Vendredi 30 août, la soirée est bien entamée à Anvers mais les températures sont encore clémentes en cette fin de grandes vacances. Le Kiel prend toutefois un sérieux coup de froid à la 72e minute de la rencontre entre le Beerschot et l'Union Saint-Gilloise quand l'arbitre indique, de façon méritée, le point de penalty en faveur des visiteurs suite à une faute grossière de Denis Prychynenko sur Serge Tabekou.

Le médian français Teddy Teuma s'empare du ballon pour faire justice aux Bruxellois mais sa frappe du gauche, trop molle, est brillamment repoussée par Mike Vanhamel, le portier Anversois. C'est le tournant du match. Trois minutes plus tard, sur une phase confuse suite à un coup-franc, le Togolais Euloge Placca Fessou propulse le cuir dans les filets d' Adrien Saussez. Les Rats peuvent exulter, l'Union ne reviendra pas dans la partie et le score en restera là.

Au soir de la quatrième journée, il s'agit de la première défaite pour l'entité bruxelloise qui restait jusque-là sur un brillant 9 points sur 9 après ses victoires contre Roulers (3-0), à l'Excelsior Virton (0-1) et contre Lokeren (3-1). Un début de saison brillant, depuis lors plus contrasté puisque le matricule 10 a ensuite enchaîné deux matches nuls, à Lommel (2-2) et contre Louvain (1-1), avant le match au sommet du week-end dernier chez le leader Westerlo ( voir cadre).

Exode et embrouilles

Après la saison 2018-2019 exceptionnelle, une telle entame était loin d'être assurée. La saison de la confirmation est toujours un virage difficile à négocier et la plupart des acteurs majeurs de l'exercice précédent ont déserté le Parc Duden durant l'été. Ainsi, le coach, Luka Elsner, après avoir annoncé rester jaune et bleu, a finalement relevé le défi de la Ligue 1 en signant à Amiens, où il découvre désormais les joies de la lutte contre la relégation.

Mais c'est surtout aux avant-postes que la saignée a été importante. Le virevoltant Percy Tau, qui était prêté à Bruxelles par Brighton & Hove Albion l'est désormais au Club Bruges où il va découvrir la Champions League tandis que Youssoufou Niakaté, l'attaquant franco-malien découvert à Boulogne et auteur de 25 buts toutes compétitions confondues la saison dernière, a rapporté 2 millions d'euros aux Unionistes en rejoignant les Saoudiens d'Al-Wahda.

Et ce n'est pas tout puisque reste le cas Faïz Selemani. Époustouflant lors des derniers play-offs 2 avec ses 8 buts et 3 assists et 10 matches, le Comorien n'avait pas caché ses envies d'ailleurs. Toujours présent à la reprise, le Marseillais avait même réalisé des débuts en fanfare, inscrivant deux goals dès le match d'ouverture. La suite s'est avérée plus compliquée. Selon l'Union, le joueur aurait ensuite prétexté une blessure pour ne plus se présenter au club et forcer son transfert vers Courtrai, avant de vouloir reprendre les entraînements dans le seul but de saboter ceux-ci.

Le cas Selemani

Renvoyé dans le noyau B, Selemani s'est toutefois rendu au centre d'entraînement de Lierre où un comité d'accueil formé d'agents de sécurité l'empêchant d'accéder au terrain l'attendait. Suite à cela, le joueur et son agent ont envoyé un recommandé exigeant de mettre fin au contrat de travail qui le liait au club pour faute grave, invoquant ce renvoi dans le noyau B et l'interdiction de s'entraîner avec le groupe. Des faits contestés par l'Union qui seront traités le 8 octobre par le Tribunal du travail de Bruxelles.

Quelques jours plus tard, Courtrai annonçait la signature de Faïz Selemani sur son site web et ses réseaux sociaux. Cependant, on n'a toujours pas vu le Comorien en action sous le maillot du KV. Et pour cause, il n'est toujours pas qualifié en tant que Courtraisien par l'Union belge, qui attend que sa commission d'arbitrage ou le tribunal du travail se prononcent sur la légalité de la rupture du contrat qui le liait à l'Union. Une décision qui n'a évidemment pas plu au clan Selemani qui a, fin août, introduit une action en référé à l'encontre de l'Union belge auprès du tribunal de première instance de Bruxelles demandant d'interrompre la compétition et exigeant une astreinte de 25.000 euros par jour de non-qualification. Une affaire traitée vendredi dernier qui n'a toujours pas livré de verdict. Le tribunal a indiqué vouloir rendre une décision rapidement, sans toutefois avancer de date.

Recherche killer

Du grabuge en coulisses qui n'empêche le noyau de l'Union de travailler sereinement au renouvellement de son secteur offensif. Si l'an dernier, les Bruxellois pouvaient toujours espérer un coup d'éclat de l'une de leurs trois individualités-phare pour débloquer la partie, l'Union version 2019-2020 doit la jouer plus collectif pour trouver la faille dans les arrière-gardes adverses. Le nouveau coach hispano-danois, Thomas Christiansen, passé comme joueur par le Barça, meilleur buteur de Bundesliga en 2003 avec Bochum et ex-manager de Leeds United, le pointait d'ailleurs du doigt il y a dix jours après le match nul face à l'OHL en estimant qu'il manquait à son équipe " un killer, quelqu'un capable de tuer le match ".

Aligné généralement en pointe depuis le coup d'envoi de la saison, Sigurd Haugen peine à convaincre. S'il a frappé le poteau face au Beerschot, il a également vendangé une énorme occasion contre Louvain et son compteur-buts reste toujours à zéro. Âgé de 22 ans, le Norvégien est arrivé cet été de Sogndal IL, un club de D2 de son pays où il avait scoré à 26 reprises en une saison et demi mais le gap avec le niveau de la D1B ne semble pas simple à franchir. Autre élément aligné devant, Roman Ferber a inscrit son premier but de la saison face à Westerlo. S'il abat toujours un travail colossal, l'ex-Carolo n'a toutefois pas le profil du killer qui manque tant aux Jaune et Bleu. Ses stats parlent d'ailleurs d'elles-mêmes : il n'a jamais inscrit plus de 7 buts en une saison.

La révélation Nielsen

Celui qui trône en tête du classement des buteurs saint-gillois en ce début n'est pas un pur avant. Milieu offensif aligné à la pointe du triangle de l'entrejeu de Christiansen, Casper Nielsen a jusqu'à présent fait trembler les filets à trois reprises, offrant la victoire face à Virton et arrachant le nul contre l'OHL. Il n'en fallait pas plus pour que le Danois, arrivé début juillet en compagnie de son compatriote défenseur Jonas Bager, ne devienne le nouveau chouchou des habitués du Stade Joseph Marien.

Véritable métronome, Nielsen s'est immédiatement rendu indispensable dans le onze bruxellois. Loin d'être un fantôme, il se montre très actif, réclame sans cesse le ballon et ses infiltrations sont un poison pour les équipes adverses. Et ce n'est pas une surprise puisqu'à 25 ans, il présente déjà un joli CV dans son pays natal. International chez les jeunes - il a d'ailleurs évolué en U20 sous les ordres de Jess Thorup, l'actuel coach de La Gantoise - il était du voyage à Rio en 2016 où il a pris part au tournoi olympique où le Danemark a atteint les quarts de finale.

Fils de footballeur pro, il a fait ses débuts en D1 danoise à 19 ans, à Esbjerg avec qui il disputé l'Europa League la saison suivante, battant au passage le Standard. Passé ensuite à Odense, où il évoluait les deux dernières saisons, il a débarqué en Belgique fort d'une expérience de plus de 150 matches de D1 danoise.

Autre satisfaction du début de saison, Serge Tabekou, qui oscillait entre le terrain et le banc la saison dernière s'est érigé en titulaire pour de bon sur le flanc droit. Si son jeu demeure encore parfois brouillon et ses actions irréfléchie, il n'a rien perdu de sa pointe de vitesse et y a ajouté une touche de réalisme qui lui a permis d'inscrire deux goals cette saison, soit déjà deux fois plus que tout au long de l'exercice précédent.

Dans les autres secteurs, l'équipe a peu changé et les " anciens " se montrent toujours la hauteur. Le duo de l'entrejeu Teddy Teuma - Marcel Melhem abat toujours un travail énorme tandis que derrière Pietro Perdichizzi, qui a prolongé jusqu'en 2023 après avoir été cité à Charleroi et Courtrai cet été, et Ismaël Kandouss, récemment appelé en équipe nationale espoirs du Maroc, tiennent la baraque tout comme Adrien Saussez, tout juste prolongé jusqu'en 2022, dans les cages.

Pas de problème de licence

Bémol tout de même, l'équipe unioniste compte fort peu de Belges et surtout pas le moindre élément formé en son sein. L'école des jeunes a d'ailleurs connu du changement ces dernières semaines. Nommé coordinateur sportif de l'École des jeunes fin juillet, Michel De Wolf était charger de gérer et structurer l'ensemble des équipes Elite et Iris de la RUSG. Une mission qui n'aura pas duré bien longtemps puisque un mois et trois semaines plus tard, l'ex-Diable rouge remettait sa démission.

Contacté par nos soins, ce dernier n'a pas voulu épiloguer : " Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu mais je me demande pourquoi ils m'ont engagé. J'étais chargé de remettre de l'ordre, de changer les choses mais j'ai travaillé un mois et demi pour rien. Tout est de nouveau comme avant. Le football et la politique ne font pas bon ménage. " Entre les lignes, il évoque l'importance accordée au volet social au détriment de la formation de haut niveau.

Du côté de l'Union, le CEO, Philippe Bormans, tempère : " On part de très loin et c'est un projet très compliqué à mener. Nous tenons effectivement à conserver les deux aspects, élite et social, de notre école des jeunes. Nous avons plus de 1000 affiliés au club. Michel devait travailler avec le conseil et ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Nous avions des accords avec d'anciens responsables et nous devons tenir nos promesses envers nos jeunes. Nous sommes désormais à la recherche d'un successeur à Michel De Wolf. "

Bonne nouvelle néanmoins, le club a reçu le Label Elite pour ses jeunes en début de saison. Une nécessité pour obtenir une éventuelle licence européenne. L'année dernière, c'est d'ailleurs ce point qui avait coincé et qui avait eu pour conséquence de voir l'équipe A jouer les PO2 pour du beurre. Cela ne devrait pas se reproduire cette fois.

" Normalement, ça devrait être bon ", confirme Bormans. " Nous allons en tout cas tout faire pour l'obtenir. Nous travaillons actuellement sur le dossier qui doit être rendu dans les prochaines semaines ".

En attendant, l'Union se prépare à la réception de Verlaine en Coupe de Belgique. Le chemin le plus court vers l'Europe a-t-on coutume de dire.

Trois points précieux

Samedi dernier, l'Union Saint-Gilloise se déplaçait au Kuipje de Westerlo, leader de la D1B avant cette 7e journée. Un affrontement qui démarrait bien mal pour les Bruxellois puisqu'au quart d'heure de jeu, le Sud-Africain Kurt Abrahams se jouait de l'axe défensif jaune et bleu puis d' Adrien Saussez pour ouvrir le score et se porter par la même occasion en tête du classement des buteurs de la compétition.

Pas le temps de savourer pour les Campinois : dans la minute qui suivait, Teddy Teuma bottait un coup-franc au second poteau vers Ismaël Kandouss qui, d'une tête ajustée, égalisait en inscrivant son premier but sous les couleurs saint-gilloise. Peu après la demi-heure, Teuma, excellent, frappait la barre et dans le prolongement de cette action, Serge Tabekou centrait vers Roman Ferber qui, du thorax, accompagnait le cuir dans les filets, donnant raison à Thomas Christiansen de l'avoir titularisé en pointe au détriment de Sigurd Haugen pour la deuxième fois d'affilée.

Si elle a parfois été malmenée en seconde période, l'Union a conservé son avantage jusqu'au terme des 90 minutes et s'est ainsi offert trois points précieux qui lui permettent de porter son total à 14 et de rester au contact d'OHL, en tête avec 16 points, et de Virton, deuxième, 15 points. Des Gaumais, en grande forme, qui se rendent au Parc Duden ce samedi pour le match au sommet de cette D1B. Début août, Virton s'était incliné 0-1 face aux Bruxellois, sur un but de Casper Nielsen. Depuis lors, l'Excelsior a aligné 5 victoires de rang.

100 ans au Parc Duden

Après avoir écumé les stades durant ses jeunes années, de Saint-Gilles à Uccle en passant par Bruxelles-ville, en 1919, l'Union Saint-Gilloise s'est fixée à Forest au Stade du Parc Duden, rebaptisé Stade Joseph Marien en 1933. Il y a dix jours, lors de la rencontre à domicile contre l'OHL, le matricule 10 a ainsi fêté le centenaire de son stade, devenu mythique depuis bien longtemps. Une longévité à souligner. En effet, parmi les 24 clubs professionnels de D1A et D1B, seuls trois d'entre-eux, le Standard, Anderlecht et Malines, évoluent dans leurs installations depuis plus longtemps.

100 ans au Parc Duden, un sacré bail., BELGAIMAGE
100 ans au Parc Duden, un sacré bail. © BELGAIMAGE

Vendredi 30 août, la soirée est bien entamée à Anvers mais les températures sont encore clémentes en cette fin de grandes vacances. Le Kiel prend toutefois un sérieux coup de froid à la 72e minute de la rencontre entre le Beerschot et l'Union Saint-Gilloise quand l'arbitre indique, de façon méritée, le point de penalty en faveur des visiteurs suite à une faute grossière de Denis Prychynenko sur Serge Tabekou. Le médian français Teddy Teuma s'empare du ballon pour faire justice aux Bruxellois mais sa frappe du gauche, trop molle, est brillamment repoussée par Mike Vanhamel, le portier Anversois. C'est le tournant du match. Trois minutes plus tard, sur une phase confuse suite à un coup-franc, le Togolais Euloge Placca Fessou propulse le cuir dans les filets d' Adrien Saussez. Les Rats peuvent exulter, l'Union ne reviendra pas dans la partie et le score en restera là. Au soir de la quatrième journée, il s'agit de la première défaite pour l'entité bruxelloise qui restait jusque-là sur un brillant 9 points sur 9 après ses victoires contre Roulers (3-0), à l'Excelsior Virton (0-1) et contre Lokeren (3-1). Un début de saison brillant, depuis lors plus contrasté puisque le matricule 10 a ensuite enchaîné deux matches nuls, à Lommel (2-2) et contre Louvain (1-1), avant le match au sommet du week-end dernier chez le leader Westerlo ( voir cadre). Après la saison 2018-2019 exceptionnelle, une telle entame était loin d'être assurée. La saison de la confirmation est toujours un virage difficile à négocier et la plupart des acteurs majeurs de l'exercice précédent ont déserté le Parc Duden durant l'été. Ainsi, le coach, Luka Elsner, après avoir annoncé rester jaune et bleu, a finalement relevé le défi de la Ligue 1 en signant à Amiens, où il découvre désormais les joies de la lutte contre la relégation. Mais c'est surtout aux avant-postes que la saignée a été importante. Le virevoltant Percy Tau, qui était prêté à Bruxelles par Brighton & Hove Albion l'est désormais au Club Bruges où il va découvrir la Champions League tandis que Youssoufou Niakaté, l'attaquant franco-malien découvert à Boulogne et auteur de 25 buts toutes compétitions confondues la saison dernière, a rapporté 2 millions d'euros aux Unionistes en rejoignant les Saoudiens d'Al-Wahda. Et ce n'est pas tout puisque reste le cas Faïz Selemani. Époustouflant lors des derniers play-offs 2 avec ses 8 buts et 3 assists et 10 matches, le Comorien n'avait pas caché ses envies d'ailleurs. Toujours présent à la reprise, le Marseillais avait même réalisé des débuts en fanfare, inscrivant deux goals dès le match d'ouverture. La suite s'est avérée plus compliquée. Selon l'Union, le joueur aurait ensuite prétexté une blessure pour ne plus se présenter au club et forcer son transfert vers Courtrai, avant de vouloir reprendre les entraînements dans le seul but de saboter ceux-ci. Renvoyé dans le noyau B, Selemani s'est toutefois rendu au centre d'entraînement de Lierre où un comité d'accueil formé d'agents de sécurité l'empêchant d'accéder au terrain l'attendait. Suite à cela, le joueur et son agent ont envoyé un recommandé exigeant de mettre fin au contrat de travail qui le liait au club pour faute grave, invoquant ce renvoi dans le noyau B et l'interdiction de s'entraîner avec le groupe. Des faits contestés par l'Union qui seront traités le 8 octobre par le Tribunal du travail de Bruxelles. Quelques jours plus tard, Courtrai annonçait la signature de Faïz Selemani sur son site web et ses réseaux sociaux. Cependant, on n'a toujours pas vu le Comorien en action sous le maillot du KV. Et pour cause, il n'est toujours pas qualifié en tant que Courtraisien par l'Union belge, qui attend que sa commission d'arbitrage ou le tribunal du travail se prononcent sur la légalité de la rupture du contrat qui le liait à l'Union. Une décision qui n'a évidemment pas plu au clan Selemani qui a, fin août, introduit une action en référé à l'encontre de l'Union belge auprès du tribunal de première instance de Bruxelles demandant d'interrompre la compétition et exigeant une astreinte de 25.000 euros par jour de non-qualification. Une affaire traitée vendredi dernier qui n'a toujours pas livré de verdict. Le tribunal a indiqué vouloir rendre une décision rapidement, sans toutefois avancer de date. Du grabuge en coulisses qui n'empêche le noyau de l'Union de travailler sereinement au renouvellement de son secteur offensif. Si l'an dernier, les Bruxellois pouvaient toujours espérer un coup d'éclat de l'une de leurs trois individualités-phare pour débloquer la partie, l'Union version 2019-2020 doit la jouer plus collectif pour trouver la faille dans les arrière-gardes adverses. Le nouveau coach hispano-danois, Thomas Christiansen, passé comme joueur par le Barça, meilleur buteur de Bundesliga en 2003 avec Bochum et ex-manager de Leeds United, le pointait d'ailleurs du doigt il y a dix jours après le match nul face à l'OHL en estimant qu'il manquait à son équipe " un killer, quelqu'un capable de tuer le match ". Aligné généralement en pointe depuis le coup d'envoi de la saison, Sigurd Haugen peine à convaincre. S'il a frappé le poteau face au Beerschot, il a également vendangé une énorme occasion contre Louvain et son compteur-buts reste toujours à zéro. Âgé de 22 ans, le Norvégien est arrivé cet été de Sogndal IL, un club de D2 de son pays où il avait scoré à 26 reprises en une saison et demi mais le gap avec le niveau de la D1B ne semble pas simple à franchir. Autre élément aligné devant, Roman Ferber a inscrit son premier but de la saison face à Westerlo. S'il abat toujours un travail colossal, l'ex-Carolo n'a toutefois pas le profil du killer qui manque tant aux Jaune et Bleu. Ses stats parlent d'ailleurs d'elles-mêmes : il n'a jamais inscrit plus de 7 buts en une saison. Celui qui trône en tête du classement des buteurs saint-gillois en ce début n'est pas un pur avant. Milieu offensif aligné à la pointe du triangle de l'entrejeu de Christiansen, Casper Nielsen a jusqu'à présent fait trembler les filets à trois reprises, offrant la victoire face à Virton et arrachant le nul contre l'OHL. Il n'en fallait pas plus pour que le Danois, arrivé début juillet en compagnie de son compatriote défenseur Jonas Bager, ne devienne le nouveau chouchou des habitués du Stade Joseph Marien. Véritable métronome, Nielsen s'est immédiatement rendu indispensable dans le onze bruxellois. Loin d'être un fantôme, il se montre très actif, réclame sans cesse le ballon et ses infiltrations sont un poison pour les équipes adverses. Et ce n'est pas une surprise puisqu'à 25 ans, il présente déjà un joli CV dans son pays natal. International chez les jeunes - il a d'ailleurs évolué en U20 sous les ordres de Jess Thorup, l'actuel coach de La Gantoise - il était du voyage à Rio en 2016 où il a pris part au tournoi olympique où le Danemark a atteint les quarts de finale. Fils de footballeur pro, il a fait ses débuts en D1 danoise à 19 ans, à Esbjerg avec qui il disputé l'Europa League la saison suivante, battant au passage le Standard. Passé ensuite à Odense, où il évoluait les deux dernières saisons, il a débarqué en Belgique fort d'une expérience de plus de 150 matches de D1 danoise. Autre satisfaction du début de saison, Serge Tabekou, qui oscillait entre le terrain et le banc la saison dernière s'est érigé en titulaire pour de bon sur le flanc droit. Si son jeu demeure encore parfois brouillon et ses actions irréfléchie, il n'a rien perdu de sa pointe de vitesse et y a ajouté une touche de réalisme qui lui a permis d'inscrire deux goals cette saison, soit déjà deux fois plus que tout au long de l'exercice précédent. Dans les autres secteurs, l'équipe a peu changé et les " anciens " se montrent toujours la hauteur. Le duo de l'entrejeu Teddy Teuma - Marcel Melhem abat toujours un travail énorme tandis que derrière Pietro Perdichizzi, qui a prolongé jusqu'en 2023 après avoir été cité à Charleroi et Courtrai cet été, et Ismaël Kandouss, récemment appelé en équipe nationale espoirs du Maroc, tiennent la baraque tout comme Adrien Saussez, tout juste prolongé jusqu'en 2022, dans les cages. Bémol tout de même, l'équipe unioniste compte fort peu de Belges et surtout pas le moindre élément formé en son sein. L'école des jeunes a d'ailleurs connu du changement ces dernières semaines. Nommé coordinateur sportif de l'École des jeunes fin juillet, Michel De Wolf était charger de gérer et structurer l'ensemble des équipes Elite et Iris de la RUSG. Une mission qui n'aura pas duré bien longtemps puisque un mois et trois semaines plus tard, l'ex-Diable rouge remettait sa démission. Contacté par nos soins, ce dernier n'a pas voulu épiloguer : " Je ne veux pas mettre de l'huile sur le feu mais je me demande pourquoi ils m'ont engagé. J'étais chargé de remettre de l'ordre, de changer les choses mais j'ai travaillé un mois et demi pour rien. Tout est de nouveau comme avant. Le football et la politique ne font pas bon ménage. " Entre les lignes, il évoque l'importance accordée au volet social au détriment de la formation de haut niveau. Du côté de l'Union, le CEO, Philippe Bormans, tempère : " On part de très loin et c'est un projet très compliqué à mener. Nous tenons effectivement à conserver les deux aspects, élite et social, de notre école des jeunes. Nous avons plus de 1000 affiliés au club. Michel devait travailler avec le conseil et ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Nous avions des accords avec d'anciens responsables et nous devons tenir nos promesses envers nos jeunes. Nous sommes désormais à la recherche d'un successeur à Michel De Wolf. " Bonne nouvelle néanmoins, le club a reçu le Label Elite pour ses jeunes en début de saison. Une nécessité pour obtenir une éventuelle licence européenne. L'année dernière, c'est d'ailleurs ce point qui avait coincé et qui avait eu pour conséquence de voir l'équipe A jouer les PO2 pour du beurre. Cela ne devrait pas se reproduire cette fois. " Normalement, ça devrait être bon ", confirme Bormans. " Nous allons en tout cas tout faire pour l'obtenir. Nous travaillons actuellement sur le dossier qui doit être rendu dans les prochaines semaines ". En attendant, l'Union se prépare à la réception de Verlaine en Coupe de Belgique. Le chemin le plus court vers l'Europe a-t-on coutume de dire.