S'il bat Lokeren, fin novembre, Gand peut affronter Anderlecht en quarts de finale de la Coupe. Le chemin le plus court vers l'Europe risque d'être un parcours très difficile ? Christian Brüls : Oui, mais on ne peut pas avoir de la chance avec le tirage chaque saison. Aller loin en éliminant des équipes qu'on dit meilleures donnerait du panache à notre campagne. Jouer contre des ténors est plus agréable et apporte plus de satisfaction. La saison passée, nous avons été éliminés en quarts de finale par Lokeren, en deux matches. Nous devons donc prendre notre revanche. Je m'attends à ce que Gand devienne plus fort dans les mois à venir.

Le public de Gand, d'un naturel très critique, te siffle fréquemment quand tes dribbles ne réussissent pas. Tu en souffres ?
...

Le public de Gand, d'un naturel très critique, te siffle fréquemment quand tes dribbles ne réussissent pas. Tu en souffres ? Pas trop. Ce sont les risques du métier, non ? Je n'entends pas les huées, j'essaie de me concentrer sur mon jeu. Mon objectif premier n'est pas de devenir l'idole du public. Je veux avant tout apporter un plus à l'équipe. Naturellement, je sais très bien que je cours trop longtemps avec le ballon mais c'est le résultat final qui compte. Je dois tenter de surprendre l'adversaire, de donner des bonnes passes et de marquer. Dans le passé, j'étais plutôt un joueur qui adressait des passes transversales et délivrait des assists. Je joue des deux pieds et j'aime chercher la profondeur, ce qui constitue un atout quant je joue au c£ur de l'entrejeu. Depuis un peu plus d'un an, je joue à gauche. Je m'y plais mais l'entraîneur connaît très bien ma place de prédilection. Seulement, voilà : j'ai déjà délivré 19 passes décisives de la gauche et j'ai marqué assez souvent aussi, ce qui a manifestement fait pencher la balance. Je suis convaincu d'être plus déterminant dans l'axe mais l'entraîneur est le patron, il veut que les extérieurs prennent des initiatives et il sait que je pense en termes collectifs. Je dois maintenant essayer de me démarquer plus intelligemment. Pour être franc, j'ai été trop optimiste. Je regrette surtout de n'avoir pas pu déterminer moi-même le cours de ma carrière. J'ai été très déçu que la direction s'oppose à mon transfert. Cela m'a trotté dans la tête plus longtemps que je ne le pensais. J'ai tendance à réfléchir trop longtemps. C'est pour cela que je n'étais pas dans le noyau contre le Standard : en plus d'une fracture de stress, les négociations pour un nouveau contrat n'avaient pas donné le résultat escompté. L'entraîneur connaissait mon manque temporaire de motivation et il m'a ménagé. Les observateurs n'en savaient rien et j'ai trouvé ça très bien. Maintenant, je me suis vidé la tête. Je ne suis certainement pas le joueur le mieux payé du noyau, ce qui n'est d'ailleurs pas nécessaire, ni maintenant ni plus tard, mais l'adaptation de mon contrat montre qu'on apprécie mes prestations. En plus, elle peut être intéressante pour le club aussi puisqu'elle augmente mon indemnité de transfert. Cela donne envie. Cela montre aussi l'ambition du club. Ce nouveau stade ne peut qu'avoir un impact positif sur sa croissance. Nous vivons une saison cruciale. Sur la base des cinq dernières années, nous sommes en moyenne entre la troisième et la quatrième place. Nous avons besoin de ce stade pour continuer à progresser. Non car nous avons perdu des bêtes points contre des équipes comme Charleroi, Malines et Louvain. Nous devons améliorer notre concentration et la communication sur le terrain. De ce point de vue, Bernd Thijs et Rémi Maréval sont extrêmement importants. Les PO1 peuvent constituer un test intéressant car à ce moment, nous devrons atteindre notre rendement maximal. Accordez-nous encore un peu de temps pour travailler nos automatismes offensifs et défensifs. Notre statut nous oblige à terminer parmi les cinq premiers. Nous possédons le potentiel requis mais nous devons encore le prouver. Comme milieu récupérateur, il est le garant de l'organisation et il conserve bien le ballon. Il force le respect de tous les footballeurs car il lit très bien le jeu. N'importe quelle jeune équipe a besoin d'un tel guide. Il a raison. Tous les joueurs sont satisfaits de Trond Sollied, chacun est à 100 % derrière lui et ses choix. Chacune de ses décisions est fondée. Je trouve qu'il ne faut pas exercer de pression sur des footballeurs de moins de 21 ans. Ils sont en phase d'apprentissage et commettent logiquement des erreurs. Ce n'est pas un problème s'ils en tirent les leçons. Le président et le manager ont réagi avec excès, ils ont fait preuve d'impatience alors qu'il y avait des problèmes de communication dans l'équipe mais certainement pas de crise sportive. Regarde son palmarès. Sa méthode de travail, avec ballon et beaucoup de matches, et son approche tactique sont très enrichissantes. Son sens de l'humour est surprenant mais son principal atout est le calme qu'il parvient à transmettre à un groupe. Il mise sur la clarté et il est toujours très conséquent. C'est une bonne combinaison. C'est un homme normal et le professeur de foot idéal. J'admire beaucoup sa sérénité et il m'insuffle de la confiance. Nous sommes sur la même longueur d'onde. Et évoluer dans son système est agréable. C'est simple : faute d'automatismes. L'entraîneur a prévu que nous serions mieux rodés vers octobre-novembre. Le meilleur est encore à venir. Nous disposons d'un noyau où presque tous les postes sont doublés. En plus du retour de Thijs et de Maréval, je compte aussi sur l'apport de Rodgers Kola. Une fois sa suspension purgée, il va démontrer qu'il peut nous apporter beaucoup, pas uniquement par son gabarit et sa présence dans le rectangle mais aussi grâce à son bon placement devant le but. Il peut devenir un pion important dans notre occupation de terrain. Ce n'est peut-être pas un finisseur pur-sang mais il peut inscrire 10 à 15 buts par saison. PAR FRÉDÉRIC VANHEULE - PHOTO: IMAGEGLOBE" Je ne cherche pas à être l'idole du stade. "