28 juin et je sors seulement des huitièmes au moment où vous me lisez. Avec encore des cartons jaunes qu'on aurait pu ne pas donner, des cartons rouges qui auraient pu être jaunes, des cartons jaunes qui auraient pu être rouges, des pénos gros comme des buildings et des pénos gros comme des cabanes. Au Mondial, l'arbitrage continue de faire la pluie (souvent) et parfois le beau temps (vu que ce serait pire sans lui) ! Tous les quatre ans, le monde du foot revient de Pontoise, faisant mine de découvrir l'immensité d'un foutoir. C'est pourtant le même arbitrage et le même foutoir que durant l'année normale : la seule différence est ici qu'outre l'intense médiatisation, les rencontres se succèdent à une cadence telle qu'elles engendrent immanquablement les comparaisons.
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28 juin et je sors seulement des huitièmes au moment où vous me lisez. Avec encore des cartons jaunes qu'on aurait pu ne pas donner, des cartons rouges qui auraient pu être jaunes, des cartons jaunes qui auraient pu être rouges, des pénos gros comme des buildings et des pénos gros comme des cabanes. Au Mondial, l'arbitrage continue de faire la pluie (souvent) et parfois le beau temps (vu que ce serait pire sans lui) ! Tous les quatre ans, le monde du foot revient de Pontoise, faisant mine de découvrir l'immensité d'un foutoir. C'est pourtant le même arbitrage et le même foutoir que durant l'année normale : la seule différence est ici qu'outre l'intense médiatisation, les rencontres se succèdent à une cadence telle qu'elles engendrent immanquablement les comparaisons. Tu vois deux matches qui se suivent, deux gestes similaires qui s'y suivent, et deux décisions vis-à-vis d'eux qui ne s'y ressemblent guère : à la longue, ça te pompe... Plus j'entends geindre les perdants depuis des décennies, plus je fais mon deuil d'un arbitrage qui serait un jour clair et univoque. J'en suis peu à peu arrivé à croire que les Lois du Jeu étaient bordéliques à dessein : les polémiques qu'elles engendrent constituent une part prépondérante de la popularité du foot, le règlement pitoyable participe de la grandeur du mythe... Sur un point précis toutefois, une évolution paraît positive : le sliding tackle, quoique toujours vivant et autorisé, est pratiqué bien moins gaîment que voici 10 ou 15 ans. Les campagnes d'arbitrage ont eu l'immense mérite d'intimider davantage, les joueurs réfléchissent deux fois plutôt qu'une avant d'y recourir, et ça fait moins de carnages potentiels qu'hier ! J'ai récemment revu Allemagne-Argentine, en finale du Mondial 1990, et c'était insoutenable, les studs n'arrêtaient pas de se jeter sur la viande adverse comme des piranhas : si le Valentin Ivanov du récent Portugal-Hollande avait arbitré ça avec ses consignes d'aujourd'hui, on stoppait le match dès la demi-heure faute de combattants ! Je redoutais aussi lors de ce Mondial un dégainage excessif de nos chers arbitres à propos de la simulation, car certains dénichent désormais un simulateur derrière chaque attaquant se retrouvant le postérieur en contact avec le gazon du rectangle : par bonheur, j'en ai jusqu'ici été pour mes frais, les cartons jaunes pour simulation n'ont été ni légion, ni intempestifs. C'est bien là le paradoxe. Le jeu n'est pas si brutal, les arbitres ne voient pas du cinéma partout et les joueurs n'en font pas tout le temps. En sus, je crois même que nos referees, moins susceptibles, brandissent moins qu'avant pour cause de rouspétance ou nom d'oiseau subi (*). Il devrait donc en toute logique y avoir moins de cartons qu'hier... et NOM DE DIEU C'EST JUSTE L'INVERSE : on est parti pour minimum 125 % des cartons de 2002, ça brandit à tire-larigot pour des couillonnades, des petites poussées ridicules voire involontaires ! Comme si, accros de la dégaine à force d'habitude, les arbitres se sentaient obligés de maintenir leur moyenne en toute circonstance ! Hier, tu te demandais pourquoi le ref' ne brandissait pas et tu craignais que ce soit à la tête du client : aujourd'hui, tu te demandes pourquoi il brandit et tu as toujours la même crainte... La grosse majorité des expulsions a ainsi découlé d'un double carton jaune plutôt que d'un rouge direct, l'un des deux jaunes au moins étant souvent futile. Or, au contraire d'autres sports dans lesquels elle est momentanée ou peut impliquer un remplacement, l'exclusion en foot est toujours une punition énorme, voire disproportionnée : plaçant (parfois très tôt) une des deux équipes en infériorité numérique, l'exclusion fausse toujours le match et devrait pour cela être exceptionnelle. Hélas, elle est chez nous monnaie courante : ce sport est-il pourri au point qu'il faille recourir à pareille extrémité pour espérer maintenir un minimum d'ordre ? (*) Si vous me dénichez une gazette ou un site qui a classé par motif (jeu dur, faute de main, ronchonnerie, gain de temps, etc...) les cartons de ce Mondial, je vous en serai infiniment reconnaissant ! bernard jeunejean