Du coup, certains ont mis les points sur les i. " La Tunisie, ce n'est pas l'Afrique profonde " remarque Pierre-Yves Hendrickx, le secrétaire du Sporting de Charleroi. " Aussi sommes-nous d'avis qu'endéans ce délai, les joueurs concernés, à savoir Mahamoudou Kere et Kanfory Sylla, doivent pouvoir répondre à nouveau présents chez nous ". Du côté de Gentbrugge, on ne raisonne pas de manière différente : " On peut comprendre qu'il y ait parfois l'une ou l'autre difficultés au niveau des communications lorsqu'il s'agit de jouer au Malawi ou en Ouganda " dit le manager des Buffalos, Michel Louwagie. " Mais il n'y a pas d'excuse quand on se déplace en Tunisie. Aussi, nous ne tolérerons pas la moindre entorse cette fois : quiconque reviendra en retard écopera d'une solide amende. C'est aussi simple que cela ".n Bruno Govers