24 heures après que Dalibor Veselinovic ait déclaré vouloir devenir meilleur buteur du Beerschot, Elimane Coulibaly a inscrit face au Standard ses deux premiers buts pour son nouveau club. Après la partie, il admettait avoir été piqué au vif par l'arrivée du Serbe mais deux jours plus tard, dans un restaurant gantois, il ne voulait plus trop revenir sur les déclarations de son nouvel équipier, qui présente le même profil que lui. " Pour être honnête, je n'ai pas lu l'article ", dit-il. " Il y a bien deux ans que je n'achète plus les journaux : ça ne m'intéresse pas. "
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24 heures après que Dalibor Veselinovic ait déclaré vouloir devenir meilleur buteur du Beerschot, Elimane Coulibaly a inscrit face au Standard ses deux premiers buts pour son nouveau club. Après la partie, il admettait avoir été piqué au vif par l'arrivée du Serbe mais deux jours plus tard, dans un restaurant gantois, il ne voulait plus trop revenir sur les déclarations de son nouvel équipier, qui présente le même profil que lui. " Pour être honnête, je n'ai pas lu l'article ", dit-il. " Il y a bien deux ans que je n'achète plus les journaux : ça ne m'intéresse pas. " On m'a souvent cassé et j'ai lu tellement de choses que je n'avais pas dites ou qui étaient fausses que j'ai décidé de ne plus perdre d'énergie avec cela. J'ai déjà demandé aux journalistes de ne plus parler de moi mais ils en ont encore ajouté. Maintenant, je ne lis plus, donc je ne m'énerve plus et je ne réagis plus. Je ne peux pas le nier : je suis un révolutionnaire. Mon éducation, mes origines, l'endroit où je suis né et les circonstances dans lesquelles j'ai grandi. Nous sommes habitués à régler nos problèmes entre quatre yeux et, selon moi, c'est un avantage. Un révolutionnaire ne fuit pas la confrontation, il dit ce qu'il pense. Mais dans le milieu du football, beaucoup considèrent cela comme un défaut. Il y a beaucoup d'hypocrisie. Si je donne parfois l'impression d'être asocial ou distant, c'est à cause de tout ce que j'ai vécu. J'ai appris à me protéger pour survivre. Sans cela, je ne serais pas devenu l'homme que je suis maintenant. J'ai été un peu surpris. Un joueur a toujours son avis mais il le garde pour lui car c'est une décision du club. Il est possible que certaines personnes ne croient pas en moi. On ne peut pas plaire à tout le monde. J'ai entendu parler de cela et il n'avait pas tout à fait tort : les nouveaux joueurs ont été engagés pour apporter un plus et, si l'équipe ne gagne pas directement, je peux le comprendre. Dans la tempête, ce sont les grands arbres qui prennent le plus de vent. Le président est un brave gars. Il est toujours présent, il rigole et me motive sans cesse. Je ne sais pas ce qu'il a dit exactement car je n'étais pas là mais je considère que c'était une façon de me piquer au vif. Et depuis, la tempête s'est calmée. Ceux qui me connaissent savent que je finis toujours par marquer mais cela ne dépend pas que de moi. Les occasions doivent venir de l'équipe tout entière et ce n'était pas facile au début car il y a beaucoup de nouveaux joueurs. Je pense que oui. J'ai trouvé bizarre qu'au dernier moment, on engage encore un joueur dans mon genre. Je m'attendais à quelqu'un de plus explosif, un infiltreur car nous avons déjà tellement de joueurs qui portent le ballon : moi, Losada, Ojo, Galesic, Mununga... Je trouve que nous devons chercher davantage les espaces. Je peux essayer de le faire, comme je l'ai fait à Anderlecht, mais ce n'est pas mon point fort, c'est clair. D'ailiers rapides capables de déborder et de centrer. Je préférerais avoir un véritable ailier gauche et Losada au centre. Lui aussi, d'ailleurs. Il se sacrifie pour l'équipe mais ce n'est pas facile. Face au Standard, j'ai inscrit deux buts mais sur passes de qui ? Un rebond de la transversale et un défenseur adverse. Même si cela va de mieux en mieux, je trouve que cela en dit long. Je suis arrivé avec l'idée de m'imposer, de donner le meilleur de moi-même et de m'amuser mais après le premier match ( défaite 2-4 contre Lokeren, ndlr), je me suis dit : - C'est quoi, ici ? Cela n'allait pas et c'était notre faute. Il y a pas mal de nouveaux mais je ne m'attendais pas à un départ aussi difficile. Mais si tout le monde fait son boulot et que nous osons nous dire les choses en face, nous pouvons aller loin. Non car alors, je ne pourrais plus dire ce que je pense. Un révolutionnaire ne choisit pas cette voie (il rit). Ce groupe est spécial, les joueurs viennent d'un peu partout et n'ont pas la même éducation. C'est un groupe très intelligent et il n'y a pas que des suiveurs. Même les jeunes osent donner leur avis ou taper du poing sur la table. Cela peut faire la force du Beerschot mais il ne faudra pas exagérer, évidemment (il rit). A Gand, on joue chaque match pour gagner tandis qu'ici, j'ai l'impression qu'on cherche d'abord à ne pas perdre. Mais les nouveaux ne sont pas comme ça et c'est pourquoi au début, j'ai été surpris qu'avec ce potentiel, nous manquions de confiance pour aller de l'avant. Nous avons suffisamment de talent pour faire partie du top 6 mais cela ne suffit pas : il est aussi important de se donner à fond et ce n'était pas le cas. Il y a également eu un problème d'automatismes mais cela s'améliore de semaine en semaine. Je crois vraiment en ce groupe. Et en ces supporters ! Je n'ai marqué qu'après sept matches mais ils m'ont toujours soutenu. Et si je ne m'étais pas blessé à la tête sur mon premier but, j'aurais probablement sauté dans le public. Cheikhou Kouyaté ! Et avant, au Standard, il y avait Mangala. L'ancien de Genk. Comment s'appelle-t-il déjà ? Oui, c'est lui. Ryan Donk est très fort aussi, comme Valery Nahayo et Frédéric Brillant. J'aime donner un coup de main à ma défense mais j'y laisse peut-être pas mal d'énergie et de lucidité. Sprinter sans cesse d'un côté à l'autre du terrain, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Lorsque l'équipe se cherchait encore, il m'arrivait parfois de redescendre très bas dans le jeu. Mais maintenant que ça va mieux, je me concentre davantage sur les défenseurs adverses. Je m'amuse davantage avec les jeunes joueurs qu'avec ceux de ma génération (il rit). Ce n'est que ma cinquième saison en D1 et j'espère encore jouer trois ou quatre ans. Evidemment. Le problème de La Gantoise, c'est surtout le nombre de blessés parce qu'il s'agit de joueurs importants : Mboyo, Soumahoro, Thijs, Maréval... Et puis, beaucoup de joueurs sont partis et c'étaient tous des buteurs. Jörgensen, Ljubijankic, El Ghanassy... Mais je pense que Gand sera bientôt plus fort que jamais. Le président voulait que je reste mais je pense que j'ai pris une bonne décision en partant au Beerschot, un club qui a un projet. Les trois dernières années furent sans doute les meilleures de l'histoire de Gand et j'en garderai un souvenir impérissable mais rien ne m'a été donné. Il y a peu, j'ai rencontré un supporter qui m'a dit que je ne devais jamais oublier ce que le club avait fait pour moi. Je lui ai demandé de quoi il s'agissait et il m'a répondu que La Gantoise m'avait donné la chance de jouer. Mais pour pouvoir jouer, j'ai dû me battre contre vents et marées. Une relation que j'ai avec très peu de personnes. Peut-être parce que, voici quelques années, je l'ai accompagné à une manifestation contre le racisme. Et à Gand, il était le seul à parvenir à me calmer quand la moutarde me montait au nez. Il y en avait beaucoup. Bob Peeters m'a téléphoné mais le projet du Beerschot m'intéressait davantage. Oui, il m'a toujours soutenu dans les moments difficiles et je sais ce que je lui dois. Je ne le remercierai jamais assez car il m'a beaucoup apporté à une époque où, à Gand, tout le monde avait fait une croix sur moi. Chaque jour, il me prenait à part pour travailler la concrétisation et ses mots me faisaient du bien. Aujourd'hui, je vois qu'il se sacrifie pour son équipe, protège ses joueurs et réagit aux attaques. Je pense que oui. Dans un groupe, on doit se protéger mutuellement mais tous les entraîneurs ne sont pas pareils. J'ai vu plus d'une fois des coaches casser leurs joueurs. Parfois, l'ennemi n'est pas dans le camp adverse mais dans vos propres rangs. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS:KOEN BAUTERS" Je m'amuse davantage avec les jeunes joueurs qu'avec ceux de ma génération. "