Entré en fonction le 1er janvier 2003, l'ancien avocat Pierre François est le directeur général du Standard depuis près d'un an et demi. Il vient de vivre sa première saison complète au club, qui s'est clôturée par un certain succès. Il dresse le bilan des points positifs et négatifs.
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Entré en fonction le 1er janvier 2003, l'ancien avocat Pierre François est le directeur général du Standard depuis près d'un an et demi. Il vient de vivre sa première saison complète au club, qui s'est clôturée par un certain succès. Il dresse le bilan des points positifs et négatifs. Pierre François : Assurément. Mais je ne m'attribue aucun mérite dans ce retour. Ce sont surtout les joueurs et le staff technique qui doivent être félicités. L'un de mes souhaits est de pouvoir retrouver l'esprit Standard dans toutes les composantes du club : direction, personnel, staff et û pourquoi pas ? û joueurs. Je me réjouis de constater que cette attitude a été partagée par les autorités de la Ville, lorsqu'elles ont joué la carte de la confiance en acceptant d'ouvrir la tribune 4 aux supporters du Standard, même lors des matches à risques. C'est un très beau succès qui récompense les efforts fournis en matière de fan coaching. Le dialogue instauré avec les supporters a porté ses fruits. Lorsque ceux-ci ont manifesté le souhait d'organiser des feux de Bengale, cela s'est fait en concertation avec la direction. Lorsqu'un envahissement de terrain était programmé, il a pu être légalisé. Aucun incident n'a été déploré depuis très longtemps. Une charte a été établie et signée par tous les clubs de supporters. Tout cela a débouché sur une issue favorable. Jusqu'à récemment, le Standard possédait un très beau stade dont l'une des tribunes restait lamentablement vide. C'était encore le cas cette saison lors de Standard-Bruges. Grâce à tous nos efforts, nous sommes parvenus à convaincre le bourgmestre Willy Demeyer et nous avons effectué les frais d'infrastructures nécessaires pour rassurer les forces de l'ordre. Le feu vert nous a été donné pour Standard-Anderlecht. Pour ce seul match, la recette fut supérieure aux frais d'infrastructures. La tribune 4 a également pu être ouverte lors de Standard-Charleroi. Il faut rendre hommage à l'asbl FamilledesRouches et aux supporters, les premiers concernés. Je me suis permis de les applaudir à l'entrée du tunnel du Kiel, parce qu'ils sont restés très dignes à l'issue du dernier match de la saison. Ils ont été jusqu'à applaudir les joueurs du Germinal Beerschot, participant ainsi à la fête organisée par le club local. Je n'ai pas très bien compris pourquoi, alors que le coup de sifflet final allait être donné, des policiers se sont postés en masse devant la tribune des supporters du Standard. C'était à la limite de la provocation. Ce déploiement de forces n'avait aucune raison d'être : nos supporters ont appris à se tenir. Je me réjouis aussi que, malgré certaines déceptions sur le plan sportif (trois défaites d'affiliée au premier tour, une succession de matches nuls au second tour et une élimination prématurée en Coupe de Belgique), il n'y a pas eu de révolution de palais. Autre satisfaction : on avait fait le pari de reprendre en " gestion Standard " la billetterie classique d'une part, et le marketing business d'autre part, qui avaient été sous-traités précédemment. Le résultat, nonobstant les frais de gestion de personnel propre que cela implique, a été très positif. La moyenne de spectateurs, qui était de 15.491 pour les matches à domicile, est passée à 17.035. La location des espaces business s'est bien passée également. L'image attractive du Standard s'est confirmée par le nombre de passages en direct sur Canal+, ce qui nous vaut de terminer, en matière de droits de télévision, à 20.000 euros d'Anderlecht tout en devançant Bruges de 10.000 euros, alors que les Flandriens nous ont précédé au classement. Les trois grands clubs ont dépassé le million d'euros en droits de télévision, c'est davantage que la saison dernière. Effectivement. 10.000, cela peut paraître peu par rapport aux 20.000 de nos rivaux. Je préférerais, c'est sûr, en avoir davantage. La ferveur populaire est totale au Standard lorsque l'équipe aligne une série de bons résultats. Elle est moins perceptible en période de basse conjoncture. Les supporters réagissent aux résultats. Liège est situé dans une région qui ne jouit pas d'une situation économique florissante. Pour beaucoup de gens, même si l'abonnement se révèle financièrement plus avantageux, c'est parfois difficile de sortir une telle somme d'emblée. Je connais des supporters qui ont assisté aux 17 matches de championnat, mais n'ont pas acheté d'abonnement. Lorsque nous avons accueilli Anderlecht, nous avons enregistré 27.000 spectateurs. Cela signifie qu'il a fallu émettre 17.000 billets. Le service billetterie doit être loué pour son efficacité. Les autres clubs doivent en émettre moins, car même lorsque leur stade est comble, le nombre de billets disponibles est fort limité. Cela nous prive du deuxième tour préliminaire qui, si le déplacement n'était pas trop long, aurait peut-être pu se révéler rentable, mais d'un autre côté, ce n'est pas plus mal de pouvoir commencer la saison en n'ayant que le championnat en tête. L'équipe pourra bien se roder avant d'aborder le premier tour de la Coupe de l'UEFA, qui risque d'être costaud malgré tout. On pourrait parfaitement tomber sur une équipe qui aurait échoué au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, ou encore sur un club français, style Auxerre ou Sochaux. Pour les supporters, la joie de pouvoir à nouveau voyager. Certains, d'ailleurs, ne faisaient guère de différence entre la Ligue des Champions et la Coupe de l'UEFA, pourvu que le Standard puisse se montrer en Europe. En terminant troisième, on n'a peut-être pas tiré totalement profit du mauvais premier tour de Bruges, mais l'objectif du début de saison a été atteint. C'est un premier palier, car la saison prochaine, on ne pourra pas revoir nos ambitions à la baisse. Il faudra, au contraire, essayer de gravir un échelon supplémentaire. Pour moi, ce n'est pas manquer de stabilité que de devoir se séparer, au terme de la saison, d'un joueur exceptionnel comme Gonzalo Sorondo, dont on avait bénéficié en prêt. Il n'est d'ailleurs pas encore parti : nous allons essayer de reconduire le prêt. Emile Mpenza est, effectivement, déjà parti, mais nous avons voulu respecter la parole que nous lui avions donnée : à savoir, que s'il se refaisait une santé, au propre comme au figuré, et que si un club lui faisait une proposition supérieure à ce que nous pouvions lui offrir ici, nous ne le retiendrions pas. Dans un cas comme dans l'autre, c'est une instabilité dans le noyau qui est une stabilité dans la façon de respecter les engagements. Je suis content d'avoir vu ces deux joueurs d'exception sous le maillot du Standard pendant une saison. Malgré leur présence, il est exact que nous avons loupé la Ligue des Champions, mais notre budget est moindre que celui de nos concurrents. Notre maillot s'est bien vendu par l'adjonction de TNT à l'ALE, mais nous ne sommes pas encore parvenus au montant qu'obtient Anderlecht avec Fortis, ni Bruges avec Dexia. Il faudra continuer avec travailler avec enthousiasme, malgré les quelques soubresauts enregistrés depuis 15 jours. Effectivement. Ainsi que de l'amalgame effectué par La Dernière Heure û Les Sports qui parle de blanchiment d'argent et de blocage de coffres. Je suis très à l'aise, l'enquête ne révélera rien d'illégal. A aucun moment, le chef de l'enquête menée par le Parquet n'a mentionné le mot blanchiment et nous n'avons pas de coffres. Rien n'a été bloqué, d'ailleurs. Le Parquet a emporté les documents qu'il cherchait pour vérification, point. Ces perquisitions ne concernent en rien la gestion du Standard, mais le Standard en subi les préjudices, dans la mesure où certains ont tendance à prendre les informations au premier degré et considèrent qu'il y a encore de la magouille dans l'air. J'ose croire qu'on ne pense pas cela des réviseurs, qui ont également reçu la visite de la police. Au Standard, nous avons eu un contrôle fiscal de l'AFER (Administration Fiscale des Entreprises) qui n'a débouché sur rien d'autre que quelques remarques, du style : une provision qui doit passer d'un exercice à un autre, une commission d'un manager sur laquelle nous avons été interrogés et pour laquelle nous n'avons eu aucune difficulté à justifier le montant. Quant à l'origine des fonds qui ont permis au club de conserver ses ambitions, je ne me fais pas trop de soucis : je suis persuadé que les renseignements pourront être fournis. A l'époque où notre Conseil d'Administration comprenait les représentants du monde politique liégeois, personne ne s'était posé la question. Maintenant qu'ils n'y sont plus, un dossier s'ouvre concernant les années 1998, 1999 et 2000. Et cela, à un moment très peu opportun, alors que je négocie des contrats de sponsoring. C'est curieux. Qui en veut au Standard ? Elles visent à vérifier l'origine des fonds qui ont été apportés au Standard depuis l'étranger, point à la ligne. Pourquoi cette origine serait-elle douteuse ? Erigé en Société Anonyme, le Standard est davantage contrôlé que les autres. Je présume qu'à l'époque, tout avait fait l'objet de vérifications de la part d'un notaire et d'un réviseur d'entreprises, et que les banques avaient respecté les règles en la matière. Les fonds étaient venus de l'étranger via Fortis, qui n'est pas notre sponsor, mais est notre banquier. Je peux vous assurer que le Standard ne revit vraiment pas les épisodes d'il y a 20 ans. Que les supporters se rassurent. Par un curieux hasard, le jour où l'on s'interrogeait sur l'identité de l' hommesuisse, je recevais un fax de sa part, avec ses meilleures salutations. Il m'envoyait un document que je lui avais réclamé. Ce sont des gens qui existent et qui répondent à des lettres. Au lieu de se plaindre que ces gens ont investi à Liège depuis l'étranger, on devrait les en remercier. Je suis presque honteux d'être Liégeois lorsque je vois le sort qu'on réserve à ces personnes. Comment Tony Blair réagit-il aux apports de fonds dont bénéficie Chelsea ? Il remercie. En Belgique, on préfère enquiquiner. Ils ont débouché sur 2.500 euros d'amende, l'acquittement d'Emile Mpenza et l'incompétence de la juridiction disciplinaire de la fédération pour Luciano D'Onofrio, qui n'a pas caché ce qu'il avait fait et qui s'en est excusé sur la manière, mais qui n'en pensait pas moins sur l'arbitrage, ce jour-là. Les incidents de Gand n'ont sans doute pas redoré notre image, mais d'un autre côté, certains nous ont compris. Sur le match de Gand, en tout cas, il l'a été. On ne demande pas à être avantagés, simplement à ce que tout se passe de la même manière pour tous les clubs. Pas toujours. A Mons, par exemple, on aurait pu siffler la faute à l'extérieur du rectangle. Emile Mpenza était hors-jeu lorsqu'il a égalisé contre les Zèbres, c'est vrai. Je ne veux pas trop me plaindre, je n'ai pas envie d'être traité de Calimero. Le Standard a parfois été dirigé par de très bons arbitres, comme Johny Ver Eecke, qui a officié contre St-Trond, juste après les incidents de Gand. Mais j'ai l'impression qu'au bout du compte, la balance nous est défavorable. C'est bien la raison pour laquelle Luciano D'Onofrio s'est excusé. Il ne peut pas être sanctionné par la fédération : c'est une nuance. Mais il ne m'étonnerait pas qu'il prenne prochainement un rôle actif dans le club. Pour ce faire, il devrait abandonner son statut de manager FIFA, mais il pourrait franchir le pas car il en a marre d'entendre qu'il se cache. Daniel Devos " Tony Blair dit merci quand de l'argent étranger arrive à Chelsea. ICI ON ENQUIQUINE " " Le Standard a parfois été dirigé par DE TrèS BONS ARBITRES "