La fin malheureuse de votre collaboration n'a donc pas pris le pas sur les bons moments ?
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La fin malheureuse de votre collaboration n'a donc pas pris le pas sur les bons moments ?Jacky Mathijssen : Absolument pas. Je peux même vous dire que mon limogeage n'a en rien changé l'opinion que j'ai du président. Je n'ai aucune rancune. Pour moi, il a été un excellent patron pendant trois ans. Il m'a toujours laissé travailler : je ne pouvais rien demander de mieux. Vous finirez par dire qu'il a pris la bonne décision en vous éjectant ?Je ne dis pas que c'était une décision logique. Mais elle était peut-être normale, dans le contexte. Pour moi, tout était clair : même si j'avais signé à Bruges, j'allais continuer à me donner à 300 % pour Charleroi. Je peux comprendre qu'il ne raisonnait pas de la même façon. Mais je n'ai pas digéré la façon dont il s'y est pris pour me virer. Il y avait des manières plus élégantes. Enfin bon, ce n'est pas un drame non plus. On dira que ce n'était qu'une petite tache de beauté sur les trois années que j'ai passées dans ce club. Et quand Abbas Bayat vous reprochait de ne pas avoir tiré le maximum des joueurs de Charleroi ?Il sait très bien que j'ai tiré le maximum. J'ai eu du mal à comprendre ses déclarations. Et j'ai encore eu plus de mal à saisir son discours : il fallait viser très haut mais il a laissé partir des piliers la saison dernière, en été puis en janvier. Ce sont surtout les départs de Bertrand Laquait et de Cyril Théréau qui me laissent encore un goût amer. J'étais sûr et certain que nous pouvions réussir quelque chose d'exceptionnel avec le groupe au complet. Nous pouvions surprendre parce que personne ne nous attendait dans le haut du classement. C'était un moment clé, pour le club et pour moi. Les départs en janvier de Sébastien Chabaud et de Dante ont été plus ou moins compensés : Cristian Leiva était une bonne alternative à Chabaud et j'ai trouvé une solution interne, avec le recul au back de Majid Oulmers. Mais Laquait et Théréau n'ont jamais été remplacés. Dommage. Ces départs-là, il m'a fallu deux ou trois jours pour les digérer, puis j'en ai pris mon parti. Mais quand le président a déclaré en fin de saison que je n'avais pas arrêté de me plaindre de la qualité de mon noyau, ça m'a fait mal car c'était faux. Qu'on reprenne toutes mes interviews : je n'ai jamais mis l'accent là-dessus. PIERRE DANVOYE