Lors du dernier championnat, Frank Defays n'a porté que 13 fois le maillot zébré. Mais ses blessures sont oubliées et Thierry Siquet est décidé à lui rendre son poste d'arrière droit. Le contrat de Frank Defays arrivera à son terme en juin 2009. Le train ne passera plus éternellement : cette saison représente l'une des dernières chances de Capi d'obtenir une récompense autre que la satisfaction d'avoir porté le maillot de Charleroi durant dix ans.
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Lors du dernier championnat, Frank Defays n'a porté que 13 fois le maillot zébré. Mais ses blessures sont oubliées et Thierry Siquet est décidé à lui rendre son poste d'arrière droit. Le contrat de Frank Defays arrivera à son terme en juin 2009. Le train ne passera plus éternellement : cette saison représente l'une des dernières chances de Capi d'obtenir une récompense autre que la satisfaction d'avoir porté le maillot de Charleroi durant dix ans. Il y a un an, les dirigeants n'avaient pas voulu mettre de pression sur les épaules des joueurs. Leur discours était destiné à nous donner confiance et à nous faire prendre conscience de nos capacités. Cela n'a peut-être pas été perçu de la sorte par la presse. Il fallait nuancer ces déclarations, voir quel était le but réel. Cette saison, c'est vrai que nous sommes plus discrets : nous avons estimé qu'il était préférable de tenir nos ambitions pour nous. Nous ne lancerons pas de grandes déclarations. Nous tenterons juste de mettre tout en £uvre pour décrocher un résultat qui nous rendra fiers. Le groupe n'a pas été réellement touché. Mais nous avons senti que la presse n'avait pas hésité à confronter le président à ses déclarations quand l'équipe ne tournait pas. C'est normal, les journalistes font leur métier. Je pense que Charleroi pourra tout renverser sur son passage le jour où nous serons animés d'un vrai esprit de compétition. Notre but est d'être capable de développer le même jeu face à Anderlecht et à Tubize. L'autosatisfaction reste notre péché mignon. J'ai vu les matches de Charleroi au second tour, quand j'étais blessé : aucun adversaire ne nous était supérieur. Et pourtant nous avons connu plusieurs mois difficiles. Un déclic peut se produire à n'importe quel moment. Nous devons forcer les événements pour que chaque joueur prenne conscience de ses qualités physiques et morales. Parce qu'une préparation met en scène un noyau de 25 joueurs et qu'il est toujours difficile de se situer avant de voir tout le monde à l'£uvre. Mais je préfère que Charleroi connaisse une préparation chahutée et soit prêt pour le début du championnat. Il ne servirait à rien d'arriver serein au premier match et puis de se casser la figure. Il y a du positif, du négatif mais il y a un reproche que personne ne pourra nous formuler : nous n'avons jamais manqué de volonté. Je n'ai pas d'explications. Certains raisonnements sont un peu caricaturaux. Quand une équipe gagne 5-0, on loue ses attaquants. Si elle s'incline 3-0, on descend ses défenseurs. A partir du moment où nous encaissons un but, tout le monde est responsable : du premier attaquant au dernier défenseur, en passant par le milieu, le gardien de but et le banc. Si tu considères que tu gagnes grâce à l'attaque et que tu perds à cause de la défense, tu n'avances pas. Il n'y a pas que le départ de Diallo qui a provoqué des modifications. Laurent Ciman a rejoint Bruges, David Vandenbroeck est arrivé de Tubize. Mais la concurrence est toujours présente et elle est nécessaire, surtout quand un groupe a de l'ambition. Non, cela ne me concerne pas. Je ne raisonne pas de la sorte. Celui qui pense comme ça est à côté de la plaque. Je sais une chose : pour être titulaire, il faut prester à son meilleur niveau. Oui, c'était la meilleure solution pour compenser la perte de Cristian. Sébastien est un joueur de qualité, que tout le monde connaît. Il a une mentalité irréprochable et il pense toujours à l'intérêt de l'équipe. C'est une situation délicate pour le club et le groupe. Nous nous serions bien passés de ce problème. La direction a pris ses responsabilités. Mais le reste du noyau est pris en otage par cette affaire. Ce n'est pas une surprise mais plutôt une confirmation. Sergio avait déjà presté à un bon niveau en fin de saison dernière, quand l'entraîneur avait fait appel à lui. Il va poser pas mal de problèmes de sélection. C'est un élément très technique, qui est capable d'adresser des ballons décisifs à ses coéquipiers. J'en reviens à ce que je disais. L'attaque n'est pas l'unique responsable des buts marqués. Les joueurs du milieu de terrain doivent aussi être capables de pointer le nez à la fenêtre quand c'est nécessaire. Mais je ne m'inquiète pas. Devant, Charleroi dispose de ressources. C'est difficile à dire. Benjelloun vient tout juste d'arriver. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de voir ses qualités à l'£uvre et c'est donc difficile de se forger un avis, même s'il a de sérieuses références. Par contre, Cyril Théréau n'est plus à présenter. Il ne faut pas non plus oublier Habib Habibou, qui a sorti quelques grosses prestations. Volendam garde un souvenir cuisant de notre attaquant. Il y a aussi Orlando. J'ai l'impression qu'il va sortir de l'ombre. Il suffit d'un déclic. C'est un buteur qui a manqué de confiance lors des derniers mois. Mais quand un joueur traverse une période vide, il finit toujours par sortir de l'ornière. Ce sera peut-être la saison d'Orlando. J'affirme cela par rapport à ce qu'il a montré durant la préparation et par rapport à ses qualités. Cela ne sert à rien de se prétendre plus fort. Non car le calendrier est composé de 34 semaines. Si nous gagnons nos cinq premiers affrontements et que nous perdons tous les autres, nous serons bons pour la D2. Il faudra être régulier durant toute la saison. Peu importe. Genk, Anderlecht, Standard... cela ne m'intéresse pas de savoir quelles formations joueront le haut du panier. Dans ma tête, il n'y a que Charleroi qui compte. Je tiendrai les autres équipes à l'£il si nous avons la chance de décrocher un trophée. Non, les matches seront semblables mais il y aura plus d'équipes qui seront mêlées à la lutte pour l'Europe et à la lutte pour le maintien. Il faut relativiser. Un club peut avoir 8.000 abonnés et 1.000 personnes qui achètent leur place ou bien 5.000 abonnés et 10.000 spectateurs payants. Certains attendent de voir les résultats que nous leur proposerons. Charleroi a besoin d'une victoire significative. Je ne parle pas d'un simple match gagné mais d'un trophée ou d'une qualification pour une coupe d'Europe. Oui. Je crois qu'ils ont besoin de vibrer. Malgré un contingent nombreux de sympathisants, Charleroi n'a aucun palmarès. Ce club doit gravir un palier supérieur. Non. J'ai été six mois sur la touche et on récupère moins facilement à 34 ans qu'à 20. Les sensations reviennent peu à peu. En tout cas, le plaisir et l'ambition sont encore plus intenses. Je ne me suis fixé aucune échéance et je n'élabore aucun plan de carrière. Je ne pense qu'à retrouver la sérénité mentale et physique, à vivre au jour le jour. C'est une possibilité. Une marque de fabrique : de l'engagement, l'amour du maillot que j'ai toujours mouillé, des valeurs. Rien. Je suis très heureux comme cela. Mais ma carrière n'est pas encore terminée ! Tout reste encore possible... Si tu vis avec des regrets, cela signifie que tu n'es pas satisfait de ce que tu as vécu. Je ne veux rien changer à mon passé. A 25 ans, je me disais : " J'espère un jour avoir la chance de jouer une rencontre de D1. " Aujourd'hui, j'ai 10 ans de carrière derrière moi et plus de 250 matches à mon compteur. Je ne relève que du positif. Si tout le monde regarde vers le même objectif. par simon barzyczak - photos : reporters