Cinq limogeages à la mi-novembre, c'est dans la moyenne des statistiques du championnat de Belgique. Chaque année, on nous rappelle qu'un changement de coach en cours de saison ne produit pas majoritairement des effets positifs à moyen terme. Par contre, à court terme, les conséquences sont favorables dans quatre cas sur cinq, cette saison.
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Cinq limogeages à la mi-novembre, c'est dans la moyenne des statistiques du championnat de Belgique. Chaque année, on nous rappelle qu'un changement de coach en cours de saison ne produit pas majoritairement des effets positifs à moyen terme. Par contre, à court terme, les conséquences sont favorables dans quatre cas sur cinq, cette saison. Dans chaque équipe concernée, nous avons demandé à un joueur de nous citer les deux principaux changements observés depuis l'arrivée du nouvel entraîneur. Marco Casto : " Le remplacement de Grosjean par Brio a évidemment apporté de la rigueur dans le groupe. De la rigueur tactique, mais surtout en matière de discipline. Se mettre à table tous en même temps et la quitter ensemble, c'est nouveau pour certains joueurs. Moi, j'avais connu ça à Charleroi et à Mouscron. Mais certains n'étaient pas habitués à cette coutume toute simple. Pas mal de joueurs étaient aussi habitués à monter dans leur voiture dès la fin de l'entraînement, ou à partir se balader en ville entre deux séances. C'est fini. Grosjean estimait qu'il n'était pas là pour faire le gendarme. A sa décharge, je dois toutefois signaler qu'il n'avait guère d'autre choix, puisque nous n'avions pas de local où nous aurions pu meubler le temps entre deux entraînements. Brio en a fait aménager un, ainsi que des dortoirs. C'est plus facile d'être plus exigeant avec ses joueurs quand les installations sont là. Brio a aussi abandonné le 4-4-2 de Grosjean pour un 3-5-2. Ce n'est pas évident à gérer quand on a fait toute la préparation et le début de saison dans un autre système. Et c'est pour cela que le nouvel entraîneur nous fait répéter sans arrêt les scénarios de match, en semaine. C'est tactique, tactique et encore tactique. Je trouve que ce système nous convient mieux car il nous permet d'être mieux organisés défensivement. Nous commettons moins d'erreurs grossières. Pour moi, le premier bilan de Brio est positif et il ne faut surtout pas se focaliser sur nos deux derniers matches, nos défaites contre St-Trond et Beveren. Nous avons pris six buts dans ces deux rencontres, mais elles n'étaient pas représentatives de l'apport du nouveau coach. Face à St-Trond, nous avions même été bons pendant toute la première mi-temps. Et, à Beveren, je parlerais d'un off-day collectif qui n'avait rien à voir avec notre tactique. Ce jour-là, c'est l'état d'esprit qui a fait défaut. Certains joueurs commencent à éprouver de grosses difficultés à vivre avec la réalité actuelle de Mons : nous sommes dans une situation très délicate au classement et ça risque de durer toute la saison. Psychologiquement, c'est très dur et ça peut expliquer certaines prestations complètement ratées ". Tony Sergeant : " La grande différence par rapport à Desaeyere, c'est que Perazic prépare spécifiquement le match qui suit dès le lundi. Avec l'ancien entraîneur, l'adversaire n'était évoqué qu'à partir du jeudi. Maintenant, on sait dès le premier jour de la semaine où le coach veut en venir. Il multiplie les séances vidéo car il veut que nous sachions tout à propos de l'équipe que nous allons affronter. Et il a la manière pour transmettre ses messages. S'il n'est pas content de votre positionnement sur le terrain d'entraînement, vous le remarquez directement parce qu'il est très direct dans ses commentaires. Il nous corrige sans arrêt. C'est une personnalité. Il a un rayonnement énorme. Quand on le rencontre pour la première fois, on risque d'avoir un peu peur. Mais il gagne à être connu et il sait mettre ses joueurs en confiance en construisant une relation de proximité. L'autre changement essentiel concerne la durée des entraînements. Nous restons moins longtemps sur le terrain qu'avec Desaeyere, mais nous avons intérêt à être directement dans le rythme. Il ne nous laisse pas le temps de prendre nos marques, de monter en puissance. Il faut y aller à fond dès la première seconde. Il a aussi rayé de notre programme les matches sur des petits espaces avec de grands buts, à cinq contre cinq ou six contre six, alors que c'était une des marques de fabrique de Desaeyere. Aujourd'hui, nous ne travaillons pour ainsi dire plus que sur de grands espaces ". Frank Defays : " Waseige a entamé un important travail psychologique dès son arrivée. Je ne dis pas que nous étions moralement dans le trou, mais il était quand même nécessaire de nous faire prendre à nouveau conscience de nos possibilités. Il ne nous a jamais dit littéralement que nous avions bien trop de qualités pour occuper une des deux dernières places, mais il nous le fait comprendre par petites touches, et tout le groupe a fini par en être convaincu. Nous étions seizièmes quand il est venu, nous sommes aujourd'hui à la dernière place, mais nous croyons plus en nos facultés qu'il y a un bon mois. Waseige a aussi modifié notre ligne tactique en remplaçant le 4-5-1 de Brogno par un 4-4-2. Pour moi, c'était nécessaire à partir du moment où nous finissions généralement par perdre nos matches dans les dernières secondes. Nous n'avions alors plus le temps de réagir, et les défaites s'accumulaient. Le 4-5-1 nous permettait d'encaisser très peu, mais nous avions aussi peu de chances de marquer. Aujourd'hui, le 4-4-2 ne permet plus au Sporting d'être aussi imperméable derrière, mais nous savons que si nous encaissons un ou deux goals, nous aurons aussi des occasions. Il fallait de toute façon tenter quelque chose sur le plan tactique, se remettre à prendre des risques sous peine d'être condamnés à ne pas décoller du bas du classement. Si on ne prend que les chiffres en compte, notre situation est plus désespérée aujourd'hui qu'elle ne l'était au moment de l'arrivée de Waseige, mais personne dans le groupe ne voit les choses comme ça. Nous savons aussi que son début de calendrier ne lui a pas été favorable : Anderlecht, Bruges, en plus d'un déplacement toujours délicat à Westerlo et d'un match coupe-gorge contre Heusden-Zolder. Il n'y avait rien de facile là-dedans ". Arnar Gretarsson : " Les entraînements sont plus longs et moins nombreux avec Van der Elst qu'avec Put. Et l'organisation de la semaine est différente : nous avons désormais congé le lundi, alors que c'était le mercredi avec l'ancien coach. Mais c'est surtout au niveau tactique que Lokeren a évolué depuis l'arrivée de Van der Elst. Avec Put, nous avions un entrejeu de quatre hommes à plat et l'équipe était disposée en 4-4-1-1. Avec Van der Elst, c'est un 4-4-2 avec un vrai médian défensif et un vrai médian offensif. Il faudra encore attendre quelques semaines avant de pouvoir faire le bilan de notre nouveau système, mais j'avoue que j'ai une préférence pour celui de Put parce que nous avions alors des possibilités de créer le danger via des ailiers. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Peu de centres parviennent aux attaquants et nous sommes obligés de faire la différence en passant par l'axe. Tout a bien marché contre Bruges, puis ce fut beaucoup moins bon quand nous sommes allés jouer à La Louvière. Deux matches, c'est trop peu pour pouvoir se faire une bonne idée de notre potentiel dans ce système-là. Mais je répète que je suis plutôt sceptique. Et j'avoue que nous ressentons un certain sentiment de culpabilité suite au limogeage de Put. Nous sommes responsables ; pas lui. Pourquoi cette équipe a-t-elle épaté la saison dernière ? Parce que le danger venait de partout : de Sambegou Bangoura, de Runar Kristinsson, de Davy De Beule, de moi-même. Cette année, Bangoura n'est plus là. J'en profite d'ailleurs pour signaler que le groupe a mal digéré tout le foin qu'on a fait autour de son départ. Comme si Lokeren allait être décapité. C'était une insulte pour les autres joueurs qui avaient permis à ce club de terminer dans le haut du classement la saison dernière. Bangoura n'est plus là, donc, mais les autres leaders de l'année passée sont aussi aux abonnés absents. Si nous avions su reproduire les mêmes prestations dans ce championnat, Paul Put serait toujours là et Lokeren se retrouverait à nouveau devant. Nous ne pouvons pas fuir nos responsabilités ". Frédéric Herpoel : " Aujourd'hui, les exercices sont expliqués en néerlandais et en français. Avec Riekerink, tout était fait uniquement en néerlandais et on perdait du temps car les joueurs qui ne le comprenaient pas devaient d'abord observer les premiers du groupe pour saisir ce qu'ils devaient faire. Mais je n'accuse pas du tout l'ancien entraîneur. Non, j'accuse plutôt tous les joueurs non néerlandophones qui n'avaient pas assez de discipline pour suivre les cours de néerlandais proposés par le club. Ce n'est pas normal. Quand vous partez jouer à l'étranger, vous apprenez la langue, quand même ? C'est la moindre des choses. Ce n'est pas au coach à s'adapter aux joueurs, mais l'inverse. Mais bon, Vermeulen passe sur ce problème et donne des entraînements bilingues parce qu'il a compris que c'était indispensable pour faire progresser l'équipe. L'autre grand changement, c'est une nouvelle notion du foot collectif. Gand n'a plus de joueurs capables de débloquer un match sur une action individuelle. Regardez tout le talent individuel que nous avons perdu depuis quelques mois : Gunther Schepens, Alexandros Kaklamanos, Djima Oyawolé. Je citerais même Tomas Vasov et Nenad Vanic, des défenseurs techniques et offensifs qui savaient créer le surnombre dans l'entrejeu. Nous sommes donc condamnés à jouer différemment, en bloc aussi bien pour le travail défensif qu'offensif. Vermeulen l'a parfaitement compris et il nous répète continuellement que personne ne doit avoir peur de faire des kilomètres pour arracher un ballon ". " C'est la méforme des leaders de Lokeren qui a provoqué le C4 de Paul Put " (Arnar Gretarsson)