Le pont Charles de Gaulle fait la part belle à la multiculturalité : les drapeaux japonais, suédois et autres finlandais escortent les touristes de tout bord. Ici, un couple français en pleine recherche du spot idéal pour son selfie, là des potes néerlandais qui se marrent bruyamment et plus loin, ces Allemands retraités les yeux rivés sur leur guide.
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Le pont Charles de Gaulle fait la part belle à la multiculturalité : les drapeaux japonais, suédois et autres finlandais escortent les touristes de tout bord. Ici, un couple français en pleine recherche du spot idéal pour son selfie, là des potes néerlandais qui se marrent bruyamment et plus loin, ces Allemands retraités les yeux rivés sur leur guide. Le long de la Meuse, la Croisette est remplie de promeneurs qui profitent du soleil de fin septembre. Situé au pied de la collégiale et de la citadelle, le Café Leffe en accueille une bonne partie. En véritable institution dinantaise. Chaîne en or et chemise entrouverte, Marcel Adnet sent le poids de l'affluence, entre les commandes, les additions et l'arrivée de nouveaux clients. Dans son restaurant, aucune référence au club de foot local. Les verres, bouteilles et publicités Leffe mettent en évidence la célèbre bière autrefois brassée à quelques kilomètres de là et les portraits de grands musiciens comme TootsThielemans rappellent que Dinant est avant tout une ville de jazz. Une fois libéré de ses tâches, Marcel évoque l'histoire de son club, celui pour lequel il a joué près de 25 ans, de la provinciale à la Division 3. " C'était dans les années 80 ", situe-t-il. " On avait une vraie belle génération de gars du coin. Puis, le déclin a commencé. Je pense qu'on n'a pas fait assez confiance aux jeunes. Du coup, les gamins se sont dirigés vers les villages des alentours avant que le foot en salle n'ait droit de cité dans une ville qui a toujours porté l'étiquette de bourgeoise. " Sur les hauteurs de la citadelle, Henri Kadima prépare la feuille du match de son équipe qui reçoit Achêne, en P3 namuroise. Comitard depuis quatre ans, il regrette le manque d'implication de la ville de Dinant dans le club. " Au niveau infrastructures, on n'a pas beaucoup été aidé, d'où une inévitable dégradation ", lance-t-il. " Ça peut décourager certains parents de placer leur enfant ici. Surtout qu'à quelques kilomètres, à Onhaye, les infrastructures sont magnifiques. " Le comitard argue pourtant l'existence d'un projet vieux de 15 ans pour établir un site entier qui regrouperait les infrastructures des jeunes et des adultes. " Mais le déclencheur, c'est la Ville ", conclut-il alors que les joueurs montent sur la pelouse. Lunettes de soleil, barbe au cou et casquette sur le crâne, Thomas débarque le long du terrain comme s'il voulait passer incognito. " La semaine dernière, j'étais le seul supporter de Dinant ", se marre ce trentenaire en se roulant une clope. " Il faut dire que la chute en P3 l'été dernier a fait du mal, il a même fallu qu'on rappelle un mec passé par la D3 avec l'UR Namur. Mais il a 40 ans... " Le retour au troisième échelon provincial est en effet compliqué pour les Copères : fin septembre, les Dinantais n'ont que 5 points sur 21. Un manque de concret, estime Kevin, appuyé sur la rambarde des escaliers de la buvette. " Sur les cinq penaltys qu'on a obtenu depuis août, on n'en a pas marqué un seul ", précise celui qui s'occupe également de l'équipe B. " Heureusement, l'équipe de femmes réussit un bon début de saison et attire du monde. On se place dans les tribunes, on fait du bruit. Il y a un effet de mode, mais elles sont sympathiques et obtiennent de bons résultats. " Après la pause, seuls 21 joueurs sont présents sur la pelouse. Un gars d'Achêne est resté coincé dans le vestiaire. Le problème résolu, les Achênois prennent le dessus sur les Dinantais et finissent pas s'imposer 0-3. " Je pense que ça va être compliqué de retrouver le niveau d'antan ", soupire Henri. " À l'heure actuelle, l'idéal que l'on puisse atteindre, c'est la P2. Aller au-delà sera compliqué... " Une politique dite de " club de village " qui éloigne un peu plus le RDFC du temps où des émissaires d'Anderlecht et de Bruges venaient visionner un certain Jacky Munaron. Pour l'anecdote, son transfert chez les Mauve et Blanc a autant été bénéfique financièrement pour le club qu'il a complètement éloigné le gardien de ses racines. Et de son accent dinantais.