En 2001, l'UEFA a lancé un projet de recherche dont le but était de récolter des données utiles pour lutter contre le nombre et la gravité des blessures avec comme objectif améliorer la sécurité des footballers. Au départ, l'étude s'est concentrée sur quelques clubs d'élite dans diverses régions d'Europe, pour s'étendre ensuite au tour final du Championnat d'Europe et aux différentes compétitions organisées par l'UEFA. Les objectifs de l'étude sur les blessures dans le football interclubs sont les suivants : analyser le risque et le genre de blessures dans le foot d'élite et suivre les variations dans les taux de blessures ; réaliser des études spécifiques sur des thèmes proposés par les équipes médicales des clubs qui participent au projet ; communiquer les constats aux clubs afin de stimuler le débat sur la prévention des blessures.
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En 2001, l'UEFA a lancé un projet de recherche dont le but était de récolter des données utiles pour lutter contre le nombre et la gravité des blessures avec comme objectif améliorer la sécurité des footballers. Au départ, l'étude s'est concentrée sur quelques clubs d'élite dans diverses régions d'Europe, pour s'étendre ensuite au tour final du Championnat d'Europe et aux différentes compétitions organisées par l'UEFA. Les objectifs de l'étude sur les blessures dans le football interclubs sont les suivants : analyser le risque et le genre de blessures dans le foot d'élite et suivre les variations dans les taux de blessures ; réaliser des études spécifiques sur des thèmes proposés par les équipes médicales des clubs qui participent au projet ; communiquer les constats aux clubs afin de stimuler le débat sur la prévention des blessures. La pierre angulaire de ce projet est la collaboration avec les clubs. Les équipes qui ont participé ont fourni chaque mois des informations concernant les blessures et le temps d'exposition des joueurs durant les matches et les séances d'entraînement. Parmi les 14 clubs participants, il y avait deux belges : Anderlecht et le Club Bruges. Les autres étaient Chelsea, Manchester United, Hambourg, Inter, Ajax, PSV, Benfica, Porto, FC Barcelone, Real Madrid et Shakhtar Donetsk. Charge de travail : les équipes ont eu en moyenne 213 séances d'entraînement (entre 185 et 254) et 60 matches (entre 51 et 69) pendant la saison. En d'autres termes, elles ont eu en moyenne 5 entraînements et 1,4 match par semaine (entre 1,2 et 1,6). On obtient ainsi un rapport entraînement/match de 3,6 (entre 3,0 et 4,3). Un total de 831 blessures a été enregistré durant la saison 2007-08, 457 d'entre elles durant les matches (soit 55 %) et 374 pendant les entraînements (45 %). En moyenne, un club de 25 joueurs doit s'attendre à 50 blessures environ par saison entraînant une absence aux séances d'entraînement et aux matches. La moitié d'entre elles seraient légères, c'est-à-dire qu'elles entraîneraient une absence de moins d'une semaine mais 10 environ seraient graves, avec une interruption d'activité de plus d'un mois. Le risque de subir une blessure à l'entraînement est faible, environ 5/1000 heures d'exposition, en comparaison du risque pendant les matches, qui est six fois plus élevé (29-30/1000). Ce risque n'a toutefois pas augmenté durant les 7 années de l'étude. On a comparé le taux de blessures entre les équipes du nord de l'Europe (Angleterre, Pays-Bas, Belgique, Allemagne et Ukraine) et celles du sud (Italie, Espagne et Portugal) : les premières ont un taux de blessures global de 40 % supérieur à celui des secondes. Le résultat était le même pour le taux de blessures à l'entraînement et le taux de blessures lors de matches pris séparément. De même, le taux de blessures graves et d'entorses des articulations/ligaments était supérieur dans les équipes du nord. La fréquence des claquages de muscles/tendons était en revanche similaire dans les deux groupes. L'une des raisons de ces différences pourrait résider dans les moins bonnes conditions aux niveaux du climat et du terrain dans les pays septentrionaux. Cependant, des dissemblances dans les méthodes d'entraînement entre le nord et le sud de l'Europe pourraient constituer une autre explication plausible. Les blessures des ischio-jambiers (blessure du sprinter) sont les plus fréquentes au niveau élite, très probablement en raison de la vitesse et des accélérations dans le foot moderne. Une équipe doit s'attendre à une dizaine de blessures des muscles de la cuisse chaque saison, dont sept aux ischio-jambiers et trois aux quadriceps. Pour éviter les blessures, il faut se poser deux questions fondamentales : quels sont les facteurs qui influent sur le risque de blessure et qui contrôle ces facteurs ? Il faut avouer que ces facteurs sont nombreux : le physique des joueurs, la charge de travail (planification de la saison, quantité d'entraînements, nombre de matches, récupération/repos, etc.), la capacité du service médical, etc. La méthode la plus courante pour prévenir les blessures consiste à s'attaquer aux facteurs liés aux joueurs eux-mêmes, à savoir d'établir un programme d'entraînement préventif spécifique. Ce dernier englobe le développement et l'entretien de la force, de la coordination, de la souplesse et de la capacité respiratoire. Il faut aussi tenir compte d'éléments liés à la gestion du club, car ces facteurs jouent également un rôle dans la fréquence des blessures. La sélection de l'entraîneur, des joueurs et des membres de l'équipe médicale est essentielle certes, mais il faut aussi veiller à la cohérence de l'ensemble. Ainsi une étude menée en Turquie révélait que les clubs présentaient un nombre de blessures spécialement grand pendant les entraînements, qui semblait lié à la fréquence des changements d'entraîneur. La tendance générale qui ressort de l'observation pendant sept ans est que les clubs présentant une bonne cohésion interne enregistrent moins de blessures que ceux où il y a des changements relativement fréquents de l'entraîneur et/ou du personnel médical. Cette tendance a pu être décelée parce qu'une partie des équipes suivies ont eu le même entraîneur pendant les sept ans, tandis que d'autres en ont changé plusieurs fois. Certaines philosophies spécifiques d'un club ou des tactiques de jeu particulières influent également sur le risque de blessure. Pour éviter le risque de changements trop brusques de la charge, certains clubs décident de mettre en £uvre un programme de prévention, sans tenir compte de l'identité de l'entraîneur. Or le style de jeu d'un club ou d'une équipe peut également jouer un rôle dans la fréquence des blessures. Le football technique, reposant sur le jeu à une touche de balle, réduit ainsi le risque de blessure durant les matches (car ces blessures résultent le plus souvent d'un contact). La charge subie par les joueurs est en revanche généralement contrôlée par le personnel d'entraînement, tandis que les facteurs liés au club dépendent du manager et du conseil d'administration. En clair, au niveau du football d'élite, l'entraîneur et le manager du club assument des rôles clés eu égard à la prévention des blessures.par jan ekstrand (uefa news) - photos: belga