L a, la, la, la, la, la, la... E viva Emilio... Le kop d'Anderlecht a rappelé aux supporters de Bruges, au début du choc de dimanche dernier, que le Club était en pleine crise et sortait d'un mariage difficile avec Emilio Ferrera. Mais le malade va déjà beaucoup mieux. CedomirJanevski réussira-t-il là où le Mourinho de Schaerbeek a échoué ? Point commun : il a réussi son départ (victoire totale à Beveren puis un seul point mais victoire morale contre Anderlecht) comme Ferrera avait bien négocié le sien, quand il fut nommé en fin de saison passée. L'objectif, aussi, est commun : qualifier in extremis le Club pour la Coupe d'Europe.
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L a, la, la, la, la, la, la... E viva Emilio... Le kop d'Anderlecht a rappelé aux supporters de Bruges, au début du choc de dimanche dernier, que le Club était en pleine crise et sortait d'un mariage difficile avec Emilio Ferrera. Mais le malade va déjà beaucoup mieux. CedomirJanevski réussira-t-il là où le Mourinho de Schaerbeek a échoué ? Point commun : il a réussi son départ (victoire totale à Beveren puis un seul point mais victoire morale contre Anderlecht) comme Ferrera avait bien négocié le sien, quand il fut nommé en fin de saison passée. L'objectif, aussi, est commun : qualifier in extremis le Club pour la Coupe d'Europe. " Je ne veux pas essayer de monter deux escaliers à la fois ", signale Janevski. " Je vise d'abord la troisième place, après on verra si on peut regarder plus haut. J'avoue que si nous avions gagné contre Anderlecht, je me serais mis à rêver du titre. Je m'étais écrit un petit scénario dès samedi soir, après la défaite du Standard : il nous restait à battre Anderlecht pour revenir dans le coup. Mais bon, il faut contrôler la pression, ne pas se projeter trop haut. Je retiens une chose : le Club n'est pas mort ". Cette victoire aurait été plus que méritée. Dimanche dernier, on se serait parfois cru au match Belgique-Tchéquie d'il y a 8 jours, avec les Brugeois dans le rôle des Tchèques qui faisaient danser l'adversaire et donnaient l'impression de pouvoir tuer le match à tout moment. Anderlecht a été, pendant plusieurs phases du match, enfoncé comme l'est rarement un leader. " Nous jouons tous les matches pour les gagner ", signale GaëtanEnglebert. " Calculer, c'est terminé. Beveren a eu des occasions contre nous sur des contre-attaques : ça voulait déjà dire que, dès le premier match avec Janevski, nous jouions plus haut qu'avant. Et forcément, nous prenons plus de risques défensifs ". Janevski a promis de mettre le feu et d'amener à Bruges les ingrédients qui manquaient sous Ferrera : vitesse, profondeur, émotion, spectacle. Tactiquement, une seule chose a changé par rapport à la période Ferrera. L'entrejeu n'est plus constitué d'une ligne (avec deux médians défensifs côte à côte) mais forme désormais un losange. Ferrera demandait aux deux médians latéraux de rentrer régulièrement dans le jeu pour permettre la montée des backs. Mais ceux-ci n'ont créé qu'un minimum de danger depuis le début de la saison et n'ont expédié qu'un minimum de bons centres, ce qui fait conclure aux joueurs qu'il fallait revoir le système. Janevski l'a compris. Désormais, les médians latéraux peuvent évoluer près de leur ligne, leur marge de man£uvre s'est élargie. Sera-ce suffisant pour rendre confiance à KoenDaerden, qui semblait coincé dans son costume et ses consignes sous Ferrera ? Le Diable a en tout cas encore ramé contre Anderlecht et écrasé le troisième but sur la barre. Le médian récupérateur attitré reste Sven Vermant, et devant lui, il a maintenant ElrioVan Heerden, qui a tout fait contre Anderlecht : arracher des ballons, appeler, commander, distiller, menacer le gardien. Lucas Biglia, chargé de le contrôler, a dégusté comme il l'avait rarement fait depuis son arrivée en Belgique. Autre artisan du 4 sur 6 lors des deux premiers matches de Janevski : Bosko Balaban. Il a marqué les deux buts à Beveren et amené les deux inscrits contre Anderlecht. Manasseh Ishiaku s'est chargé de scorer les deux fois, dimanche dernier : enfin le grand départ brugeois pour lui ? Il a été remplacé sous les vivats, le public lui a fait une standing ovation. Deux semaines plus tôt, le même public était aussi debout après le match contre Roulers, mais c'était pour hurler sa colère et réclamer le départ d'Emilio Ferrera. Dans les têtes, une victoire pareille aurait fait un bien fou. " Elle m'aurait facilité le travail au cours des prochains jours ", reconnaît Janevski. " J'aurais dû passer moins de temps à parler et à motiver, et j'aurais ainsi pu me concentrer sur d'autres choses ". Après le retour miraculeux des Mauves, les dégâts psychologiques dans le vestiaire brugeois étaient spectaculaires. Les joueurs ne comprenaient pas comment ils avaient pu laisser filer cette victoire. Ils sont toutefois sortis de cette confrontation avec une certitude : Bruges a le niveau pour le podium. " Nous en avons toujours été convaincus, et ceux qui nous ont critiqués au cours des derniers mois doivent avoir compris certaines choses après nous avoir vus contre Anderlecht ". Englebert : " C'est clair qu'on a beaucoup trop de talent pour ne pas viser plus haut ". Janevski n'est-il qu'une solution de dépannage ? Le président, Michel D'Hooghe, a affirmé que le Macédonien était déjà son premier choix au moment de l'arrivée de JanCeulemans. De son côté, Cedo lance qu'il voudrait rester longtemps en place. Mais il n'est pas né d'hier et connaît les règles du jeu : si le Club ne termine pas sur le podium, il devra probablement laisser sa place. Janevski est un gentil qui sait se montrer méchant. Il parle peu à l'entraînement mais sait faire passer les messages forts et montrer les dents. D'Hooghe estime qu'Emilio Ferrera est un bon entraîneur qui ne l'a pas convaincu comme coach. Si Janevski montre qu'il a les deux qualités et s'il atteint l'objectif fixé, il risque fort de prolonger en fin de saison. PIERRE DANVOYE