Anderlecht a de nouveau tremblé sur ses bases.
...

Anderlecht a de nouveau tremblé sur ses bases.Georges Heylens: Quelques joueurs ont prouvé qu'ils étaient tout simplement de mauvais professionnels. Le référendum qu'ils ont organisé est inadmissible. Quand on a quelque chose à dire, on va trouver la direction, on n'organise pas une cabale pareille. Les joueurs d'Anderlecht ont la chance d'avoir des patrons ouverts au dialogue, qui les auraient écoutés. Ils n'en ont pas profité. Si j'étais Constant ou Roger Vanden Stock, je saurais déjà maintenant ce que je ferais en fin de saison: j'éliminerais les rebelles. Pas maintenant parce qu'il reste des choses à sauver en championnat, mais dans deux mois. Si vous provoquez un référendum comme ça dans votre entreprise, vous recevez votre C4 dans l'heure qui suit. En les maintenant dans le noyau, le club fait aveu de faiblesse. Il est faible parce qu'il ne prend pas assez de points en championnat et parce qu'il n'a personne pour remplacer les rebelles sur-le-champ. Le Sporting n'a pourtant pas besoin qu'on rigole de lui à l'extérieur.Je suis moi aussi surpris. Filip est un gars équilibré et sensé. Il vit mal cette saison parce qu'il prend plus de buts qu'en temps normal. Ce sont des circonstances atténuantes pour lui, mais il y a des limites. Filip n'est plus tellement concerné par l'équipe nationale, mais si j'étais Robert Waseige, j'hésiterais à inclure De Boeck dans la sélection pour le Japon. Et si j'étais dirigeant d'un autre club, j'hésiterais aussi à engager les rebelles à l'avenir. Ils viennent de prouver de quoi ils étaient capables.J'ai connu un problème du même genre quand je jouais à Anderlecht, mais les choses n'étaient pas allées aussi loin. Nous n'étions plus sur la même longueur d'onde que Kessler, et il l'avait remarqué. Son sang n'a fait qu'un tour: il a écarté Van Himst, Mulder, Plaskie et Heylens! C'était sa façon de montrer que le patron, c'était lui. Je me suis dépensé deux fois plus à l'entraînement et je suis rentré dans l'équipe trois semaines plus tard. Kessler m'a alors dit: -Je vois que tu as compris. Il avait gagné. Au moment de ce problème, nous comptions sept ou huit points de retard sur Bruges. En fin de saison, nous étions champions et nous portions Kessler en triomphe... Je lui tire mon chapeau. Ce joueur a été exemplaire pendant plus de 20 ans. On ne l'a jamais surpris à faire des fautes méchantes et il n'était jamais agressif vis-à-vis des arbitres. Il avait parfois des coups de gueule, mais c'était toujours mesuré. A côté de cela, il s'est toujours soigné comme un vrai pro. C'est le genre de joueur que l'on voudrait voir dans tous les clubs. Il savait défendre l'écusson qu'il portait, il prouvait qu'on pouvait être pro et en même temps avoir du coeur.L'Antwerp a permis aux Zèbres d'être spectaculaire pendant tout le match. C'est la griffe Houwaart. Partout où il est passé, il a prôné un football ouvert et spectaculaire. Bravo! On sent qu'il a joué sous la direction de Happel à Bruges. Je me souviendrai toujours d'une phrase que Happel m'avait dite: -Si tu veux gagner contre plus fort que toi, ne te défends pas mais attaque. Charleroi m'a plu par sa mobilité et son organisation. Grâce à cette victoire et la défaite de Lokeren, il retrouve un classement plus en rapport avec ses ambitions de décembre. Je m'insurge toutefois contre le traitement qu'on réserve à Didier Ernst. C'est incompatible avec la déontologie du foot et le droit au travail. Si on m'avait fait ça il y a quelques dizaines d'années, je serais allé très loin et on parlerait peut-être, aujourd'hui, d'un arrêt Heylens comme il y a un arrêt Bosman...Pierre Danvoye