27 juin, 8 h du matin. J'ai peu dormi, me reste la matinée pour vous narrer quelque mignardise footeuse : la deadline pour renvoyer ma chronique à la rédac' est hebdomadairement fixée au vendredi midi. Forcément, vous avez hier soir regardé comme moi Espagne-Russie. Forcément sur la RTBF, à moins d'être fan d' EstelleDenis (*) et de capter M6. Et forcément vous y avez croisé ma binette, vu que Benjamin Deceuninck m'avait fait l'insigne honneur d'installer mon popotin entre ceux de Stéphane Pauwels et José Riga. Binette à bibi qui n'est plus celle-ci-dessus, paraîtrait que certains qui croyaient me connaître ne m'ont même reconnu que par les lunettes. Bon. J'explique. C'est une histoire de foot.
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27 juin, 8 h du matin. J'ai peu dormi, me reste la matinée pour vous narrer quelque mignardise footeuse : la deadline pour renvoyer ma chronique à la rédac' est hebdomadairement fixée au vendredi midi. Forcément, vous avez hier soir regardé comme moi Espagne-Russie. Forcément sur la RTBF, à moins d'être fan d' EstelleDenis (*) et de capter M6. Et forcément vous y avez croisé ma binette, vu que Benjamin Deceuninck m'avait fait l'insigne honneur d'installer mon popotin entre ceux de Stéphane Pauwels et José Riga. Binette à bibi qui n'est plus celle-ci-dessus, paraîtrait que certains qui croyaient me connaître ne m'ont même reconnu que par les lunettes. Bon. J'explique. C'est une histoire de foot. ça débute en octobre 2007. Je suis le nouveau coach de la RSS Salmchâteau, P2 luxembourgeoise. Je ne suis d'ailleurs pas sûr que ça mérite d'être appelé coach, en tout cas je coache apparemment comme une bite, vu qu'au bout de 8 journées de championnat nous avons amassé 4pts sur 24, pas besoin de tableau noir pour vous préciser ce que ça implique comme place foireuse au classement. Mais chouette groupe. Au sein duquel, forcément, ça doute : le peu de points glanés (par le gland que je commence à être) est inattendu, on ne prévoyait pas monts et merveilles, on ne prévoyait pas non plus gouffres et horreurs. Forcément, tout le monde commence à se demander si ça va un jour décoller. Et on cause, faut toujours causer. Et je finis par lâcher, comme ça, machinalement, après un entraînement et en buvant ma bière (MA bière, pas MES bières !), qu'il allait falloir s'arracher mais qu'en tout cas, nous pouvions d'ores et déjà faire une croix sur la quarantaine de points que nous escomptions à l'orée de la saison. Les deux Greg ont alors le bon goût d'objecter, de prétendre que c'est encore plausible. On blablate, on calcule les points restants à prendre, le pourcentage de points gagnés qu'il serait encore raisonnable d'espérer,... et je finis par lâcher, moi dont l'épaisse tignasse (certes grisonnante) émerveille encore ma femme après si longtemps, que " Si jamais on arrive à atteindre 42pts au classement final, là, les gars, vous pouvez me mettre la boule à zéro ! " Vous devinez la suite. Petit à petit, on a remonté la pente et les places au classement. Toute la saison, j'ai entendu parler de tondeuse et de chiffre 42. A l'aube du 20 avril, jour du sacre pour les Rouches et avant-dernière journée pour nous, la RSS Salmchâteau comptait 41pts : j'ai cru que je devrais aller le soir à Sclessin tondu comme un mouton tondu à la va-vite,... mais les joueurs ont eu l'infinie délicatesse de jouer comme des nuls et de se faire lamentablement battre à domicile par un adversaire à leur portée ! Ce ne fut que partie remise : huit jours plus tard, ils clôturaient leur championnat en arrachant le point qu'il fallait, même pas une victoire, les cons, juste pile le 42e point. Sans délicatesse aucune, à 16 h 45, ma boule fut mise à zéro sur le champ, c'est-à-dire que mes poils gris jonchèrent la pelouse visiteuse. Voilà l'explication. ça repousse depuis, ce n'est plus à zéro mais c'est encore fort court. Je ne regrette rien, va-t-en savoir si sans ça, nous ne serions pas en P3 à l'heure qu'il est ! Mieux valent quelques poils perdus et que je retrouverai, que quelques points perdus à jamais et une rétrogradation flippante. A chacun son team building, tout le monde n'a pas le fric et les moyens pour emmener son groupe faire de l'escalade à Marche-les-Dames ou du cuistax à la mer du Nord... A la semaine prochaine, nous clôturerons sur l'Euro. J'espère que d'ici là, les Allemands et leur jeu fade n'auront pas corroboré l'adage célèbre de Gary Lineker. Adage connu que je ne vous fais pas l'injure de reprendre pour conclure, je vous en propose deux autres de mon invention, à vous de choisir : 1. Le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 et où les défenseurs finissent toujours par piquer le ballon aux attaquants, sauf rarement. 2. Le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 avec les pieds, et qui se gagne en trichant avec les mains. (*) A propos d'Estelle, si vous avez rigolé de l'épisode de cette demande en mariage en live par Domenech, vous aimerez aussi la chronique comique de Patrick Besson dans Le Point : http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/estelle-repond-a-raymond/989/0/255887par bernard jeunejean