Sport/Foot Magazine avait posé la question en avril dernier, dans son numéro du 9 avril : Qui va voler Fellaini ?, avec le buste du grand Marouane travaillé dans un énorme diamant. On annonçait que le top européen le suivait. On expliquait comment le Standard comptait s'y prendre secrètement pour bien le vendre. On écrivait que le médian valait 10 millions d'euros à l'époque. Seulement ! Mais c'était avant le sacre du Standard, le match de Fellaini aux Jeux olympiques contre le Brésil et les deux confrontations avec Liverpool.
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Sport/Foot Magazine avait posé la question en avril dernier, dans son numéro du 9 avril : Qui va voler Fellaini ?, avec le buste du grand Marouane travaillé dans un énorme diamant. On annonçait que le top européen le suivait. On expliquait comment le Standard comptait s'y prendre secrètement pour bien le vendre. On écrivait que le médian valait 10 millions d'euros à l'époque. Seulement ! Mais c'était avant le sacre du Standard, le match de Fellaini aux Jeux olympiques contre le Brésil et les deux confrontations avec Liverpool. Le directeur général du Standard Pierre François disait textuellement : " Chaque semaine on reçoit des offres pour Marouane (...) s'il venait à partir, ce serait pour le top européen. " Everton, à l'époque, ne sonnait pas comme top européen dans la conscience collective mais quand on a appris que Fellaini partait pour la Premier League pour 20 millions, on comprit que le deuxième club de Liverpool émargeait finalement à cette catégorie. Il y a deux semaines, lors du tirage au sort de la Coupe de l'UEFA à Monaco, le vice-président exécutif Luciano D'Onofrio disait qu'il avait reçu énormément de grosses propositions depuis la double affiche avec les Reds. Et pour plus d'un joueur. Visiblement, D'Onofrio était un peu soufflé et faisait bien comprendre qu'il ne pourrait pas tout refuser. Finalement, il n'y a qu'une des pièces du puzzle du Standard que Laszlo Boloni a perdue. Une pièce importante, certes, mais qui permet aux Rouches de voir venir financièrement et d'investir dans l'avenir. Il ne faut pas oublier qu'avant les résultats, la direction actuelle s'impose avant tout un équilibre financier bétonné. Normal : avant son arrivée, le club avait failli couler à cause des approximations dirigeantes. La question, maintenant, est de savoir si le Standard sera beaucoup, moyennement ou un peu moins fort sans Fellaini. Il y a deux manières de voir les choses. La première est de se dire que, par rapport à l'année passée, le groupe dans son ensemble est plus fort et qu'il peut absorber le choc. La deuxième est de penser que tout ira bien, à la condition expresse de ne pas enregistrer de nombreuses blessures. On verra rapidement qui prendra le mieux la place de Fellaini devant la défense. Axel Witsel, dont personne (même pas lui) ne sait encore à quelle place il fera le plus clair de sa carrière ? Benjamin Nicaise dont c'est la position naturelle ? Ou bien ira-t-on assez vite vers un duo Witsel- Steven Defour à la manière des mythiques Italiens Gennaro Gattuso- Andrea Pirlo ? En tout cas, cette paire rouche présente un bon mélange de hargne, de souffle et de maîtrise technique... avec l'avantage, pour Witsel, d'avoir tout le jeu devant lui et de pouvoir donner encore plus d'espace à son talent que sur un flanc où il manque d'explosivité. On verra. Le Standard devrait tenir son rang en Belgique sans Fellaini et même passer l'écueil d'Everton en Coupe de l'UEFA. Car les Rouches auront l'avantage de ne pas devoir affronter les Toffees + Fellaini, ce dernier ne pouvant jouer en coupes d'Europe avec son nouveau club qu'à partir de janvier.... à condition qu'Everton soit toujours qualifié, ce qui est loin d'être sûr. Dans ce transfert, le Standard a en tout cas une nouvelle fois démontré qu'il se posait en grand stratège du mercato. On se souvient que l'an passé, les agents de Fellaini, Henrotay père et fils, avaient évoqué la menace de la Loi de 1978. Le joueur allait casser son contrat s'il n'avait pas ce qu'il voulait. Partir à l'étranger ou être augmenté ? Fellaini est resté et a reconnu ensuite qu'il avait eu tort de jouer ce jeu-là. Cela voulait dire qu'il a été augmenté par le Standard (ce n'était pas la première fois) et que Luciano D'Onofrio était dorénavant maître du jeu. Fellaini lui a fait confiance et ils ont attendu que le contrat des Henrotay vienne à échéance fin août pour passer l'accord avec Everton juste avant que le volet du mercato ne se baisse. Bien joué !PAR JOHN BAETE