Kismet Eris n'est pas seulement l'agent de Christian Benteke, il est aussi son ami, son confident, son " grand frère ". Issus tous deux de Droixhe, leurs destinées ont toujours été liées. Premier informé de la blessure de son joueur, Kismet Eris revient sur cette journée du 3 avril et les jours qui ont suivi.
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Kismet Eris n'est pas seulement l'agent de Christian Benteke, il est aussi son ami, son confident, son " grand frère ". Issus tous deux de Droixhe, leurs destinées ont toujours été liées. Premier informé de la blessure de son joueur, Kismet Eris revient sur cette journée du 3 avril et les jours qui ont suivi. Comment apprenez-vous la blessure de Christian ?Je suis en voiture direction Bruxelles où je dois rencontrer Roger Bolli. Christian me sonne vers 2 h de l'après-midi et me demande comment ça va ? Je lui réponds bien et toi ? Il me dit que ça va mais je suis blessé. C'est grave ? Oui, le tendon d'Achille, la Coupe du Monde, c'est fini. Comment est-il au téléphone ?Calme et très conscient. Comme on est tous les deux croyants, on s'est dit que le bon Dieu en avait décidé ainsi. Qu'il fallait accepter. Avant de raccrocher, je lui ai dit que j'arrivais au plus vite. J'ai appelé dans la foulée Aston Villa qui m'a réservé le vol de 17 h pour Birmingham. Quelle est la suite des événements ?Je l'ai retrouvé au club. J'avais demandé au coach et au CEO de prendre rendez-vous pour le lendemain. Le club voulait l'opérer dès le lundi (quatre jours après). Je trouvais qu'on allait un peu trop vite en besogne. J'ai parlé avec le médecin du club que l'on ferait l'opération en Belgique tout comme la revalidation car le mental est très important pour se rétablir de ce type de blessure. Après une nuit où on a beaucoup parlé de ce qui l'attendait, de cette nouvelle épreuve, je l'ai ramené jusqu'en Belgique en voiture en plus ou moins huit heures. J'ai pris des édredons, plusieurs coussins que j'ai mis à l'arrière de sa voiture et il s'est allongé. S'est-il plaint pendant le trajet ?Non pas du tout, on rigole même, on a pas mal bouffé aussi (il rit). Sur le chemin, j'ai pris mes renseignements auprès de bon nombre de gens, des médecins en Finlande, à Milan, à Paris, j'ai appelé Khalilou Fadiga qui avait été victime de cette même blessure. Et j'ai transmis toutes ces informations à Christian pour qu'il se rende compte de ce qui allait se passer. On ne voulait pas se faire opérer tout de suite... Pourquoi ?Premièrement, il n'y avait aucune contre-indication médicale à reporter l'opération. La semaine nous a permis d'une part de récolter un maximum d'informations et aussi laisser Christian se reposer, se retrouver avec sa famille, retrouver une vie normale. Il a eu le temps de digérer psychologiquement cette blessure. Quand il s'est rendu chez le Docteur Declercq, il était prêt. Et puis, qu'est-ce qu'une semaine de perdue par rapport à une Coupe du Monde et un éventuel transfert raté ? Et au final, il a eu raison. On n'a pas devant nous quelqu'un qui a loupé la Coupe du Monde ou qui a le tendon d'Achille pété, mais un homme qui est bien dans sa tête, qui est même épanoui. A-t-il beaucoup souffert ?C'est un malade, après l'opération il ne prenait même pas d'anti-douleurs. On lui a quand même appliqué 40 agraphes !